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'■■-■' HISTOIRE

ôenerallë

DELA

VIEET MIRACLES

DE S" G E N E V I E F V E,

Patrone de la

Vîllc de Paris.

jiucû t Office y Prières & Graifons.

EDremble les noms&: faits remarquables

des Abbez qui ont regy T Abbaye, & de

leurs Sepulcures>iurqùes àprefent.

Pua r Ordre <^ Cérémonies ohferuéès a Id

iefcente àefa Chajp^lors Quelle efi portée

en Procejiion aaec celle de S. Marcel*

Et rinftitution des Goûfrcrcs & Porteurs,

fdr 1^. A Frère Viern le luge , Varifien > yimtnt Religieux de F^Aibé^e de Jumelé Ceneuiefite.

Dedice à Monfcigncur le Cardinal de M

RoCHE-FoVCAVtT.

A P A R I S,

ChczlAcQjVEs Dv G AST,au basde laruë

de la Harpe, aux Gants couronnez >

prés la Roze rouge.

M. DC XXXT

^. SlSl

MONSEIGNEVR

MONSEIGNEVR

L'tLLVSTRlSSIME ET REVERENDI&SIME CARDINAL DE LA

ROCHE-FOVCAVLT, GRAND

Aumofiiier de France , Abbé de (iia&c Gcneuicfuç de Paris >ScCf

Onseighivr;

Le foîng que tous frentsc ' îtmhellij]emtnt des Tem- fks, &dcs Autels que Dieu* mil fou vôtre chtrp , ni a fià3:,m vuiumit-»u,remtttre foui UPtc^

EpÎstre.

feçeraçourcydes merueilles de V?- (trc jÉhhdye de fdinéte Geneuiefrei ayant creii quil ne pouttoit renai- fire foubs Vne confie llatiqn plus fa- uorable^ que celle que Vous donne:^ maintenant à -cette SainéJe (^ II-- lujlre Maifon ; Puifque vouf aue^ canttfhf^è plus qu aucun , à Vaduan- tage qume a par dejpis les autres , 0" que vous aueTÇ^ rauy ( s il faut a\nfi dire ) à toute la pofierité^ le fitbjééi dy poMUtir rien plus adiou^ fkr. C'ejfl oà^vofire home s em- ployé encore tous les iours^ afin de rendre l'honneur de Dieu autant Augufe part Or e3^ le Marbre , ^ tant d* autres magnifiques ornmens^ qdadorable par la Pieté que Vous y faiéîes reluire : Cefi , dis -ie y que Sainéîe Geneuiçfue Patrone , cï^ Tutrice de la flus illufire Cité du Afûnde ^ reçoit les ijaiix» ^ fe

Epistîpli^

fricres de ceux qui implorent f$ Sdindetéi que le Ciel a, confirmée tr authorijée par tdnt de miracles, & qui 'VOUS a choifi entre tous les hommes four ejire depofttairc du fur é gage quelle a laijjé à la terre i qui fi y produit rien que des effeêls merueilleux &* extraordinaires, le nay pas entrepris dans ce Liure ^ & encore moins dans cejie Epiftre ^ de m'eftendre fuffifamment fur les quali^ /f:ç qui Vous le font mériter y (!f qui yousontfaiêl Prince ivn tjfatqui fia lurijdtfiion que fur les Ames ejr fur les Efpritsi ceft Vn fuieéî , dont ie fms autant incapable, que lious efiis du deffus de tous ceux qui l'ofe- roient entreprendre. le me fuis donc contente de fuyure le deffetn du pre^ mier Autheur de ce l iure ^ aucjuel ilnemanquoit quç zoflre nom pour ffc vkilitr iamdis^ 0" c^uif^xà m ^Vn^^

ft

a iu^

tendnt , (^ue ce dernier ofe fe f?romep^- tre Cetemitèqui fj? inftparal^le de tout ce c^ui Vous touche : Sur cette af- Jèitrance te le laiffe aller au puhltç. Vous fuppliant auec toute humilité, d^auoir agreahU le fetit Laheur, de celuy quijera éternellement.

MONSEIGMBVR:^

De voftrc lUuHxc Perronnct

Le plus obeïflant » plu$ humble plus oldig^ feruiteur , LP£ fionoiAvx.

A

M ON Dl T

SEIGNEVR, ODE,

^Hande lumière de la France^ f ^^e le fius be4u denot tours j fe ^w conduis ^ re^le le court

^ Dl nôtre plus douce influença

[ Ssinèt Pre(at,<thoHneitr reuetUj ' Sju tous Us ions de la Vertu font adorer mtfme à feauie^ PermetteSi^ue dans ces cahiers I La Preffe redonne la l/ie f ^MX certdres de yos deuanciert. ^ufeul écUt de lioflre gloire tls yaof/hrrJr monument Bi reprendre en >o*« l'ornement SjiilM ^pètent dedans tHifiotrCt -Mf^tfqT^'iUn'tttJfentmtriti

Ode.

Des faueurs de t éternité Pour reuiure dans cet ottHra^e $ ils en ont yn gage ajp^feur Huand ils n^auroient que Caduantage Defe yoir yntelfuccefpur.

14h refie , ce nefi que yous fuyure Vedans yofire ^ugufie proje£tj Qi$e de leur 'donner le fubjefk De pouuoir encore reuiure $ le rien y eux point d^ autre tefmoin Que cet inimitable foin Dont yoftre bonté fans exemple Vous afaiSt auecques plaijir Orner les autels de ce Temple Que Dieu yous a youlu choiJÎK

Vous y faiEies par tout reluire L'or C^ le marbre égallement. Et y meJlcTi diuerfement Le jafpe auecques le porphyre^ Ou t^rtifan le mieux appris Sçait encore donner yn pris plus rfleué que la matière. Qui fait yoir quon ne fçauroit mieux ^uecques la nature entière f miter la beauté des deux.

La fur yn cube inuariable^

Ê^if/Si bien fêÊ >ojlr« b<mt»

O D 1. JpMfs 4tte^ de cetu Cité

TOff le ciel far yn iufte chois

\ A donné au peuple François ^

^ 'four f on Génie Tptelaire^ Et iytfc é^ale affeSHon Vbf»5 en afaiSl depofitaire Parlfne fainSie kle£iipr%f

Cefi au^i là, qf^ ce Monarque j, fluc le Çielfacra de fa main hijfa ce qu'il auoit d'humain ^ Et de tributaire à la f arque , Apres auoir dedans ces lieux Eabbattu t orgueil des faux DieuXj

\ EtfaiSi ceffn* l'idolâtrie Dedans leurs temples démolis Zn changeant dedans fa patrie Les Crapaux en des fleurs de Lys. Ce puiffant monftre qui deuore Tout ce quifefai6t icy bas. Et qui ne pardonnera pas * Mefmeau Soleil ny a l* Aurore, ^uoit de fon Royal tombeau Effacé defja le plus beau, f.t taijfoit de la peine i croire Qjfe celuy de qui tVniuers fif^rmû/ir encore la >/«rç

t

O DE.

fut rongé ies 4ns cJr* dis yers.

Mais yeus, que le Çiel a fài6i naijhi Pour reparer l'antiquité Et en qui l'immortalité Eji infef arable del'EJïre^ Par yn magnifique appareil: Vous redonncT^ àfàn Cercueil Des marques tout àfaiâi Roy ailes ^ obligeons les temps à yenir Par yos puijfances liberalles P'en conferuer le fouuenir.

Vous aue:^ joint à ces merueilles Vn trefor bien plus Précieux, Qui pouffe iufques dans les Cieux Vos entreprifes nomhareilles ^ ^lors quau feruic^ de Dieu Vous aue^ choife dms ce lieu Des ames^res'SainSies ^ pures ^ Lefquelles par fuccejiion Donneront aux races futures Les loix de leur deuotion.

O que leur fainile modefïie Donne à nos cœurs de doux appas ! Que ceux qui ne les fentent pas Sont bien durs en cefle partie : Grand Prélat^ ^utheur de ce bien^ JliiMffd naurm jnecemojjcn

U DE.

in yiëré "^^otrc ^loiril l^kww- U fds iujic rat f on . ïfMigct yn iour la mémoire '^yùM$ donner l^ne niaifon? 1' Mais tant d^incomparables marfueê Wimi affranchijfent du tombcM , t^n'À toufiours yous le fins beau ife fùra de la Loy des Parques y Et tout ce qui s*efiiamais fai£t Jk flus rare ^ de plus farfai6b ^mous ce Globe fublunaire ^fil entroit en comparaifon J ce que yous yene:^ défaire) hriroit auecques raifon. p SerueT^ yous de cette franchife Uiàfls Prélats j ^ yiueT^icy » €eft le dejîr &• le foucy pe ce beau d)ef de yojire EgUfe, fendant aue dedans V Vniuers k yays fur taijle de mes y ers Publier aux terres efirangest Huit nefi rien içy bas d^é^al An digne fié jeft des louanges Dr cet ^ugujie Cardinal.

I. Rica VIT, Angcuui.

####^

VOEV DV MESM

AS" GÈlSIEVIEfVE

S^inSic Vierge tuteUire Hue le Ciàlfifipour luy pldire. Et pour ayder les mortels tdf fends dedans ce Ifàlume Les prémices de ma fUme Humble au pied de tes autels*

Déformais que l'on samuÇe 4A courtifer dLlfne Mu/e Za prophane De'itéi Quant à moy ie me propofe. Soit en Vers , ou foit en Profé^ Jfinuocquer ta fainfteté.

Tày donc a iamais reuiure Zes merueilles de ce Ziure Dans l'e^t de nos Keueux y Bt reçoy parmy Us linges Ze tribut de nos louanges 404ccompagné de ces l^œux*

Que ce Prince tres-^ugufie S^ la qualité deïrsTM,

hfif»êhlefnàÊt]

à nofirt tfperana dùmiùne fSt f^ p^JfMcil Megne éternellement. Q^ulm iour fuiffent fes .ArmeH Déms les terres Immees ; tdre ce mi on nous promet, ft croiffant noftre franchift , Viwrr les torts de tE^life Ii^les Loyx de Mahomet.

Qu*enjÎH ilme route efirdnge . lie fuis les riues du Gange I^ijnes AUX bords de Calis^ Aeftendefm Empire, Et culm noustedu peuple ddmirt ' beduté des fleurs de Lys. Ce font les moindres miracles Q^ promettent les oracles Jm courage dchOYYS; l £t quoy ^u^enjiH luéigkfajfti \ Bile aura deuantfa face Vn iour les yeux esblouys. Voylk mafainSle De^ les beaux yœux <iue te tadri^e, fay ijufls s entendent aux CteuXj Et ijulfn iourauec PHtfioire te puiffe chanter la gloire Éhce H 1 R O s j-lorseux*

^^^■^ÉM— ■*»*— I ' ^«aMiti— M^a^

APPROBATION-

NOvs fouhs figne:^ Doffeurs i Théologie , certifions auoir leu frefent Hure intitule' j L'Hiftoirc c fainftc GeNeviefve, Aucc vn n cueil des chôfes antiques de la ma fon^ CoUigc par F. Pierre l IvGL j Religieux dudit Monaften lequel nou4 approuuons c^ iugeom d gne (Cefire mis en lumière , tant four f/ïï fri6 &* recherché £iAùtheurs éimes i foy > fir Hures Ifieux cîr duthentiqm ifcrits i la main > que four Ufrui£tme\ lêeiUeux que chacun en tirera. Donné Parts y ce 14. de Seftembre 1585.

De ChAvaionac. Zegi ^ yidi librum frafatum

Peletier. idem ofus recenfui*

REFACE

au Lecteur.

Evx qui font tant foie peu verfcz en la lèâurc des fainâcs Efcricures, ^ciiiicnt aflez cognoillre &:cn- enufa < tendre qu'il y a trois principales;"^""^

, -^ ./ ^ I r- ^ it hnurtrl

taules & rations pour lelqucllesi<,'i^,. sous honorons les Sainâs en ce iaonde. La première ellfondée fat ce que dit S. Paul en l'Epiftre ;(«».>.' Romains chap. i. Gloire & mncur à celuy qui œuure le Si le met en aâion : car C les Bigiens &c £thnicqucs om clic

PREFACE

tellement curieux & adonnez si célébrer la mémoire dVn Socra- tc,dVri Platon,d'vn Achiïle,d*vn Heâor , d Vn Fabic , d'vn Fabri- ce, &plu(îcurs autres pour leurs vertus & excellences ( le(quélles toutesfois ne font rien au regard des noflres) d'autant que comme ti».f,ek9 dit Laâence. Toute leur juftice iH^Muu g^ comme vn corps fans chef &

du tout vain & inutile, eftant fai* teborslaFoy & fans la cognoif- faiice du vray Dieu, à combien plus forte raifon deuôs nous fai- re refonner & retentir lesloiian- ges de nos Sainâis , lefquels n'ont point feulement reluy ou excellé en vertus humaines: ains ont efté doiiezd'vne Foy,cl'vnc Efperan- ce&Charité, qui lont les vertus Théologales &diuines? Pour Ici*, ^luellcs (.hofcs encoie confidcc

Av lectevr:

ilHt qu'ils font haut com- blez dVtic gloire infinie & im- âienfc de Dieu le Créateur ^com« bien pluftoflilesdeuons nous re- fpcâcr & honorer en ce mon- le? Secondement nous Tommes bien adeureK , comme dit fort bien S. Grégoire Nazienzene, eft ^'Z*^* f ne of ailon qu'il a tait de lama sZde oùni Aihanafc, qu'en louant les Saints ^f^MM/i BOUS loiions la vertu , loiians la vertu nous loUons Dieu, qui en eft authcur , félon ce qui eft dit par S. lacques : Qw tout ce qui eft '^î''- Qc bon & d'cxcellent,& tout don parfait & accomply eft d'cnhaut» prouenant du père de lumière: «ont bien à propos dit le Pfalmi- Pfi^^9. âe.I>autant que tu es la gloire de r vertu , parlant des gens de èien. Et en vn autre endroiél il Hm aamoncfte^ difant. Loucir r A ij

PREFACE

P/S/.10;. Dieu en fcs Saindls, loiicz-lcau^ Firmament de fa vertu & puiGâ- ce : tiercement ceft afint^uepar cela nous foyoBs efmcus&inci- tez à les imiter & enfuiure, car

^•«».y. comme dit S. Paul , tout ce qui eft efcrit , il eft pour noftre do- êLtinc & inftruâion. Que ferui- roit ic vous prie, de lire & mettre en mémoire la foy & obcyiTancc d'vn Abraham, la fainâctc d'vn Dauid, la pudicité dVn Iofeph,la patience dVn lob, la pieté <iVn îofîas, les aumofnes &charitez q vii Tobie, ce n eftoit afin d'é- fuiurc leur trace 6c imiter leur vertu ? c'cft pourquoy ic diray

'- : - volontiers après la doâirine des Pères, que toutainfl que du feu fort la lumière, & de longuent naift l'odeur , ainfî grand profit ^vùlité prouicnt de la mémoire

V

Av lectevr:

im de bien : & faind Bafilc H^'i»A^

m4rt.

omelic des quarante mar- s^rEglife, dit-ii, f'cfForcepar B moyens d'actircrle peuple à irer les gens de bien, foie par nfbns & oraifons panegyri- s, par hynoncs, ou par ima- : & peintures. Donc le diray, pa(rant,que ce n'eft point (ans iTe que nous mettons les Ima- (des Sainds en nos Eglifes: k nous enflamme à endurer flrèyrc pour lefus-Chrift , & à iftier & dompter nos concu- cenccs ; bref,à nous exercer en itcs oei^ures de charité & pieté, land on nous reprelente vn Bftienne auec vne palme encre

Î terres , vn S. Laurent auec vti ^VnS. Denys portant fatefte, flpi'on nous vient à reciter leur

auiryrescck nous dcmôn-

"a

PRÉFACÉ

ftfc & Bit enceiKirç leur force Si conftahce pour la foy de lefus* ChriH:, &parcon(cqucnc, nous exhorte à faire icfemblable. le dy auHi , quand on nous reprc- fcnte yne fainâe Geneuiefiie te- nant vn cierge en (a main , qui luyeftr'allumé d'enhaut,& que

{>ar après on nous remet deuant es yeux fes excellentes vertus: ce» la nous dénote & déclare fa gran» de foy & deuotion. Ceft donc pourquoy ie me fuis içy employé a dclcrire & raconter amplcméc les vertus & grands miracles de cette (ainâ:e vierge noftre Pa- trone , qui pourtant n'eft point fans çiuit appellée telle , mais principalement pour deux rai- ions. La pr6miere,pour ce qu elle eft la Patronc & Âduoca(e ipe- ci$}c àç rp^c le peuj^le Fctn^çii

/•v

r ' AV LECTEVRr

\ Moers Dieu ; & encore plus par<^ Bculicremenc de ccluy de Paris. La féconde , c'eft que tout aind quecomtne vnPeintre.ou vn au- ; trc fcmblable arti(an , pour fe mieux dreffer & apprendre en ^ ibQarc,adecou(lutncde(èpro« [ pofer quelque beau portraiâ ou image, à fin defe gouuerner du [ tout delTus pour le contrefaire ôc \. imiter : Ainfî deuons nous nous I propofer la vie & les aûions ge- L. nereufes de cette tant fainâe 6i \-. excellente Vierge, pour noftre patron à bien viure & bien mou- rir, comme elle nous en a don« l'exemple . Voylà pourquoy ^' ie puis dire hardiment qu'vne des f chofes par laquelle liprouidcn- $e de Dieu eft grandemét figna- Me.& déclarée entre les hommes,

y^9u*ii a de (ouc temps cW^H

PREFACE

& efleu des pcrfonnages entre les autres qui font comme la lumiè- re du monde , &le Tel de Utcrre : la lumière , dy-ie^ carrtout ainfî que nous y oyons icclle eftre tres> neceiTaire au monde,(àns laqueU le il reiideroit incelTamment eii ténèbres ( qui ne font autre cho- ^' S' fe iinon priuation de ccfte lu- mière ) ^ixifl les faindts perfon-t nages nous font très- requis: car '^Ç^ comme le Soleil ( qui eft laft re le tlHl, plus lumineux , & auquel dcfped toute la lumière des autres ) a ces deux proprictez en foy , la pre- mière d cfclairer, la féconde d e(l chauffer : ainli les fâinds perfon- nages par leur parole & doâirine nous efclairenc y parleur fainâe & bonne vie, nous efchaufïènt Se efmeuaent à l'amour de Dieu. Ils lâacàu&accomparezau Tel : cai

AV LECTEVR.

font ainfique le fcl cfl: corne vn

(prcfcruacif pour empefchcr que : quelque ciiofe ne vienne à cor- tuption ou en pourriture, audî ' les faindts font necefTairescn ce ' ficclcjurqucsàlaconfommation dïceluy,pour l'entretenir &con- feruer en eftre , Cans lefquels il fe* roic toft exterminé pour les mal- heurs qui y régnent journelle- ment : Qu'ainii ne foit , noftrc SainâreGeneuiefue nous en don- nera tefmoignage , laquelle tant de fois par (îcs mérites & prières a appaiîé noftre Dieu , non feu- lement en fa vie , mais encores a- pres fa mort, qu'impoUîblc cft le reciter. le ne m'en rapporte qu'à ce que nous en auons veu de nos propres yeux coucesfois & quan- tes que nous nous fommes ad«

cbeficz à cJJe. fans mente eiw 11*

PREFACE

gne compte les temps de nos pères & predecefTeurs , dequoy, moyennant la grâce de Dieu, j ef' père faire icy quelque traidé de récit: Ce que l'ay tant plus volon-. tiers entrepris , que ie f^ay qu'il fera plaifant & àggreable à nos Concitoyens de Paris, 6i à tous les Fran<^ois , pour la deuotion & xeuerence qu'ils luy portent de tout temps. Car Ci ainH eft que chacun defîre&eft joyeux d*oyr ce qui luy touche de plus prés, l'eliime qu'il n'y a guère fainâ ou fainâie en Paradis qui nous approche plus ( ie dy aux Pari- (îens) que celle -cy, euefgard que elle cftoitGauIoife comme nous, liée prés de Paris, Citoyen ne ad lefte coûte fa vie ds cette ville , à laquelle .mefme Tes reliques ont cftQ|«i0ic6commc yDJoyaiju tce^

F AV LECTEVR.

■précieux, pour luycflrc propice ajamai? par fcsinterceflionsjdoc grâces à Dieu nous jouyfTons en- core fans que rien en foie ode: Occaiion pourquoy j'eftimc que fiiincipalementelle foie encline Aprier pour ce peuple & pour ce- ftc ville de Paris. Gard ainfî cft que nous lifons en Daniel, que Dânùlc chaque prouince & Royaume a ion Ange gardien & protedleur, n'eftimons nous pas que des SS. il y en a qui ont des villes fpecia- Jcsen leur fauuegarde , principa- lement celles leurs reliques font gardées & honorées ? Eua- ^ j^^ grius, autheur très ancien, & Ni- thap. ij ccphore, recitent comme fainâ: "'"^z Simcond Ancioche raifant plu- 14. ijeurs miracles après fa mort, l'Empereur Léon I. du nom en- noya parde ue» les Amiocbiecks^

PREFACE

à fin qu'ils luy donaflènt le corps dudic ùiinGi pour ellrc apporté à Conftantinoplc : mais ils Hrcnc rcfponfè forcChrcfticnnc à l'Em- pereur , Que puisque leur ville ftoic {ans murailles & fotcerèfres, le éorpsdudic fainâ leur en férui* . roic,de forte qu'ils ne voulurent fc deÇiituer d'vn tel joyau, {ca- chas bien que par la vertu & me^ rite dudit (ainâ: Simeon , duquel ils gardoyent les reliques , ils ie- royent exaucez de Dieu en leurs neccflîtez. Aullî ie puis dire que tant que nous gardcrôs rcuerem- ment le corps de noftre fainâc vierge il nous (eruira de rempart & fortereffe contre nos ennemis, ôc nous lera comme vn. vray Pal- ladium pour aifeurer noftrcville. Or À fin que de plus en plus nous y (b/ons excitez, j'ay bien vpnla

kv lectevr;

mettre ce petit traité en Iumie];ç^ afin que chacun cognoifTe coiie noftrc fainéte Geneuicfue a cAé décorée dcDieù dVnc infinité de miracles, juCqucs mefmes à no^- ftre temps. Et à fin que ce que j'cfcriray ne vienne en doutp à quciqu'vn, ic veux bien faire en- tendre que ie n ay rien mis en a- uant qui ne (oit pris des vieux li- ures elcritsàlainain, & de ceux mefme qui y ont efté ptefens^ou d'autres Autheurs approuuez, fans m'arrefler àvne infinité de tromperies que le vulgaire pour- roit amener. Partant, Amy Le- âeur,fij*ay l'heur de te contenter en cecy, rendons' en loiianges a laSouucraine Bonté. A Dieu.

- PRIERE A SAINCTE

Gêneviefve.

Vfte^ge f«' da s. Ciel nos clameurs entendez,, ' Et voyeTlts douleurs de X'os feruanti fideUet, 'enel^ i leur fecùurs , & ("t't ifw rendrl^ *s ctrfs fkim de/àntc Ut amet toutes btlUt,

HISTOIRE

GENERALLE,

Delà vie & miracles de madame

Sain£tc Gcncuicfùe.

LirRE PREUIEX.

Comme Madame S"- Gencuiefuc t>dfqiiiJiàNitmerre,&f*/'liii- Ih'é fut rtueltt k S. Germai» EHrfifue d'Jiixerre, & du tef- mtiguge qu'il en donmi.

CHAPITRE I.

't NviR ON l'an de grâce r 45J ou 34. lors qu'Ho- I notéfilsdugrâdThco- dozele jeune,filsd'Aicade, ce-

*. H ivoire generaile

ubSeG»- luy d'Orient, nalquift la gloricu-

*^l^^i[t ^^ ^^^^S^ faindc Gcncuicfuc a UMttrre, Nancérrc , village dillant trois licuës de Paris : Ton père fe nom** moic Seucre,& fa merc Gcroncc, tous deux gens de bien,& tres- Catholiqucs. Ce fut fous le règne de Clodio le Cheuclu , fécond , -. Roy des François après Phara-

fhdr4Mo4, 1 T-ii r

smltrt. mond: Elle velcut (comme on peut fupputer) fous ledit Clodio enuiron i4.ans,{ous Meroiiee lo. fous Childeric i6. fous Clouis3o. jufques au temps de Clotaire & Childebert , enrans & fucccfTeurs dudit Clouis ; tout lequel temps faitjuftement So.ans paiTezqu'el- le auoit lors de Ton deceds. Or quelque temps après (f^auGirTan 440. félon les Annallès dcFrance,

îrfr'^ "*^^^ ^^^°" Sigibert Tan 436.) S. tjj^ ' Germain 7. Eucfquc d'Auzerr^

de îaîn^e Gensnlefut 5 parle commun décret desPiclats de la Gaule , allant vers la grand* Bretagne, maintenant dite An- gleterre, auec S. Loup 8. Euefque de Troyes , pour réfuter & con- uaincrc i'herefîe des Pelagiens^ çoipulluloyentencespays infu-* laites, pafTercnt par le petit villa- ge de Nantcrre, foit pour faire o- tùfon, oupourferafraichir, & héberger : au deuat defquek vint grande multitude d'hommes & de femmes , pour receùoir leur bcnediélion , entre lefquets vint aufli ladite vierge fainde Genc- uicFue , pour lors aagée de (îx ans ou enuiron , la faindbeté de la- ^,^^1 quelle cognoifl^nt ledit S. Gcr-priâli nain par efprit prophétique, la fit venir al uy,& la baifa aufionr^ puis s'enquit diligemment àt

m nom » & de iesperc & motc,

B

4 HiflAfegennéMe

Icfqucls luy cftàns reprefehtc:^ i leur die : O que vous eftes heu- ; reux, mes amis, d'auoir vn tel en- ^ fane ! car foyez certains & aCeu-- j^ rez qu'au iour de naiffance les j Anges ont démené grand ioyc , & lielTe au Ciel , & non fans eau- fe : car elle fera de grand mérite deuani Dieu, & plufieurs à Ton e- ^ xemple delâilTeront leurs vice^,& fe conucrtiront à Dieu le Créa- ' tcur. Apres cela il demanda à la pucelleii elle ne dcfîroit pas vi- ure en chafteté, & voiler la virgi-> nitéàlefusChiifl, laquelle aucc j vne grande prudenceâ^ iugcmct, nerefcnrant en rien (on enfan- ce , luy rclpondit en ceflc force ; Ha père (ain(^,iamais ma volon- té n*.:elU autre, & n'ay oncqucs f ouhaité choie dauantage au mo- de > il ne idle ilnon quil vous

^ »

deSainéte Geneuiefuè. } (ImTc prier le créateur pour moi, jlfin qu'il conduKe ma deuotion, ItAccomplifTe mon defir. L'E- «(Cque luy die: aye bonne con- .^fiance en Dieu, ma fille , & prens Curage: car il t aydera, & tedô- ' liera force & pouuoic de ce faire. 1^ difanc , cenoic couHours la l&ain furfacefte^iurquà ce qu'ils ^^enc entrez en l'EgUrejOù af- fres auoir bien &c deuëmenc fait fcqui elloit du deuoir diuin, be« iift le peuple , & le licentia , puis lommandaaupere, que le Icn- ujicmain il luy ramena (a fille, ce aii'ilfîc: parquoy de grand ma- ^ofuc reprefencée ladite- vierge l^anxCainâsEuerques, laquelle S. ^Germain ayant aperceue, luy dit: 'ifti'Jbien Geneuiefuè , vous (ou- tÎBOt-il point de ce qve promi- linhycr de voAie virginité ^ou^

Bi)

HiSioire generaîU .

dit-cllc Pcre Szmdc , & ay bon- ne cfperance, mpyennanc la gra* ce de Dieu , de le mettre en exé- cution , & incontinent ledit Cuefque regardant en terre , a- maHavn denier d'airain fîgné dti figne de la croix, tranfmis tout à propos par la volonté de Dieu^ &lay donna > difant : Prens ma Hilecc denier, & le pends à ton col , & ne permets iamais autres loyaux fur toy , d'or ny d'argent, Ay autres pierres precieufe s , de peur que les biens mondains occupoyent vne fois ton ame,tu perde les celeftes& eternels:Cccy ait , fe recommanda à fes prières» & elle aux fiénes, puis pourfuiuc« rbnt leur voyage en Angleterre heureusement, comme ils auoiéc commencé. De celle confecra* Véa de la «ierge par Geroiaiiii

?»,-,v'

' fainêîe Çâneuiefui. y irde cb premier voyage en An- î^eccrre , vn cei'tain Religieux :'Auxerrc,de Tordre de {ainâse- nmft nommé Heric, en fon croi- ûcCaxc liure qu'il efcrit à Locaire b/G>nAbbé,fîifide Charlesle Chau« f «Empereur & Roy de France, nous en efcrir en ceÂc force.

ttéuu^jpritfiju triiait/ola/ia mâfùt&f.

«Pi

I I

Somme madame fàinfle Çenemefiic rendit U \^euë àf<t mère.

•I

II

\

CHAP. IL

; ^I^Eu de temps après le dépare i-L des Saints Eue fques, il aduinc ..'jqaVn certain iour de f elle, Ge- -iionce mère de la pacelle^voulanc "dleraufainâferuice, comman- ^à£i£illc de ^dcr la maiCoxi»

< Htftoite gen(ralle

ne confîderanc la vacation à k- qucllc Dieu l'auoit apptlléç , qui rutcaufe qu'infpirée fccrcctcméc de Dicù.'i-&^ prbpofant Famour d 'iccluy à' la volonté pàtticulicrb de fa racrci , luy fit laélpbnce auec vnc prudence îuEJfjaflant fon aa- ge, qu'elle dcfiroit accomplir la promefle q»cllç.auoit faite aux rainâsEue(quc&) lai||uc'Ile edûtc de feruiràDieu , & le voiier du tout à luy, parquoy ce fcroit cho- feridicule & indécente qu'ends iourdefefte, lors' que les autres fcroient au fcruice diyin , elle n'y afOda pas : mais ain/î qu elle par- loit cnbeftc mandcrc , fa naerc trop légèrement aigrie , luy don- na vnloufflet en la joué, cclaite demeura pas impuny , car auffi toit elle en perdit là.veuc , & de- meura aueugie l'cipace de ving^

. de puinSi^Qe^eitiefite. 9 JnKnois > après lequel tem^ > re- mçfUQCant en (oy- mefmc,& cô- I4çranc le bon témoignage .qui aaoiccfté.donné par ïainâ Ger- \ m^çkçlc fafiUe , eurefperancede ' poizuoir recouurer la veue par (es mérites. Pattanr bien-toll l'ap- ptlla,&renppya. quérir de l'eau au p.uirs , Jaquelk y eftanc allée en diligence ^ viti;!; \ le relouuenijr parle vouloir dc-Piev ,, comme la mère auoicpcrdu la veu'é à eau- (e d'elle, & le.printàpleur^çji- merement &-à ni mente rqu^^^: téps fur le marche-pied dii 6séSi^ après porta Tçau à (a mere^laqucl- lelu-y ayant fait faire le iignfijdçt la Croix dclTus ia^ite ,eau > la re- ceuc d'elle ^ zxx^^snt ferme foy» & qâeuant les <^)iins & le cœur au Ciel, s'en laua les yeux, & aulfi ipft coinmença à voir quclc^ue

•^Kttir

10 Hifioire^enerulle

pcii , ce qu'ayant rcïtcré dcui^ âtt trois fois, vit cnticremcnc com- me deuant. Depuis ia merc, tant fnîéU. qu'elle vefcut l'euA en (ingulicre réputation. Or quelques années après eftant demeurée en (oh a- . dplefcence, elle fut menée àTE- tPéHé- ucfquc de Chartres , nommé Vi- ' II. E- liqucs 'pour eftré c<>nfacrée vier- il.! gca Dieu , felo»* Fàncicnne cou- Itiime' , laquelle lu y cftant prc- fentée auec deux àiùtrds plus aa- gées qu'elle. UEgcfque cognoif- fÎHÏC'paf^nrpiratio diuinc (a fain- &i!ét, la fit mettre la première, & pf^ola aux autres'/ ainH que âdtts-Fîfbns aiioii faiit lacob, prc- pofant Ephràin/Iepuirnédes en* fans d6 lofeph J^àl<>lanallé l'aifné, par certain ttiyjltcrë': 6c cothme lacob auoit cité prcpolé à Efau, ainii U vierge fut prcpoiée au||

de fiinéîe Çeneuiefue. 1 1 Jeux autres, laquelle ayant efté con(àcrée par ledit Eueique , fut nourrie en la maifon de (es pa- rens , en la craindre de Dieu, ob- feruancfescommàdcmens, puis après leur mort , retira à Paris.

■v«>

Comme Ufaivéîe vierge demeurant 4 Paris, fut malade de paralijte ; ^ comme elle fut de rechef "^ift' téeparfain6l Germain,

CH AP. III.

AV temps de Valentinian, fils de Placidie, Meroiiée eftanc Roy de France , oui' quelqiie ceps après ayant conquis vae bonne panic des Gaulds , fur les Ro- mains, luy dôna le nom de Fran- ce, & nomma Ton peuple Fran- çois. Madame Saiflf Gcncttiçftto

\

Il HiHof^ generalle cllant demeurée orfelinc en Toa adolcfccfice , s'en vint demeurer à Paris; y eAant appcllée parvne bonq dame dudic lieu, <}uieftoic fa marrine,tanr pour 4a faire pro- fiter en ce quelle'auoic vn fore boa commencement, que pour honorer (a maifoi^ par la preten- ccde la bonne amye, & ancelle delefusChrift Comme ainiî foie que pour la prefence de (es fidel* les (cruiteurs il a fouuentefois ef- largyfa bencdi<^ion(ur les mai- ions, & a dehuré pluHeurs villes -^ de malj comme la ville de Sèaar,

«nr/Tjo! pQUtlamoÙcdéLocll {ôn IcfÛt-

m.39. tcur y fliimaUoDtdf JLaban à cau(c de lacbb , it. lOflle de l'Egyptien PuHpbirlotçplbyrertanc. Tout ainii celle bonne dame eiperanc queKaué bon heur par la pre(en-> cedcu.Sain4il:epucelle , la retira

depLinêîe Qeneuiéfue. 15 âSTcceuc humblement en fa fa- mille : mais cUe n'y fut pas long-» temps, que bien -toit ne cheucen vne £brte & gnefuç maladie parai ylie, & en futtellemét tour- mentée , que par l'-ci'pace diC trois jours elle fcmbloit plurolt^npr- tcqucviue, n'cuftellé qu'élira- cDoitcncorc bien peu de couleur * aux iouës. Nodre Seigneur per« mettant celle maladie à fa fer* uante pour 1 efprouuer cômmç oii faid l'or en lafournaife. oinâ qu'il aduicnt fouucnt, qu il en.*- uoyedes tribulatioiisà ceux qu'il aymeleplust comme ilafaidl à lobjàvnTobic, àvnS.PauI,& « à vne infinité d'autres.Donc,touc ainfi que S. Eftienneeftant en 1% plus forte tentation de fafoy /.à ï^auoir entre les mains des bôur- teaux qui le vouloicnc lapidée de

k-1

1 4 Histoire genemlle

tourcs parts , a reçeu plus grantie grâce & confoiation de Dieu , de voir ie Ciel ouuerc , & le Hls de Dieuadîsàladexcrcdupere. Se- blablemenc la; fainâe vierge e> ftàntreuenuêen conualefçence, a(]^uroit auoir efté conduitce en efprit par l'A nge de Dieu au lieu des bien-heureux & des damnez, oû<ille auoitveu la recompencc des^bôs f & la peine des me(chacs ; Zc de ensnanc aufïl a receu tel;» l<$fgrace , qu'elle cognoilToitlles fecrectes confciences des hom- 'inei , dont elleen a fait quelquc- Ibis rougir ceux qui s'eilimoient les plus iuftes, ôc les a. amenez à pénitence , comme nous en di- rons çy après quelques exemples. Or quelque temps depuis ceftc nïaiaciie , à fijauoir l'an de noftrc Seigneur 448LiêlonSigibert , c6^

defâinéîe Geneuiefue. Ij ne les hérétiques Pelagiens nt^i^iti* «(foyenc de tourmenter cefte44S'' auure ifle d'Angleterre par leurs 'L'^, luiTes periuafîons , furen r de re- chef députez ledit S.Germain ^^ Dcfque d'Auxcrre, & S. Seucre 19; ^ Eaefque de Treues, difciple de S. Loup, par le Pape Sixte 3. & 44. en nombre pour y aller, lefquels s'acheminans pour palTer pat la ville de Paris, vint grande multi- rade de peuple au deuant,duquel ilsis'enquirent diligemment de la pucelle Geneuiefue, qui pouuoit cftre aagée enuiron de quatorze à quinze ans , ce qu'elle faifoit , tC corne elle viuoit : mais le peuple (qui eft pluftoft preft de mefdire des gens de bien que delesimi- tet ) fît refponce que ce n'eftoic tien , & tafchoic à obrcurfîr ies

i8 Hijîoire generalte

ihagne, (e aefbanderent , & rue* rét lar les Gaules^ & parties d'Oc- cident, où palTcz le Rhini , prin* drcnt & ruyncrent les Citez de Spire,Vuormcs, Stra{bourg,'t"rc- ueSjCouIongnc, & autres pays, ^ vcnans au pays Meffin , prin- drent & bruflerent Mets , ville capitale , ils entrèrent la veille de Paf qucs , faifans tout paflèr au fil de l'eCpée , & mafTacrans les Preftres dcuant les fainds Au- tels, Se ne laiflàns rien qu'ils nc fiflentdeuorer aux flammes, de vinrent à Troyes en Champa- gne, qu'on dit auoir cfté prefcr- uéeparvn diuin miracle du bon faindLoup. Itsruynerent la Ci- té de Rheims, & y occircntleS. Paftcur Nicaife , huidtiefme en hombre , & fa lœur Eutropc. En Comme , ils nc laifTerenc prefque

dejàintte Kiineuiefue. 19 coing at la Gaule Belgique , o4 ils n'efpandirent leur Fureur :£c bien que Meroiiée s oppofafl: à telle cempeflie , ii eft ce que les Huns le contraignirent de reçu» 1er, & ce fut lors qu'il fe joignit auxGocs, Romains &Bourgui* gnons: délibèrent tous de chàfl'er iR tyran , ou de mourir en la pei- ne , eftans refolus venger tan c de villes , & le fang de tant jGermains , Gaulois & Romains maflacrezpar Attile , jufqu'à en auoir occis vnze mille vierges en vnjour, en la Cité de Coulon> ^yMoWii gnc Agrippine , lequel finalemcc ^*^ voyant tout luy reiiilîr à fouhait, &qu'ilauoit mis les François en fiiitte s'en alla mettre le Hege àt- Danc la Cité d'Qrleans , la met<> tint en telle dedrelTe , que fans bpre(cnce & les pcicres de l'E-

C

îo tîiiioire generaUe . |

uerque. fain^t Aignan , il l^uft J emportée : mais Dieu ayant pi- | tié de ce peuple le Heliura , te for- '\ ^a Attile de leuer le camp , pour T entendre auir peuples de diuers lieux/qui s'eftoycnt alliez pour donner fur luy,à fi^auoir les Fraii> çois, Bourguignons, Gots, Sa- xons , Sarmates,, Germains, & Gaulois , aufqutls il auoit faiâ; quelques injures. Or cependant que toutes ces choies fe palToyér, la frayeur de cet Attile eftant tel- le & grande que rien plus , les Parifîens qui n'en craignoyent pas moins aduenir à leur ville qu'aux autres , fe mirent en peine de faire tranfporter tous leurs biens ^ femmes & enfans, aux au* très villes plus fortes , & alTeurccs que n'eftoit Paris en ce tcmps>là : ce qu'enccndâc madame fainât

r

Je JkinSîe Gfneuiffue, ti. GcneuieFue, (qui pouuoit cftre ugéc pour lors de vingt ou vingt deux ans ) appella auprcs délie Icsfages & honneftes datnesde. la ville , èc les exhorta de fe mainte» niren prières & orai(ons auec el- léquclquc temps , aHn que par ce moyen elles peulTenc à l'iniica- lion des faindcs dames ludich & i^ith,*: Hcfl:er , appaifer Tire de Dieu , & nefUr, h rompre le. deflein des Barbares ennemis : Au demeurant ne cef- foitd'ad monellcr les citoyens de ladite ville, dencrientranfpor- ter ailleurs : car les villes qu'ils e- ilimoyenc les plus feures leroient dcftruices , mais pour Paris , au il n'auroicpar la grâce de Dieu au- cun mal. Qvii fut occalion que quelques fedicieux & remueurs demefnage s'edcuerent contre li vierge^ & CQi]/pirereQ( c&u»

» MiHoire generaUe

eux ou de la lapider , ou de la jeU ter en la riuicre , ou de la faire mourir par quelque aurre ma- nière que ce ru À, difans que c*e« ftoitvneEnchanterefTe & faufle ProphetereiTe , laquelle par Çti belles paroles & parfcsrufes, les vouloir artirer à ion opinion, fin de les perdre &ruyner: Mail Dieu qui ne delaide iafmais Ici fiens en affliéïion , comme diâ tfiifii' le rfaîminc : Ainfi qu'il a deliuré GM.Î3. laçûb des mains d'Efau , lofcpl) i.j?.»<.iV delà confpiration de fes frcre^ to.tt.it. Dauid des cmbufchcs de Saiili *iM'^' jjuflî deliura-il la vierge des fc- dicions de ce peuple : car fur ces entrcfaircs arriua à Paris vn Ar- chidiacre d'Auxcne , après \i t'tmtiH lYjoft de fainc^ Germain , qui

»Xj«£».cA^ntallé eniralie, pourlepayi ^*^' et Bretagne ^ dite Àcmoriquc,

•■•

I '

ie Sàïnâe Geneutefuel t% Amirucà Rauennc quelque cinq |n^ auparauanc » à (qauoir l'an 4p. Lequel ayantedé aducrty de .^^ ccqui fc bcaHoit contre la yicr- c.n.i ge, luy qui aucrcsfois^ai^oic enter '^^S da fainâ Germain -pVrler canc^' bien d'elle, vint pat jàeucrs lefdits çoafpirateurs , afin de rompre Içarconfcil, & leur parla en csile ibrcc.

'. EftesvousMedîeurs, (îefloir-

' |Dez de la mémoire & refouue-

pance de celuy que vous auez

feueré & honoré en fa vie , à fqa*

noir du bon Pafteur d'Auxerre,

iàinâ: Germain , veu que vous

cftes (i peu refenrans de ce qu'il

1 tousacani: recommandé ? mais

. cftes vous (i denuez de raifon , ôç

'.dcfpourueuz de renrimcnt,que

1^ cognoiffiez quelle ofFeoce

JÎouscQauneucz contre Dieu le

9^1

14 'Hifloire generafle Créateur, de vouloir occir celle- laquelle il a eneue& choifieiur toutes les autres poui cftrc (a 1er*, liante ôc Ancelle? Ne vousiou- luenc-it. point du telmoignage quls le meime fàindt Gerinaia Vousenadonné, quand il paHa icy pour aller en Angleterre? De la bbuchfduquel', veritableitienc moy-rnefme , i'ay tant entendu bien d'elle que ie n'cftime c- Dre àtt monde plus excéirente femmenyplus aggreableaDiea qu'elle étt : & qu'ainH ne foit, Voicy des Eulogies de bcncdi- -dion par luy Uififees à icelte qui en font foy , ( ce mot (îgnifie dc* nediâions ou dons mutuels , le& quels eiUns bénis par les^ Euef- ques , f e dor.noyent entre Icsan* ciens C hrediens , pour gage de jpithitc chaifké ^ comme ^aim

V

I ie fainSle Gmemefke. if

•irtourteaux , & tels que font les joins benifts&AgnusOei ) Ce .AcsLcmoins vous auriez quafi vo- bnté de la mctcire à more fans occafîon, pour penfer vous dcli- vîer dVne timide peur, &d'vn jnauuais efFeâ, n'eftoic Tes prie. fbs qu'elle fait à noftre Seigneur^ difanc qu'elle vous veut trahir, £n vous defians de la grâce di- Jiiàc : Qupy ? eftimez vous Dieu ^miagardéla ville de lerufalem ^'^"^ aeftre faccagée par Sennache^ lib Roy des Aifîriens , en faiianc mourir en vne nuiâ: cent oâan- ^te & cinq mil homes, élire mairh •tenat de moindre puilTancc que pour lors, & qu'il ne puifTe gar- der cefte ville des ennemis, par les prières de fes feruiteurs & 1er- «afttes , ainfi qu'il Bll lors aux

^iOEcsd'fzcciuas» U CitédcVc- aiw.

t€ T^ifioire géneralle

rufaiem » & toute la ludée? fçauëz vous pas comme jadis le* remié aflèuroic ceux qui demcu- roient en lerulalem , menaçant de mdrt les autres qui fcretiroiéc au Koy d'Egypte , qui aufnpa(r& royent fous le glaiue Amrien, comme il eft aduenu ? Ceffez,ce& fez donc, ievou« prie, de perfe^ cuter celle qui prie inccHamméc pour vous & pour voftre ville: Ec croyez ce que la vierge vous pro^ mettra, comme chofe toute af- ieurée & refolue, tant elle pcuc cnuers Dieu.

A ces prières de TArchidiacre, tous ces confpirateurs pour a* uoir audl veu les Eulogies pro- duittespariceluy, ceiTerenc leur cntrcprife , & changèrent de vo- lonté , fi bien que leur faux con- feûhc scj^xitôk ^^ va chacupi

de Jkinéîe Çeneuicfue. ïy tendu contetit. Ec cependant (è* Ion la promeffcde la vierge, Ie$ Huns paiïerenc, prenant leur bri* fée en Italie , fans aucunement ^ approcher de Paris ,& furent ga- itees les autres villes , lefqucfîes OAeilitnoit beaucoup* plus fèu- res, ladite ville de Paris eftanc gardée par les mérites & prières de la (ainâe vierge , leique|les penctxerent iufques au CicL^ S( furent cxaucéesde Dieu le Créa- teur : Car commîe dit le Sage,pfv«.^ Boftre Dieu e(l loing des meC» -^ chants , mais il exauce la priaé 4es gens de bien.

^j^ *

i8 Hiftaire ^^raïte

Comme Mudatne S*'- Gencuiefue . , ymoit en ir^tffdfs ah^inences , en

y eûtes t prières _& or^ifons : c^ ... eomm: eUeJîthâffir l'EglifedeS,.

Penys de l'j0rée,

CHAP. V.

Fin que Celon la dodrine de

edu.s, jTUfamâPaul.la Saindcvicr-

>gc domptaft i-'& mortiiiaÛ: ea

.yfikfM.' '^ fôA-éoTps cous vices, & concu-

rimuithL pifijgHtcs , dc$' faagc de quinze

fu(qi3f s à cinquante ans , s'excr*

«^/bW ^a tellement en ieufncs & veilles

£c«2^ ordinaires qu'elle en peut feruir

de miroir & d'exemple à tout le

refte du monde : car elle jeufnoit

tous les jours de la fepmaine , cx~

ccpté le Dimanche & le leudy, &

£ ne mangeoit autre chofe , en

dt fdinfîe Çeneuiefue. ±^ tout temps fiiion du pain d orge, . & des fèves cuittes de deux ou trois (epmaincs pour tous dch* ces: Eliancparucnuë à laagede cinquante ans, à la perluaiionôi exhortation -des huelques de ce temps-là (aufquets elle eu(Vcll:i« grande offenfede Icurdelo* beïr) cômen^a à manger du poif- km & du laiifi): ; {>our lublbruec vn peu (es pauures membies ja càflez & dcbilirez de vieilleiïe ^ &c desablHnences paflees^ eilcores loures fois & quantes^qn'elle le falloir, regardoïc au Ciel, fe nfiet<« tanràplorer, & croit-on (com-* file nous liions de S. Eibenne es Aâesdes Aportrês) qu'elle voi- ^^•: oitIcsCieuxbu lerrs, lelusCh.. iflisàladexrreduPere, luypro^ mettant les rrcompenfes celc«

jo Histoire gêner aile queurs qui peuuenc eny urer l'ho^ me, iamaiselie n'en gouda en G| trtmie vie. Oc Ics vcttus quï accompa- ^jSj'* gnoienc toudouis cède vierge, c*. lloyent la foy , abftinence , pa- tience,grandeur de courage,{ini* plicicé, innocéce,concorde,cha- tité, difcipiine, chafteté, vericé &i tHe»». prudence : outre toutes Icfquel* 22 les vertus, elle auoic encore vne rres- grande deuotioa enuersS» Denis, premier Euefque de Pa- ris, S.Ruftic & S.Ëluthere , telle- ment quelle alloit fouuent vifi- ter les (ain<^s lieux , tant ils a* uoyent enduré martyre, Tan de' falurtf^ que ils auoyent eftc cnlepuUurcz par la fainâe & no- ble dame Catulle, qui edoitde ce temps- là, au village appelle de Ton nom Catullien,qui elt maio^ tcnukbh ville ùm€t Denis : mail

je fiin^e Geneuiefitê, jt toyant que le lieu gifoyent pf,;f;. Iscorps des faints martyrs^eltoic p«:s*t peu honorable pour ceux qui a-j^JJ^^^ Boyenc les premiers planté la (oyptu en France » elle dedroit fort leur . Élire édifier vneEglife, mais les moyens luy defFailloyent. Par- qaoy vue fois elle i'addreHa à

Quelques hommes d'Eglife de , & leur parla en cette maniè- re : Sainds Pères , ie vous vou-

[ drois fupplier de me donner fa- neur & ayde en vne chofe que

! fay délibéré de faire , laquelle

n'eft pas à mon pouuoir, faute de

moyens à ce requis , fi ie ne fuis

.iydée & fécondée? Ceft ce que

, ie trouue fort cftrange , & mai ièant,que les fainâs amis & Mar- tyrs de Dieu, qui nous ont annô- ëéles premiers le fainâ Euangile tB^c^a/5; ^i/cucransbeaiucoM^

i-

$i HiSloîre gentraïle cl*honncuren lieu Ç\ pauure &i^ abjcâ : Parcjuoy ic dciîrc ( fi le trouucz bon ^ & me voulez pre- Aer la main ) leur faire baltir vnd ^ I gli(c & Oratoire , &.hirc hono- rable le heu de leur fçpuhure. A laqaejie les Prcftres rel pondirent qtûlsenauoient aufli grand de- fjf&volonicde ce faire comme elle : mais les moyens pareilleméc Icuc dcfailloycnr, & lur toiit la cdau-x fans laquelle il leur eiloit iiiipoflible de rien entreprendre, àquoyeilé eilanc infpirée d'en- h.iuc, leurrefpondic: Meilleurs, quanta cela, Dieuypouruoira: Parquoy le vous prie me faire tac de faucur , que de vous rranfpor- tcriutqueslurle pont de la cité, & d'cfcoutcr diligemment tout ce que diront lespailans , & ne faiJJcz de me le rap porter ^ ce ^ue

de fkinéîe Geneuiefue, 33 il firent très- volontiers » defîrans (^uoir à quelle fin elle failoit cc> tau Donc ainfi qu'ils e(loient fur ledit pont, attendans &: efcou- uns ce qu'on diroit, voyent deux porchers qui pafToient , defquels iva difoit à fautic , ainfi qu'il pourfuiuoit vne truye,qu'il auoit trouué vn grand fourneau de chaux à fcfcarc , & faucre (emhla- blemét difoit qu'il en auoit tiou- uévn autre en la foreft prochai- ne , fous la racine d'vn grand ar- bre jette par terre de la force du vent , auquel peifonne n'auoit encore touche. Cequ'entendans IcCdiis Preftres, furêr fort ioyeux, & rendans grâces à Dieu, rappor- ccrcnt les nouuelles a madame iàinâe Geneuiefue, laquelle plo* rantde ioye de ce qui efloitad- jBcnu, paiTa toute ceftc &ui£fc eo

y4 I-Jifioife genfrttlle

ûraifbn y poiir remercier Dieu, & pour le prier de la vouloir aydcr aureftc. Le lendemain combien qu'elle fut atténuée de la veille, toutcsfois s'en alla vers Gcnefîe Prcftrc(quicftoitcc!uy lequel entre les autres, auoit ledit œu- urcleplus en recommandation &afFe^ion) auquel elle fîgnifia comment on auoit trouué delà chaux en grande quantité , & af> fc7 pour la pcrfedion de l'Eglifc, lequel en efVant fort efmcrueiU lé, honora grandement la fain- âe vierge ,& luy promift prcftcr la main de tout ion pouuoir, en ccqu'illuyferoitportibic. Ainfî donc elle fîll commencer ladite l-.glifc , cnuiron l'an 464. cftant aagécd'cnùirontrentcans, inci* tanstoufîoursvn chacun descu i toyens de Paris , à aydcr de leurs

defunéieGeneuiefue. $f ^fit^% pour parfaire vn {Ikôa lire cncommencé. Or aind blés, ouuricts Si Architeâes, C^euxqui couppyencle^bois ir ia perfcdion de cet ceuwc, (ceux qui trauailloienc cala.- ît Eglise faifoièni; chacun bien (tjdcuoir: Il aduint que le vin r défaillit, ce que f^achantje A Pîcftre Gcncfif , pria fain- jQeneuiefue d'afliflier & auoic 1 aufdits ouufiers , & iesrc* iforter, cependant qu'il, troic ^mpcement à Paris,pour auoic via : Mais eftant forty^Ia fain» ilamp demanda le vaiileau

m

Mioyent accoutumé mettre rboi^on, ôc ayantfaid^rRti?

Mraj'diacun , Ce profternacd

liei|>ri;inc Dieuauec vne graur

]|l0Qultté , qu'il luy plem a-

l^^é 4c ceux qui ttayàiU

**

I

3^ Hipotre gfiteraNe I

tt«^» loicnt popr foti (cruice : cela (ài^ : quand elle cuft cognu auoir im» pctré ce qu'elle dcmandoir, fc le- , ua, & ficlefïgnede la Croix fur '[ le vaifTeaui chofe admirable ! no- ftre Seigneur a mué feau en vin ^tMMk es nopces en Cana de Galilée: tnais madame fainâc Geneuief^ ue par Tes prières ne mua pas fèu- ' lement feau en vin , mais remplit i levaifleau quieftoirvuide» d'vD \ vinii bon ôc Ci excellent, que les ouuriérs mefmcs tefmoignoiem | n'en auoir beu de fi bon: & da* ' uancage ledit vin ne diminua aui^ ! cunement que le baftimenc de ladite Eglilc ne fuft paracheué» ' combien qu'ils en beuiflènt an* tant qu'ils vouloient. Enquoy 1 vérité de la parole de Dieu no» ftrc Seigneur fut monftrée £<de»l chtfée , quand il dit, qu'à cclnf

, Je Sdinêie Çenemefke, $7 In croie 6f qqiî^la foy > toutes j^^^;^ ShoTcs font podibles : & en vn mtrc lieu , les oeuuies que ic fay^ à4uy qui croie en moyle&fçra,ce /mi*.i7: ni ic voie chacun iqur paroiy &?ensdebienqtti craignent de r^i^ncer , & qui finuoqi^cpc de K>n cœur. Or comme çefte fain- J^vierge auoit accouftumé ,iè^ ifB la éa(^on de la primitiuç Egili. |^:de veiller la puiâ d'être le ^medy 6c I9 Dimanche ^ aduinc KiU ^ois qu'elle eut deaotioil «l'ai* |jSf. après minuit en çefte tghCc *'^' Sjj. Denis de rEHiree , mais iur Ifi çfipmin le cierge qu'on pQ];^ic i^aQC elle fut cfteint , qui J^( pm^ que les vierges qui eftoienc Jg^ik compagnie forent grandc- ^nf^rpublécSytant pourl^ob-

çité^c la nuiâ , quiclMt ck-

l^çjiwBf c!#j9.ue po«r la pl\gt

r.

M%

ijib Hifiotre générale

ce de Ton maifait , & s'en vint ï la iriergey&iuyconfeflantfa faute, la pria que la veuë luy fut don- née,laquclle fe foufriant, comme elle eftoic bénigne & mifericor- dieufe, fie tant par fes prières que bientoftnoftre Seigneur luy ren- dit la veuë: Et par ainfî cefte fem- me obtint pardon par les prières j^téCmes de celle qu'elle auoit of- fênfee: comme |idis Abimelech parles j^riercs d^^Abraham : Eli* iM.20.' phas > Baldad , & Sophar par les ^ prières de lob, Dieu voulat bien louuent eftre requis & prié par ceuï-là , attlquels l'injure a efté

¥ b

; ie pUnSie Geneuiefue, 4s

te:. •-

)9mme U nohleViiïe de Paris ayant eftc op^imée de guerre far Us . Fré$nf9iSf endura "Pne grande fit" . mine;ceaui incita madame S^* .= Geneuiefue à atier quérir des a/f- ur» ^ar hafieau,

CHAP« VL

m

QVad Attilla Roy des Huns, ^ ^^^ eut joué fès tragédies es Gau> ^«mÇ Ses y & qu'il eut pénétré jufqucs a Italie , Se que Mçroiiée troi* Kelme Roy de France eut rang.Q iesClbdioniftes: ce Roy vaillant le généreux ne fe contenta d'à* loir ja vn pied dans les Gaules, mais voyant que les autres na« bons s'en emparoyent le plus qu'ils pouuoient , les Bourgui-

>x>s^ ics Goa de l'Acya^ixiiXQA^

ib. «

41 HiShire generâUe

les Alains , les Vuandilcs , & aU^ cres, chacun vfurpoit & occupoic quelque diofe fur la domina- tion des Romains , l'Empire s'a- baftàrdiiTant , & prenant Hn par . ce moyen petità ptcic, commen- ta aullî à s'y fourrer & auâncer de foncofté, n bien qu'ayant cou- ru tout le Ions de la riuiere de Loire , & de la Seine , conquift tout le pays circonuoifin , & mift en fa (ubieâiion , & fîft tant qu'il paruint jufques à Paris, le- quel, comme Tondit^ il tintaf- uegércfpace de dix ans , duquel trùM^i*' fiege les Parifîens ayans efté fore tJtx âHs. jpauaijlcz ^ decheurent en telle

neceilité de viures , que plufîeurs^ mourroyent de faim , comme c'cft la couftumc de la guerre d'à- porter aùec foy tous malheurs^ Or/nadame fainde Geaeuiefue:

' ie^Jkfitâe Geneuitfue, ^ oyStla mirerc& calamité ce jiaare peuple, en eut telle pitié rcompadion , que pour luy àô- «r quelque confort oufecours, ïmiftpar badcau fur la riuiere e Seine , afin d'aller pratiquer es viures pour la neceflité de fes sncitoyens, mais eftant parue- oêà vn certain lieu de ladite ri- iere , tellement dangereux & ifficile,qu'à grand peine s'y pou* oit- on (auuer qu'on ne fut î'ub-* lergé) elle commanda aux ba-<^ diersde tirer à bord , & mettre iedàterre, afin d'abatrcvnar^ PC qui cauioit le péril , à laquelle beylfans , les matelots mirent ideuoir de coupper cet arbre: tais fur ces entrefaites, fainéle eneuiefue âr fon orailô à Oieu» lauffi- coft chcut l'arbre par ter- idttcour dcraciné: d'oiiCotdtct

44 Hifhire géneréSe

deux monftres horribles à voir» & grands à mcruciiles, dediuer* les couleurs , lefquek laiflcrent vne celle infeâioh & puanteur, que deux heures encores après l'air en eftoit corrompu , & les hommes infeé^ez: Depuis les ba? fteaux n'y fiirenr plus enfoncez» mais paàbienc fans aucun dan-t, ger, le diable en eftant dechalIS^ lequel comme il eftàprefuppo- fcr^fous la figure de tels monures donnoic tels aflauts auxhommes ifCt. Arriuée qu'elle fut à Arcy fur Au '»* « bc , non gueresloing de Troyes '^'^ le Preuoll ou Seigneur du liei nommé Paifin, efpprantquep la prcfcnce & les prières de r mie de Dieu, fa femme qui gif malade de paralifie , y auoic qi tre ans enriers , pourroic obtc gaariCoa^ vint au deuancd'if

JeSatnÛeGtneuiepte, 4f kyisitlrec tous les habitansdùlieu»' &ia pria aucc grande inftan ce de k venir vifîter en Ton logis , pour luy donner fa benediâion : ce qu'elle fit , à la fupplication d'i- ceux , & après auoir fait fon orai^ fon àgenoux , comme fa coudu'* me eftoit , luy 6c le figne de la I croix, puis luy commanda, com- me jadis noftre Seigneur au Pa- falitiqueydereleuer& marcher: ^^^^ tout ainfi comme fi iamais n'euil cAé malade, elle qui par Telpace ^.^, éc quatre ans ne fe pouuoit por> terny ayder de Tes membres en aucune fa9on,re leua toute faine, ëont vn chacun fut for t efbaby, lerenditgracesj^Dieu, lequel eft «imirable en fes fainâs. Dc'là el- kpartirpour venir à Troyes , ou Sémekc cftuK arriuée , vint au deuàt d'cl- JJ^^'

b^tande inuJricude de pea^Ve» ' .

4^ Hifioire gmeralle Icqadcftanc aducny des grands miracles qu'elle falloir , luy pre* f. lènta plufieurs malades de diuet'- Mi^/. £cs miUdies , tous lefqucls par le fignedela croix &rhucT)iliré de fou oraifon, elle rendit fai^sfi^ gais. Encre les autres luy fut pre- lente vn homme deucnu aueugle par punition diuinc, pource qu'il j ftirem' trauailloit aux Dimanches^&vne ^' ieune fille , laquelle auoit eftét douze ans aueugle, lefquels fem> blablemét par l'inuocacion dcjU faincle Trinité , & par le ligne de lacroix elle rendit clair -voyans. Peu de temps après vn fous-dia»- cre eftant aduerty des miracles qu'elle faifoit iournellement, luy amena vn fien enfant , ( car il A^ uoir eflié marié au précèdent ) Ick quel par l'eCpace de dix mois '•

Jefthi^v Çmeuiefue. 47 tWvnfe ardente fièvre , la vierge ficvètiir de leau , & ayant fak le fîgnc la croix dciïus, la donna au malade à boire, & aufll-tofl: il (uc guary. Afin que ie ne pafle fous (ilence comme en ce temps* nicfme , pTùfieùrs par foy en portas des franges ou autres par-> tics Tes véftemefis', 6nt efté gaàris de diùcrfes maladies , 6C pludeurs détnôniacles guartift- tis. Apres auoif hi€t Ces ànairés à Troyes, & quelle s'y fut four- nie & pourueue de bleds en gran^ de quantité, afTauoir la chàtge de dhi^c grands bafteaux , sTbn re- tourna à A rcy (tir Aube , âyàc demeuré encore quelques jours, fe prépara pour s'en retouriibrà Piiris , & fur cdHduitte par cefte liohè'dàme quelle auoit guarie.

tv

ài$ HUhire generaSe ^rcnc en ttain, n'ayant fait en» corc long chemin fe leua vn tel orage , & tctlc tempefte iur la ri» uiere qu'ils furent incontiiicnt pouiTez entre des arbres & ro- chers, & tellement agitez , que défia l'eau commen^oit d'entrer dans les bafteaux en abondance» &ny fçauoit-pn donner remè- de , penfans quafi eftrc perdus , û la Ç^aCtc vierge n'euil eu recours

f>at fes humbles prières, à celu^ equel fe leuantla tempefte,com- manda aux vents & à la mer, 6C fiât faite grande tranquillité, le- »fêtd>.t4. queldeliura les Apoftres du pé- ril de Genefareth , S. Pierre ae ftrç fubmergé, &faindl Paul naufrage , jufquesà la troifielm fois, car de fait vn chacun dçs a iiftans cogneut euidemmet ,5]f ^n'eStoït pçinc Quis caufc q

iejkmiîe Gentuie/ue. 49 (e-^rophece Royal Dauid dit en ^^. la pcrlonne du jufte : le me fuis toufiours propofé le Seigneur deuant ma face : car il eft à ma dextre depcur que ie ne decbaye. £t en vn autre lieu , le Seigneur, dit-il , aflîfte ôc fe tient près de . , ceux qui hnuoquent en vente t car alors fut la riuiere rendue caU me tout en vn inftant , & depuis '■. voguèrent toufîours en feureté iufques à Paris : dcquoy eftant ; grandement conforte & teûouj i vn certain Prcflre nommé Be{Iè^ ; cnfemble tous les autres afliftans . défia à demy morts de peur , [ mirent à chanter cebeauCanti-

3ue d'Exode que firent les enfan$ SM$i.ii Ifraël, fuyans la pcrfecution de ^Pharaon, ddfans : Ma force & ma louange au Seigneur qui nous a nfiépiotc^ur â(gj(;rcn(àii^U»

Hiftoire gmeraUe

falut&coafcruacion , & çonti-* tiucrét à louer & magnifier Dieu de ce qu'il les auoic fauuez par les prières & mérites de fa feruante &ancelle: En ce (le force triom- phant des ondes & des embuf- ches de Satan , la fainde vierge , par ui n t à Paris , après quelque temps elle demonftraaperttmcc fa grande charité & mifericorde enuerslcs pauuresxar comme cl* le dîftribuoit le bled poui la pro« uiiion des citoyens , & du pain aux vns & aux autres , les pauures qui venoiét à elle de toutes parts^ comme à leur merc nourrice , ne s'en ailoienc iamais efconduits : \;.. mais leur bailloic ce qui Idur c- floic oecefTaire , pratiquant ce its$W, qui cft cfcric pat faind Ambroi'^ r/.ii. fe: Heureux celuy de la maifon ^ugiiiçi lepauure n'cfl: iamais Ton

de fainSie Geneuieftte. ft t^ les mains vuidés , tnefme quel, quefbis éimçuéde pitié & cotn~ pa/Iîoncnucrs aucuns, tiroir du pain encore tout chaut du four, pour furucnir à leur neccflîté,tel- îetnent que les chambrières qui eftoient en Ton feruice , & foubs elle pour fes affaires , voyant le nombre des pains diminué au four, &chérchans auec (oing & fûlicitude , trouuôicnc que la fainâre viet^e les auoit donner aùscpauurcs, qui benifToyent, pour cftre rtpeus par fesautiiôf- fies. Au refte cède fainâe dame n'àpuyoit point (on efperance fur les chofes terriennes, mais lue les celcftes&inuifi blés, & fur la parole de celuy qui ne peut men- tir en fcs promclîcs, d'autant que elle f^auoic bien ce qui a edé diâ: CQ fainâ: Luc de la bouche d% lhccvv

E

ftttmuyi

|t HiHoire generaie |

noftrc Seigneur : Donnez raurf mofne,& coûtes chofcs vous fon^ inondes: & ce que dit le Sage^qw celuyquidonneàfindigent pn fieàDieuàvfure : car iTenrcce< lira cent fois autant, & la vie éter- nelle, laquelle luy ayant efté mo-^ ftréé par efprit & reuelatiô, tou&] iours afpirolt d'vn defîr ineftii mable à cette fainâe dcmci font les trefors incomprehéi X. MM ctr, (îblcs , defquels il eft dit, qu onç* - '^^'* ques œil ne vit, ny oreille nV tendit, & n*e(l entré en la peni fée de Thomme ce que nof Dieu a proparé à ceux qui fur totii^ tes chofes l'aymenc & le gnenc.

ièSainSeCeneuiefue. jj

«Mmmm iMMV^iM «MMMMft

fH^me Mnàdme S**' Ceneuiefue CfaJJoit le Carefntf, & de aueU

2^ Hes miracles faiéls fdr iceile en I VtUe dePa,rtt^

CHAP. VIL

Efte fainûc vierge Gonfide^ ranc comment noftre Sei^

leur aptes auoir cfté bapti(e.;,f4r«!i. &inâ lean Bapcifte, s'eftoit ^•^. '.

edrê au défère pour jcttfner & Uter pieu Ton Père en folitude, lo^ monftrac par cela qu'après iDoir receu la grâce du fainâ oa- befmc , il nous Um ex'ercer eti tmces bonnes& fainé^es œuureiSy file qui eftoic ftudieufe de &mi-> ieren tout & par tout au mieux ^ofil luy feroit po{nble,& qui de- poic Ceiuic de miroir de UiOift^

E- "^

f4 Hifoire generaUe vie à^lufîeurs perfonhcs,coi fain Germain auoit predi< i.c«r.r. II. Hn qu'elle peuft dire auec l'i Are fainâ: Paul, foyez imita de moy, comme i*ay cfté c fus CKrifl , elle auoit accouf félon la fa^on de faire des mites de ce temps- là, de fe rer en f4 chambre fôn's fortii .: . . puis .Dimatibhe de àixîiy Kois iuf^ues au Icudy 'âbf afîtf 'de Vacquèrfciirè''a'13ff< jeïjfne? ^ oràiifôns : Or Vïi( en tre\ les a\ilîre§ -, if. V eii t ^h"< f'air^é rem nie lâqueïlt plUi rieiifc que deuotiéufc eut de fçauôir, & cognoiftrc ce q faînÛc dame en ce tcmps-h fo'it en fa rctrai£tc,& pour c re s'approcha de l'huis fecr jT>£"ntpour regarder parque fcn fc , jtiiais Dieu eoufidcra

•■

ie Sainte Geneutefite] ^^ iouioiîcéçie cefto. femme n'ejdxci ^ppiQt fans quelque çertamç.mstf> . ^ rfi^ou irrçuçrçt^cç, tout . ^jihfî , ^^^ . aii!^il punift Uoi^ijpfîté des Detl]i<- éajX . biniçes, pour aucxir.rcgard.é dc- daas l'Arche, àu1$ punill-il celle lemme, ta rendancaueu;Xtc pour Jl^ prelompcion ai. temerice , & demeura en cet eftac iufques à la ^'^"'• ^(i4ç la quarantaine, queiaiai^- ^ij9»ri4/.

|#,y»<'^gc iuy rcnidit la; vewçpar [10 figne de la croix & par Tes prie- jtes.Enuiron ce tempsr là,y.nçau<> tttfoisluyfu refit prefençezàJi*a- i;is.d|^uze demoniaçles .çïuelle^ mçaÉ vexez & tpurn>eiitez des cbabiles ; dcfqviels ayant grande lompalTion pour Thorreur des i||f)|urinents qu elle jeur voyoic iouffi:ir & endurer y toute fondue ^ larmes fe prol^er nant en terre 'îmença Àptict £l;ieupouit\xx.>

E iij r^

MsrdcIfA

Jl» HiSioire generaUe

qu'il lay plcuft les deliurer de "^iiOêih le peine & afHidl:ion , mais iceU []2?J vierge eftanc en oraifon-, les dia blés les bourrélbyenc (ans ce' encore dauantage,de force qiPb les voyoic efleuçz & pendus e l'air , crians & hurlans auec vn froyable efpouuentement dés fiftans, qui fut caufe qu'elle fe l ua & leur commanda d'aller TEglife des fainds martyrs fain Denis, faind^ Ruftic, & fainâ £ leuthere , mais les pauures m\Sàj{ râbles fentansvne peine indicHi| ble , difoient ne leur eftre^actfj nement pollible, fi elle ne les dd>j liuroit & deflioit prealableme dequoy eftant efmeuë , la vie leur commanda qu'ils allaifent elle leur auoit ordonné , i mains liées derrière, defenda jicaiicmoins«ttdiibljesde ne

defiinéle Genemefite. fj nrmenrer durant ce temps- là, BB'ils firent , & fain^fcc Gène- nie ( laquelle pour la mode' ide fonîexe n'alloit pas (îvi- ) y arriua quelque deux heu- lapres : s'eftant proliernée à Te pour faire Ton oraiCon, cô- : elle aHoit accouftumé,incon- lent les diablescommencerenc tt'ter cris horribles &hurlcmés isque jamais, difans qu'ils vol- rçnc venir ceux lefque s la vier- auoit inuoquezen fon ayde,à uioir les f aints marryrs fufdits : aot faiâ Ton oraifon, elle les onit tous Fvn après fautre du fi- le de la croix , & auffi-toft les ibles furent contraints de for* !, laiiTans vne telle puanteur Sc fi:âion que chacun doit juger iâiofc cftre véritable , & loue-

j8 Hifioire generaUe

fait la voioncé de ceux qui le crai

^ gnent,& exauce leur priere.Quetr

^"^mS* que tcps après vnç certaine fem-

Greg>ire de QIC qucUc auoic Daguercs dcli<

T^ftihu. ufçeJc la vexation du diable, a-

deUflttre . r\ r \ i

ietettfef. Woif vn hls aage de quatre ans, lc« eh*f.9u quel de cas fortuit tomba dedans vn puits , ou il fe noya auant qu'il peuft eilre fecouru,ia pauure me< re le tira quelque trois heures a- près , & fapporta aux pieds de fainétc Gcneuiefue, fc defcon- fortant fort miferablcméc, com-r me celle qui cftoit deftiiuée du fupport de fa vieille (Te : La biea- Jbcureufe Gcneiiiefue voyatTan^ goifTc de celle pauure mère affli- gée , lie fe peuft tenir de plorcr a- nicrcment , & ayant tout fon re- cours à Dieu ) lequel feul , com^ ' "' '■ me chantoit la bonne dame Aiii- Mc, hous peut enuo^ec U mocc,&

deJàinSîe Geneuiefue. $9 donner la vie) d'auoir picié dece- ftepauurc mcrc dcfolée. ChoCe elmcrueillable ! Elle n'cuft coft finy (on orarfon , que l'enfant rc- tiincdcmortàvie, &L le rendit à la merercecy aduint en Carefmc, dont ceil enfant edant cathecu- mené 6i. au rang de ceux qu*oa iaftruifoit à la foy , fut baptifé la veille de Pafques enfuiuant , & nommé Cellomer, pourçc qu'il auoitefté reffufcité en la Cellule de faindle Geneuiefue. Il y eut audîcnuironcetemps-làvn Âd- uocatdeMeaux nommé Fruni-v/f*" mie, lequel depuis quatre ans c- ^*JJj ftoit lourd & boiteux : Iceluy cnix. (Cachant les miracles que mada- me fainâeGencuiefue faifoit or- dinairement, s'en vint à Paris, pour receuoii: guarifon par fçs prières^ à laquelle s'cftacic K|^cc«^

£0 Hijioire generÂÎlâ

(enté, elle luy coucha les oreil'^ les , Se luy fir le figne de la croix, À aufll toft il receuc 1 ouye , & marcha droiâ comme aupara- tiant.

Comme Madxme S^'* Geneuiefue ejtoît en grand renom (ff efiime, non feulement en Fr^ince , hmm aufii ^ar tom le monde»

C H A P. V 1 1 1.

Ourfaiuant noftre propos, ce n'eft point fans caufequo ^^' leSagc Salomon en Ces Prouer- bes die que le prix de la femme vercueu^ eft de loing U des der- nières fins de la terre. Et FEccle» »b/â^. fràftique , que la femme fainâe cft grâce fur grâce , fa beauté cô-i me m Soleil levunt : & vos Unir

P

GmtH. ut.

defainSte Geneuiefue. Ci pe refpiandiiTancc fur le chande- .^,^ lier (aindifc : car tel eftoic le bruiâ: ^pùi & renom de celle rain(^c vierge, que non fculemcnc les pauares, mais auin les RbiSj non feulemét les Chreftiens , mais au (G lesPa- yens, non feulement les Gaulois & François, mais auflli ceur qui eftoyenc des pays les plus efloi- rnez , non feulement les plus le bien, mais auffi les pécheurs la reuecoient & refpeé^oient , honoroient fa mémoire , & h,-- soyent en admiration pour la faindieté& les vertus qui eftoient cnelle: tellement que Childcric cJ^iU mefmé, quatriefme Roy de Frâ- ^*j^ ce y fils de Meroiiée , & père duÇ,^^ grand Clouis, quoy qu'il ne fuft «^m^ DasChreftien, mais adonné à la liiperftition des Gentils, toutes hisponok va td efeaidà cd^

6i HiStoir^^meraUe.^

amie de Dieiijliiy & tous les Prin« ccs^deia Court, gçiir les miracles qu'elle faifoit au qpm de lefus* Chrift^qu'il ne J'^fconduifoit ia- mais de. chofc qu'elle luy f^çut demander, de forte qu'vne fois entre 1^ autres ayant volonté de faire mourir quelques criminels, ^Cçachant bien que (i faindc ce. neuû^fueje Ccaupic, elle ne man- aueroit jamais.a pourluiure leur, grâce, & Tentant qu'il n'aUroit le CŒU^derefcoaduire, ann^'em- pefcner que la ye^ue ne le mit 4 miicricorderil fit fermer les por- tes de la ville après luy, & com- manda qu'on depefchaft les parr tiens en halle hors la ville : ce que ayant.enrendu la.vicrge, foudain sea alla après pour deliurcr les ^iuurespatiens. Parquoy pliant rciiiië.à la porte de la villç» Ur

âejkinl^fi Geneuiepte. 65

qudle eftoit fcrmée,incontitiènc

(comme nous lifbns deS^^Pièrre

es adles des À boftrcs ) eltciitt bu-

oeite fans clef entre (es mains^

t non fans grande admiration du

i peuple qui edoit , bien que

1 par ce moyen pourfuiuant foii

cRcmiti', elle jfit tant cnuers le

Rpy quelle leur obtint grâce &

pardon: Ainfi'^ceuxquicftoient

en péril d*vnc;tnort prcfcntc fc

virent deliureiz par la bénignité

'. diïccfte Vierge laquelle cbnttai- .

[ gfldit. par ic$*fceuures lès infidc- ^

les a ad mirer la ver tu qui= relui-

fôit lors eri l'Hglifc de Drcii: mais

Jlon feulemct ce Roy Payen ( qui

pour la lubricité fut chafTé de fon

trofhe) honoroit celle dame^ains

encore ceux qui cftoient ciloi-

gnezéspaysedranges en auoyéc

co^neilTancc^ ioic ou pat icufiU-

ê4 Histoire gentralle tion diuincjou que la renommée en ef pandit le bruid : car ce grad periohnagc » & faind homme Simeon de la colomoe ^ difçiplc îh* 5* de S. Ican Chrifoftomc ( lequel 9tns, eitoitamil nomme, pourceque par refpace de quarante ans il a- uoit faiâ; afpre pénitence en vne colomnc hors les portes de la vil- le d'Antioche.,, ainii que recite KfVr/^. /i. Nicephore ) voyant fouuent les »4f»* v>* marchai^ds & pèlerins d'Occi- ^l'jj^* Jydcntiqui^venoîent en la Siriç, les \'\itft,EuU. prioit de falucr fainâeGeneuief- ue de fa pait,& la prier qu'elle fift mémoire de luy en fcs oraifons & deuotes prières : c'eft en quoy on peut voir quelle grâce noftre Dieu a faiâ à les fidcls, puisque quoy qu*cfloigaez& fcparez dVn grand interualc de lieux , neane« moins viennent à s'cntrecogaoi;-

depiinSîe Çeneuhfuel 6$ ftre par vnc certaine reuelation (jtt'illeur en donne,comme nous ; ufons d'vn (ainâ; A mbroifc & S. Seuerin , lefquels ont mérité a> t»Ssi.I uoir reuelation du trefpas de S. '""**» ^ Martin au diocefe de Tours , cô- ^'*'^^- bien qu cfloignez de beaucoup les vns des autres , iVn cftant a Milan l'autre à Coulongne. Vnc icunc fille de la cité de Bourges^ laquelle après auoir cfté vouée & confacrée à Dieu , s*eftoit aban- ^^^^ ^ donnée vne fois en fa vie , cftant rtntUà. efmeuë' des vertus qu'elle cnten- *****??? doit de fainâe Gcneuiefoe, ou de quelque curioHté qu'elle eut delà voir, s'en vint à Paris , pour fe joindre & communiquer auec die, commenta la vierge à l'in. terrogcr fi elle eltblt vierge ou non , rcf pondit auoir voiié vir-> g^iitéàDieUy qu'elle auoic eac*

é6^ Hjfîoire geneuUe dcedésfa jeuncde (ans fouillufe d^homme : mais encore qu'elle eut faid fes affaires fccretrcmct qu elle fuft cftiméc pour telle des hommes , fi citce que fainde èé- ïieuicfiie luy dift roue à l'heure le temps & le lieu ^ &:le nom dfc ccluy qui lauoit violée, dequoy toute confufc & iîontcufe luy c6- / fc (Ta franchement fon péché, la •ftippliantau refte de prier DicU pour elle , & luy obtenir pardon de fon offcnfe. On pourroit dire <&: mettre en auant plufîeurs fcm- blables exemples , mais il nous fuffira d en dire vn pour tout ^ fa^ chant bien, comme dit IcSage, Que tout ainlî comme ceux qui regardent vnc eau claire 3S y peu- uent voir & mirer dedans: Ainfî les cœurs & confcicnccs des ho*-' /ncs font claires &manifcftesaiit"

ppf'."- '■ ""

Je fiin^e Çeneufefite, €y

i iiudens, ccftàdircaux Sainâ:s»

,^eu fauorifanic ainfî ceux qui

:l^mcnt,rkonore|it 6c le feraent

dévoue leur cceur.

Mk

Ûe auelques miracles f dits jf AT iceUc a LAon Cf* d Meaux.

CHAPITRE IX.

OR nonfeulemencplufîeurs & de diuers cndroiâs ve- noient à Paris , pour voir cçfte Ijûoûe vierge , fa Donne renom- loée s'efteiidanc par cour, & prin- dpalement par les villes de Fran-' ce : mais auul elle efmeuë de de-

I

aotion , alloiè quelquefois vifîter les (àinâs lieux, comme noftre QaçudcLaon, fainifl Martin atouts , fainâ Âignan d*Or^ l|llis»& autres: oùicacpafleiay,

dB Hijîoire generaUe

fous ulence les miracles qu'elle '

^id en chacune de ces villes. E

neuiefiui prcmiercmcnt cftant vne roB al

£4on , S, îée à Lûôii > ainfi du'elle appro

Mueféue, dioccfe dc S. Rcmy Archcuefqui

éfpeié Gt- de Rheims;, pour lors viuant, vm

r#>«çx«- grande multitude de peuple en-

nm en fi tendant qu'elle venoit , s'en vin

au deuant d'elle, s'eftimant bien

heurétix voir U contemple]

dc fcs ycUx corporels , celle de

qui'iiâ alùoycnt tant oi*y parler &

rcciferdc biètfï Entre les aUtrc!

viriârçnt liSs parchs dVne jeune

fille ,' i^ui par l'cfpatç de neuf àni

aubirtfté tcllcmcntiiànsuiffamc

Mi^iilc. dc-patalifie qu'on n'éùft fçcu jur

gér oii coghoiftrc les joind^ùres

de fcs membres, tant elle cftoil

pcrcliifé ', Icfquels àucc lés plu!

apparehs de la ville la priereni

, hknfôït d'auoir pitié dt cetiç I fiauurc âïle : die qui-cdbici^e-^ bonnaire & pitoyable vimen ia, ptaifon ; où:aprcs ^iupïtifyi&ii {ihficre , ssotume de douftumc mà^ aklts itnnâ<B.tes de (e$< :mébres^ paisluy: commanda detffvçftir, & fechâufTepeilc mefme, «e qtie . elle fift, aalTi biica & gctttimeûr, comme (îiamdls n'euiVefté ma> lade , & fut ceitement retïdùe rat-!> ne, qu'elies'enVitltaUeÉ^He^ 6t losaurres à rEgiife, peut' rendre grâces à Dieu le Créateur , de laDté receuÂ: duquel miracle ayâc efté veu dVn eliacunyk péuj^le commenta à ioûcF &<r»agmhe'f Dvcïi, qui donne tcUeWâceâux ficQs. Et qui pilus ^(k'^ 'ietile -s'en voiilant retourner j krtic^onidait kuiguecrpâce de temps tifgran- itallegrcife^ priant dfchanuskt

70 Hijioire gmeralle .

plufieurs beaux Hymnes & Ca: ciques4i)e4à en auanc, lors qu' i,x^ le dcmeiiroit^à Meaux , elle M»* uoit quelques biens & heritag il yxuc yne lîUe hannefte & bonne maifon , noiôimée Ce 1116 , ^i auoit efté promife narine vn icuné homi du paysr, laquelle icognoiini les grâces que noftro Seigneur uoic élargies à faiiide Gcneuii ne s'en vinc par deuerselle, difa qù*elk dciîroit viuré vierge coi vie , ^:changcr fbn habit ^ luy plairoiii lareceiioir en fa c pagt)k,iaquelle hiy.'oAroyacF yfiWtiscrs., Païqùoy quand icune b^me qui la dcuoit < pouCer jçTçtiKycrmcu de famc qu'il pofioiiC à Ton accordée , i comineiit. tour bouillant de c jexp s*cô vint à Mcaus, cl

'\

de Jkinéte Gmemefitel 71

ieraeuf oient, auec itijcention de

ncéuoir celle qu'il cftimoiteftre

fierniCjCiilèinblede ioiierquel-

[ que cour à Sainâ:e Gcneuicfue:

Mais Dieu qui garde ceux qui ^-g^

Taymenc , 6i ne dclaiHe le iufte {W.i

entre les mains du pécheur , ne

les abandonna pas, ains tout ain-

que le peuple dlfraël fuyant la

. perfccution de Pharaon, les eaux

de4a mer rouge fe diuiferent par

miracle pour leur donner paiTa*

ge, & les deliurer des mains de

leurs ennemis : Ainfî ces deux

vierges s*en eftans fuyes à l'Eglife

pour éuiter l'ire & le courroux du

ieunc homme , les portes qui e-

ftoient fermées s ouurirent mira*

adeufement , & par ce moyen

ifchappercnt : fi bien que par a*

fres ladite Celinie eftanc fortte

4i r£gyptç,c'eft à dire cetisavMl

P ni

|i

-b.'-^

fi MiSUirè generdlle ^\i'tBi&&ét , feriïic toufiours î Die en toure abftincncc & cha ftcré , & âpres' auoir paflc les de fertsdecefnondc, cft parucnu à la terre de promiflion , qiii el leRoyàumccclefte; Si bien qu ; j.^. elle c(t aujourd'h'uy canonizc' 't. cnrEglifc'dcnoftrcDieu.Lemi tade fut bien toit fuiuy dVn au

Wercar peu de temps aptes ladit!

fain<^e Gclinic prefcnta à fain<î%<

Genetiiefue vne ficnne (cruanK

^ui paf refpacc de deux ans auoi

efté tellement malade qu'elle n(

le poiauoit porter aueunemen

fur les pieds : mais auiïi-toft qu(

fbintte dame l'eut touchée fl

,„;„;. maniée , la rendit incontinen

toute (tiine &suarie. mefm

Y^^^jcftoit v'n homme qui auoic 1

ir^tre. iîiain fciehe iufques au coude, ■^

iHr 5 V/i'pbuuoit iiullcmen.c aydw

r •■■

I de Jainae Geneukfue. 7}

Cftant prefente à la vierge j elle

Iny mania Içs jointures des doigts

&i(ânt le figne de la Croix deiTus,

fc au bout a vne demie heure Itiy

\ ftadit toute faine. Adaint vne

autre fois au terroir de Meaux,

durant les moifTons, comme la

fainâe vierge faifoit moiffonncr

quelque terre qu elle auoit là, que

ks ouuriers eftans en trai» de

coupper les gerbes, & les entalTer

es champs , il fe leua tout à coup

vn g.rand orage & cempefte au

Ciel, qui les mena<^oit dVnc grof-

fe pluye: mais eux adifs à leur tra«

uail , & ne dcfirans le quitter , la

fainde vierge entra en vne tente

' voifine du champ, elle fepro*

, ftcrna en terre (clon fa couilu-

me, fe mit à prier Dieu. Chofe

.^tdmiiable! fcs prières curent telle

J»Kc & puiiTance que de qoixl-

I

74 Tii/îoire generélie

' mander à la pfuye, comme jd . /igk 17. Helie le Prophète : fi bien qu1l ccure qti^és enuiros il pieu ft abn <lammenc,fie(l-ce qu'iinetd ba vne feule goutte d'eau au et oûles moKTonneursrccueilloii fes gerbes, Dieu ne voulant ] que celle qui reçueiiloit poui nourriture des pauures, pluft que pour la fîennc propre , i cmpelchéc en cet ceuure des : jures du rëmps.

rik

Comme Madame S"- ÇeneuU oHant vifiter Ufe^Mre defib Martin ,fit flujîeurs m'tracU Orléans cS* à Tours»

CH AP. ?C

€Omme ainfi foit que ce 11 point VAc chorcnaiTchc

defainâe Geneuiefue, jf iiouuclIe,mais pratiquée de tout tempS) & inuetcrée <lés la primi- tiuc Eglifc, & au (Il appiouoec des Percs anciens, de viiicer les fepul- cbres <lesrain^s,& les honorer, l'vn de ceux qui eftoienc plus en vogue de ce temps là, 6: auquel on voy oit plus de deuocfôs pour les miracles qui Pyfaifoiéc, cHoîc principaletnenc celuy de faindil: Martin 5^ Euefque de Tours, Grégoire de Tours récite plufîeuts -^StMi miracles au oir eftéfaiâs de Ton ^/Mr* ^ temps, au liure de la gloire des '^'J^t, Confefleurs , & en (on Hiftoire iiwt i( de France, fait mention comme '''*?'*'{ Clouis& faini^eClote FauoyenCj^.o./» en reuerence. Diâ: dauantage ,j/^<^ qtfvn grand perfonnagc nom-J^J^,^;; Aredias rendoit gracesà Dieu trémtt^ ftPeftimoic bien-heureux, qu'il ^^ (! aooic vUîcé & baifé le repulcncc

I

^tf Histoire generallâ

die fainâ: Martin auant<|uc mou-, rir,t^it cftoit grande la acuocion à ce Confcffcur. Or madame S*^- Geneuicfae n'cftanc pas de moin* dre pieté que les autres, nonob- ftant fa vieilleiTe & la diftance des liçux,entreprit cette fainde péré- grination & voyage de Tours, Cy liant ja fur Ton a âge , auquel clic fit piuHeurs beaux miracles. Car

SMnSltGe- ^^^^^^ par OrIcans(qui eft à tren- mtftiefM à, tc& quatre lieues de Paris , & en- orlténs. nif Q jj ^ jny chemin, ) elle s'arrçfta

p««f»r<-là pour vilîter i'Eglife de fainâ

ttire yoy Aignan -f Euefquc de ladite vil-

Twn et '^sq^i peu de temps auparauant

u,<i»n. cftoit dccedé , &: faifoit pluGeucs

miracles en ce temps- : Ce .que

r<^achant vne bonne dame dudit

lieu, nommée Fraterne,qui auoû

vne Hljc nommée Claude , telle*

ment malade que l'on n'y atten-

deninéie Gtneuiefite. 77 ^tCplusritn:neantmoins cette »nne d^me pleine d'efperance, lini trouucr (àinâe Geneuiefue [encettc Eglifc, ainfi qu'elle pribit [Dieu, & fe jecca à fcs pieds, difaivt: [Helas ! Gencu4efue,iainâe' amye [de Dieu, ie te prie rends m oy ma lÂIle faine, de laquelle ic n'attens [ititre clK)fe que la mort en bref imps : La fainâe vierge la voyar linudérconforrée,6cconfideranc jiuffila grande foy qu'elle auoit, [faydic j Va Fratcrnc, ne te fafchc kuahtagc, mais àye bonne con*- mce en Dieuccar ic t'afleure que fille cil guarie,& n'a plus aucun ilàl : Elle toute refolue, s'en rc- irnc en fa maiionauec grande wegrefle, mettât tout fonelpoir, ft's'iippuyant fur lesparolles de la flerge, dont elle ne fut fniftrée: 3ar' edant arriuée à la porte de ''

fon logis, fa (îfle incontihçni vint au douane coûte faine & | rie, donc vn chacun commeti louée Dieu de ce qui eftoic ac nu. Peu après, en la mcfme ' d'Orléans, vn homme ayam lèniiceur quiluy auoic fait q ^tie oifenfc, & pour cette eau vouloir punir aigrement, mt vierge, comme elle eftoic det naire, le pria de vouloir pardi à (on feruiteur,ce qu'il luy rei s'opiniaftranc dauantage , & i voulut efcoucer : dequoy fafc voyant telle impertinence , dit; Sçache que û tu me mef[ & dcfdaigne, noftrc Seigneur J cft dément & pitoyable , & { à pardonner aux pécheurs, n< refofcra en ce que luy demai lay : A l'inftant qu elle eut di

jnors,cct homme pendant r et

rn

Jejainéie Gmèuiefke'. yj^ en fa maifon , fut tellement d'vne fièvre chaude, que cou* ;1a nuiû criant,.tempeftant Se ft(camant,ne fceut aucunement tofcr* Le lendemain matin Ce jftconduire à laviergc en tel eftat, pieds de laïquelle eftant pro- ;mé,lapria deluy pardonner, femble aufO de luy obtenir l'ai» lance & guarifon de Ton mal; le y qui ne refpiroit que toute iiceur & courtoific , le figna de croix, & par ce moyen rendit maiftre fain de corps & d'cfprit lie pauure feruitcur excufé en-* (is luy. Or après aiioir faiâ Tes Lotions en la ville d'Orleans,cl- poutfuiuic Ton voyage corn* icé vers Tours, fur la riuiere . Loyre , qui ne fut point fans j|^|||£f mde difficulté, pour les périls rtwifi ' fraiierfes quelle endura fut

êo HiHoirt génerûUe'

icau : Toùtésfois en Âti^ par grâce de Dieu, elle paruint faii & fauue au lieu pretenidu j cA elle fe m ift incontinent en deuc d'aller viOter ledit fepulchre ( glorieux Euefque fainû Marti iVn Ats patrons reclamez du pe pie de France : Mais auCi toft vc cf grande multitude d'energi menés &pofredezdudiable, q luy: accoururent & vindrcnt î deuar^parlcfqueis les efbrits m; lins crioyent à* haute voix, difar Que par les mérites de fàinâ Ma tin & de la vierge, leur peine ri dauHoit,&! elVoient g^andetn tôurmch(eÉ';Et dauantage;«oi tèiToicnt encore, due c'eftoiei eux iqui luy auoient excité tant < ^ dangers &d&tourmensfur l'ea luyellans contraires du tout poi etniptffolïeF fa vdhuë à Tbutsj f^

âeSdMtCeneuirfuè, 8i, ins bien qu'ils (croient dechaC bien toft de leur polTefnon Si lineurc : ce ncancmoins lafain^- ^fteviergé ne laifibic de pourfui- Brcfon chemin ^ parquoy eOrant Itacréecn l'Eglife, elle commença [ào&irfes prières aDieu & à falniSb [Rarcin , puis après dçi|ii|fir piu> [fteors demoniadt» par le Irpie de nùrétUsé à^CFoix , lefquels crioyent , qu'il (bloic que fcs doigts cftoyent [chaBdcilcis ardentes qui les bruf- loicL II y eut en outre trois hoin> de qualité , & des plus appa* itsr,ié{qucls ayans entendu ce 4sl vierge auoit fait , sfen viii> it'pàf deuers elle en rCglife la ;f trés^hum'blement quil luy !uft de viiîter leurs fcmméii,qfii Mablcmcnc éftoyent rour- i|^cs de fennemy , ^ eitoyent ^H 'en leurs maifc^s de eiot

.■^

Utltf.i,

H Histoire généra^ i

de deshonneur, laquelle cfmmiijB de compalOoh , les fuiuit U le^ji ayant oings d'huyle fainâe , cha>» ]i cune en fa maifon^lcs deliur» toUn i\ tes crois de la vexation du diablcrjt Le lendemain que cccy fut fai^y 'ni voulant adîller aux matines & \ veilles de fainâ; Martin , elle fe ï mift en vn petit coing de rEgliffrJ pour prier plus à foh ayfe , n'eftl^^^ point yeuc ny apperceuè du t^^ de , faifant ec que noftre Dieu die en l'Euangile : que quand noui. voulons prier Dieu il ne nousfâui point mettre en lieu pour cfti veus &appçrceus du môde^çpgi' me faifoyenc les Pharifiens Uhf* pocritcs, mais pluftofl: en fecrei afin que aoftreDieu qui cogDoii tout & voit par tout , nous le ren* de & nous^n donne recompeiv ce :Qj: cependant qu'elle cAoll^

\defafnêe(jen(ukfue. ^

orai(bn,aduinc quVn des Char, MintU^

ftit Caifi du malin efpric , le*

l'«tiei «ftainc eh forcencric, s'arra-

' uuint ies chcueux , & fe defchirât

litfbice & les membres^ s'en vint

< droit oue(loitfainâ6<jeneuicf>j

uc, laquelle aulO-con: conjura le

diable, &luy commanda au nom .

tt.Icfus^Gferift de fortîr dehors, f^^i,

mil ^bm dqqùel tout genoUil doit

fléchir, au Ciel, en Terre,&és En*

ifers: Le malheureux èfprit mena-

'^!t de fortir par l'œil , qui n*cuft

«fté fans ofFenfer le pàcient,le ren.

dant aueugle : mais, la vierge luy

^commandafortirparbasicequ'il

&t, car a^nfi qu ii ailoit:^^ fcs ncceC

jitez , le difibic Tortit àuec vn fitiz

«^rangjaiffant vnc; grande puan-

KX^ï^àïc pauure homme mtde>

linré. Ces miracles furent cau(e

|«4c les habitas de Toitics, par tout ... ^

^ HiBoire gencralle

èù elle alloit luy laifoieDC grands ^ honneurs. & rcuercnees , encore I que ce fuftjoucre fa volonté , n'a»»| yanc autre chofe en plus grande | recommandation quelhumilité, H Bière de. tontes vertus.

•il

3

' ■il

De quelques autres miracles f dits fâf |

■■■■'. icelle duant/a mon, efiant df r«;^|

; tour XPéris^^ comme elle renJ^j

fon glorieux ej}>rit k Dieu , ^fit f

enterrée en lEgUfe de S* Picrrf '

Cf P4uL

'CHAP. XI.

/

NOftre Dieu a tellement fa- uorifé les fîens de tout téps^ qu'il leur a toujours découuertft dcmonftré4es rufcs & embufches de Satan leur aduerfaire , &c enne* tny capital : car encore qu'il ùÂt

deSainHeGenemefue, 9^ tocàutcleux & fubdi^ficni-ce - . a*tUesafaîc prcualoiràrcncon:'- v- bÂç Ces ejForcs :.c çll ce que nous inciicctarer lepralmifte Royal butci,quanici it dit,:quc ccluy qui fj-^^^Q, ft en la fauuegar^e & proteâiion iuicouc-piuifranc» il marchQcàfur i^ic & le baiilic , & foulera aux ifadste lyon&ledragoii , ccftà ibc le diable. Cecy a elle fort iiéii praâiqu^ en la vierge fain^ fcéGeheaiefue, laquelle s eft tou- àttcs moxiftrée tellement gene> «nfi: de vaillante à i'cncontrc de dft é&nemy, qu'il ne fe peut van- icr aucunement auoir euaduan- if^ fur elle ,.ou fe reflouyr de l'a* AÎir^^&neuë en aucune fa^on , au oncraire elle a cogneu fes trom- liâcs de loing ,. 6c par vn jncfme JàcnrcaJesarembarées: ce quelle rfaaticmotiSïxè x^yiiViàivA fois

Hifioire gen&alU »

^, 1,iff^ eftatit à la porte^e fa mai(bn vàl

rMif»r4-pa(r6r vhe icunc (î|Ie pbrcanc«|

'- poVd'huyle ,' iaquelle elle appell

aipy^ df l'interrogea que(ioit d|

.-, . qu'elle porrôitv eede fille fitrcfl

. ponfeqae c oftbitide Fhuylè, mai

ia Vierge lappérceuâhc le diable il

fembotichearc picft à nuire. J

ciiiiriqui s'en ictuiroienc, fouffll

'de;flus' ien le mena^hry & SiU^

toft l'ennemy de départ ^ cafiànj

cefte partie de Tampoulle 1

cftoit , lûrs fainâfr Ceneuiefiie &\

le ligne de la croix deHiu , ic kiâ

uoy a , il bien que le diable a'y eiij

plus, aucune puifTancc. De^ xi

aiiaht:luy fut prefencê vfi jeuot

«nfant-nominé Marouethd^ueù

€utrt ml gle , fourd^muec , j6i:-boiteuz tod

>^'- cnfembU , lequeiaufll- tbft quel

le cm oingt de:l'huyle facrée,.!

lendictdui tain ] de forte qu'il qo

t. ^m^ - *■

defain^e Çttieutefue. 87 néqa à voir, à ouyr,pailer & mar- dier droiâ , donc vn chacun ren- dit grâces à Dieu , qui cH glorieux 6s admirable en fes Sainâ;s. Ad^ min^e: uiac encore vne autre fois , com- me elle alloir par baftcau fur la liuiere de Seine ,; qu'il s cfleua vne telle tempeflie & tourmente fur feau >que prefque le baftçau com< veniçoic à fe perdre : m ais la fain - âe vierge ay;inc les mains & les yeux cfleuez au ciel, fe mift à prier Dieu ', ôc aulH-toll tout fut appai- ILDepuis vn certain homme pofv^j*^)* fedédu diable jluy fut vn jour a- fflené , afin qu'elle allegeaft fon tourment & le dcliurall dcTen- nemy: laquelle comme facouftu- me eftoit d'oindre de fainde hui- le ceux qui luy eftoyent preicn-

(tezpour efkre guaris, commanda qu'on luy apporcaft le vafe de- Gui

*. _.

88 fiiBdfre genetàUe

^tlhfdi». ^^ lequel cftoit ceftc fainâre otl^ fh h0fie diontmaisdefortunclevaiflèiu sî!m!^t cftoit vuidc, & qui plus cft l'EacC defiii£ho,c^\ic cftoic abfenr t pour kenii w^'VM j'autrc huillc, qui fut caufc Quels «»« j^;i>/rlainac Vierge rut troublée, & ne *«M}f<'<rfçauoit comme fi: gouùerncr en ttmirdcies ^çt aftairc, en hn elle fc retourna te^uupei^ à Dieu, & fe proftcrnant enrerre]

^ra/U^fll 1^ P"^ ^^ ^o"* *o" cœur, d auoii nitatum. pitié de Cette pauure créature /& i.cor. 12. Jjg |yy (lonncr moyen deluy fub-

ucnirenlc î^uarantiiTant des liens \Ç]^';:dc fàtlian : (on oraifon ne fuft pas fi roil acheucc que rampoùllc luy fut route remplie de fain^e hiiyle entre fcs mains , dont cUe chaHa 1^ diable par après. Ainfi par fcs prières elle obtint deux grâces, & opéra deux grades mer- veilles, à Içauoir la guarifon d6çc pauure pofledé,& l cAa cginciBCBC

defiinile Gmeuiefue. 8p U làinâe huyle pour Tyrage-^ ofÎE des Çhreftiens en leur ne- Açfficé, suariiïanc les malades de |çiirs inhrmicez,& les rendac fains ^ les mérites de la vierge. Celuy l|ainous aie premier laifTé cette we par efcritC encore que nef^a- ilhionsfonnom) tedinantcemi* lade , dit ain(î : Quant à moy / le ftoifidire quedix-huiâ; ans après ledeceds de cette vierge glorieu- ie,i!ay veu au fond de cette fiolc^ qu'elle auoit remplie parfon orai' Ion, du relie encore de cette fa- ifiit onâion , dont elle guarit ce demoniacle. le ne paiTeray fous ^^'*''t filcnce comme Clouis V. Roy de ^^,J •Irance^ôc premier Chrellicn, en «'• K$ temps après auoir receu la fiace du fainà baptefme, & em- Braffé la religion Catholique , U leucjroic & aimoic fort, tellcmcac

G. ••

•po llifloire getieraUe '\

<5U*cri fauéur d'elle bien fouuetitifv^ donné lagrace à plufjeurspïifori* îs n'icTs & criminels, ne Jes faifane ^ punir en façon quelconque: Bref; 'i il l'a honorée jufques là, qu citant \ p'rcft d'aller faire la guerre cpTitiw \ Alaric Roy des Gots, qui eftclit f Arrien,&occupoittoutcrAqui<- ^ taine : à fa reqlicfte & fuplicatioà j commanda & donna charge de ^ biaftir & édifier vne Eglife en l'hôî- \ i\eur des Princes des Apbftres - Pierre & S. Paul, laquelle la bon- ne dame faindle Cl'ote, après la inorc de Ion mafy , paracheua , & . doiia de pllifieurs grandes richeC- ^ jjLwv fes,)K4a fit dédier par lainÊtRcray •^'/j^^_ Archeucfque de Reims, qui pour '.Gtnf- lors eftoic en grande cftimc par ^'*'' toute la Ff àrice; Or fin-allemcnc, après àuoir endure pliificars tra*- ■unux €Ji' ce mon.dc , a^res aiiôlr

defdinBeGeneuiefue. $i \Àlt pluficursabn:inenccs,portanc BiGroix/uyuanf lefus-Chrift fou Bfpoux:aprcsicly-je,auoirfait les miracles pair nous récitez )& au-- trcs infinis , lefquels ne font cy en incmoire : Eftant aagéc de quatre vingts ans paflez elle trcCpaATa en J^^^^^ Icfus-Chrift, ôcIaifTa cette vie trâ- ie samûé feoire, caduque & mortcUe.pour «'""y- jouyr de retcrnclle , hcurcufc & immortelle, le troificfmc jour de ianuicr^lan J14. Ordonnant (][ue fon corps fuft cntcjrré en la grotte feufterraine dcladiteEglifedeS. Pierre & S. Paul, baftie par le Roy aumône appelle pour lors Locu- /•,«„, tîtien, ou felô aucuns vieux liures ^uece mot Ml François efcrits à la main au fj^JJ^» mont Parloir,pour ce que voion- i leuette- âcrs c cftoit le Roy donnoit ''".» 'T?* Hidience, & maintenant die àtUtutZii

iba nom. Ce digne corps dot\&P<»«»

^i Hi^ire generaUe

fut mis en cedic lieu fouAcrraiâi

& depuis par reuercnce » dans U

Chaiie que nous voyons ài prefen]

cûeuée fur quatre colomnes de

marbre, ou il repofe en attendant

la refurreâion generalle. Elle i

vefcu en mérites grandes vcï'

tus jufques au règne des enfans de

Clouis, Theodoric, Chiidebcr^

Clotaire & Ciodomer : ainfî que

\4ymm. Aymon Moyne de fainâ: Ger«

main des prez^qui efloit du temps

"étt Carlouinges , nous a laiiTé par

cicrit en Ton hiftoire de France.

C'eft auflî de celle que Gregoi*

rÉlt^^ de Tours au Hure de la gloire

f^re des desConfedeurs parle en cette ma-

tmfcffmrs, njcfc; L^ mefme (entendant de

Paris)gill en laBafilique des fainçf

Apoftres , la gloriculc vierge Ge-

neuiefue , laquelle viuant en c<

' mode euH telle pulHancc du ciel

iepùn^e Geneuiefue. 53» ijCclTarctccr vn mort par fa pric- »»u tombeau de laquelle fouuéc qui fy addreiTent obtiénenô de leurs requeftes , voire a vertu on voit ordinairemé^ er les ardeurs & friflbas d e ceux qui font affligez de la âévrci . Or pouuons nous en icelle re-. .marquer principalement trois diofes , les miracles infinis qu clic J'*"*" Ximixsi durant la vie, autant oy^pùnûti pbsqu'vn autre fainâ: , le don de «*»V* prophétie , & la fainâeté de fa vie jufqua la mort.

Donc fera-ce fans caufe, ô pe- tit village de Nanterre, païs de vi- gnoble, nous te renommons ttcs-heureux , pour nous auoir pioduitvn excellent bourgeon» èiqucl la fleur a eipendu vnc fi fi)ucfue odeur par toute la terre, Ine vigne noble > de laquelle le

^4 ffiftoire generalle fruit beau & gracieux^le vin dôat ^ li &amourcux comme le Ne£tar&-K fAmbiroiflc^a cnyuré& enâam> JL les cœurs des homes d'vn par- ^. fait amour & charité enuers leur h Créateur , par Ton exemple ? Et '- toy(ô noble cité de Paris) à bon droi<f^tedoit-on prifer & loiier, pour auoir receu Se nourry vne , fleur belle &deleâable, blan-* çhc comme le lis en virginité,ver- ineille commelarofeen charités Et finalement , qui cftceluy qui ne te chérira &c ay mera , ô faindke montagne temple facre! pour auoir en toy vne riche bague»

vn précieux joyau CurpalTant en. vertu & excellence i'Emcraudc de

Scythie, llOnix de FArabie, l'A—

chathc de Sicile, le Hiacinthc d'E-

thiopie,le Saphir de Mede,lc Di*-

manc des Indcs^ le iafpe, le RubjT^

de Tain^e Geneuiefue. 95 ^Marguerite, le Beril, & tous au** OTiCS qui fe pourr oient nommer i Vtu que c eft au Sepulchre de la yû^ge , où. les aueugles ont re» CO) la clarté , les (burds l'ouyc , les maccs la parole , les boiteux che* iqiDcrdroidb , les goûteux, graucr i^x , paralitiques guarifon , les Irenctiques Fvfage de raifon , Se for. tout les .fiévreux leur fanté: Biefjtout malade fupport & con- foUtion de fa mifete & calamité. £tpar ainfi i'erttahira-oti ii le peu> pie; de Paris ^: dss lieux, circon- uoiiîps honore , chérit , ayme & vifite tes fainâs lieux^oû gifem les osi& reUquesdel'vne [dts plus.ac- coaiplks & vertueufcs Dame que ^mais U. France ait produit, l'bu^ iQpic ait. cogneu , l«|tf rc ait por- skiiài bien que nous^wuons di- <p4'fillç ce que r£çclen3mque die

«■■■

t

ptf Hijfoire generaSe

^'i9' de l'homme Sage , & qui crainB' Dieu ,.c*cft que le Seigneur lujT" douera vn nom éternel pourhe*» ricage , & de rechef fa memoird ne fera iamaistollie , & fon n(Mii ^' 'J' fera requis à tout iamais;^ Sc c'éft akid que noftre Dieu recompen- ce fes fidèles feruitcursaptes qu'ils oncfaiâ profiter le talent à eux ' commis^ & qu'ils ont vaillàmmet combatu contre le diable,& rem- porté la viâoire de la chair , & du monde, il re<^oic leiirs ames-en vti repos éternel & iiicomprehenfi- ble, lailfant le ciorps-^à bas pour la confolation dés-fidèle^, afin que honorans le temple & l'organe du faind Elprit, ils en puifTexitte- tircrvn grand profit & vtilitc, à fçauoir ccu^M leur cH: nécedàirc cncemopdc, & en fin la gloire eternclle^cn l'autre , laquelle nous

L

defiinile Gtneuiefue. 97 IJjÇ: eftie donoée par les me- Icsde la gloricufc vierge fainAe ipcuiefiic noftie Pacroae. Ain- (sic-il.

Fin du fremier Liure.

LIVRE , SECOND DE;=

l'histoire GENERALEJj

de la vie & miracles de mada-.| mclaindeGcncuiefuc. 1

: . j

Des miracles faits f en de temps nfrti le trtj^ai ^ ehurrement de Aie' ' dame S"- Genemefneijonfepi- '- cbre 0'tomlieaH,

ÎOsTRE Religion bieo \m fon dce & cllablie fur la ' t paroles de noftre Seignl & la doéirine des Apoftrcs , entll les autres articles de la foy , noi" niccenauantla communion àtà

de SainSie Geneuiefue. *>9 iaints^lerquels encore qa ils foyéc ' . R^^rpaflez, & fcparez de nous cor^ pércUement ^ ne laifTenc pas cou- tësfois de prier pour nous,&nous rendre participans de leurs méri- tes & vertus par leurs intercellios: car tout ainiî comme il y a vne telle fympathie entre les mem- bres de no Are corps , qu'ils fay- dent fvnàfaiitre, & comme fon dit en cothniUn Prouerbc , vnc''^"'*" main grate fautre , iVn endurant, les autres co mpatilTent , iVn eftâc honorcjes autres s'en refîouyfset: ainii eft'-il au corps de l'EgliCe, la- quelle comprend aiiflipien les Sainâs qui font haut en Para- discomnie ceux qui font enco- > Fcis viuaâs en ce monde, -en taiat ^'ils (ont membres d'vn mefme torpsi-qûi cfti'Èglifc, n'ayant qii<

vnicikçhe£jgui pft krasCKiiâii

H

loo Hiftoire generaUe

joinâque la charité , qui efl;viic; des vertus Théologales , ne sc- ftend point feulement en ce moi-r de ) mais aufC en fautre , ainfi que

«■•Q* dit r Apoftre S. Paul : La charité iamais ne déchet , encore que les Prophéties foyent abolies, & que les langues çelfent , & que la fcie-; ce foit annulée ; & quainil foi^ nous lifons au liuroides Mâcha* - - béos vne fort belle.hiftoire tou>

44thâ, chant ccpropps de ludas Mâcha-

'•^^* fcée, lequel cogncut par vifioa Onias^ qui aupit efté grand Sacri» âcateur , ,& leremie le Prophet^^ qui prjt^yonc.incelOram ment pour tout le peuplid dtsluifs.î Or puis qu'ainli .€& que les Sainjf^s prient ' pournûusi,;ilne faut pas doutci; que leurs pHeres n&nous foyen^^ g«aiidia ment profitables: cai<ca'<;(

'^' /ne die S«ilacç}ttes « la grierc çpAÛ^

de fiihéie Geneuiefue. i of àdTe du iuftc vaut beaucoup laersDicu, £ë comme ainfîcft, if eftans encore <n ce monde , ib Bt mérité eilrc exaucez de Dieu, dans pour lespauurcs pécheurs» smmcvnMoyfe , quadilaprié ôar le peuple d'Ifraëljà combien jW.ji? his forte raifon maintenat qu'ils t'"^^ )nt en gloire & perfe^ion de Sef4i„ race î ccft l'argument duquel v-^ fitm^y mtfaina Bernard, Se fainû le- J^^*^ jfme , cotrcf Vigilancçr Parquoy f^n ri^ ne faut eftimcr que pour cûre-P'*^^ ^ar es corporcUement , Dieu b(& de nous faire rclTentir de lUi^bonnesœuufes: qu'ainfi ne ïknous en auons tretample & tprcstemoignagç en l'ËGi^rirure miOsK , quand noftre Seigneur telcgardcr^yccfte Cité (en- adam de Icij^c^i ) pour 1'^^ . ..j^' lourde i2Jpv5jr4frI>f»iîmQti ^

10* Hiftoirt génerédle ^ fidclc feruitcur: Or il y auoit long temps que Dauid efloit decedé: le diray au cas pareil , pour accô- moder cccy à noftre faindc Ge- neuicfuê , qu'il ne faut doutei qu'en mémoire de Tes biens- faits. Dieu garde cefte ville de Paris , & qu'elle puilTe aydet ceux qui au- ront recours à Tes prières en leurs necëditcz . Et par ainfî nous voy- ons que' ceuie qui ont izïadicm(x vefc^ éh ce monde h'onv pas feu- leméncdôné preuue de letn* fain- deté & innocence durant leur vie, mais encores après lamon, nous voyons leur vertu reluire, fC la grâce* de Diif tt i eux donnée comme fenaifltc prés leutstom- beàux&iepulchres'fur ceux qui s'adrelTent à eux , U\c& choififleût' , ^pour leurs Patrtms Zi interccC*' ièut9^ <^éft poiixc^Q^Ptadcnc^

de fâinéîe' Çeneusefitel îoj ^j^- , Pbëce Chrcftien , diâ au liure des uuMsiié Èouronnes. w"wr« "^

V A Ugert courante^

Semant par l'vnii^rs . Des Martyrs la f^uijfanct^

Dont eH l'expérience^

^uilsfontfatronsd'mersi' ^ De ceux qui humbUs dreffint I Ltms vœiêx , & qui sadre^ent

A leur grande douceur: v ' D'autant qu aucun rieji trifie^

Et fartant ne s'attrifie

Pour eftre fans faueur^ : Sçachant que s*il demande^ , Rien que bon il prétende^

Il fera exaucé 'y

Tant eB ardent le ^U

Des pians , & fidèle

Le faing quils ont haucL

^rcnpourrois alléguer vnc in- ^^^^^ pilé d'exemples , tant de fainâ; PfV«,/MK| l^uguftin , que de Grégoire de ^^^V Foius^ac autres aucheurs,le{ciaels rX^

Hux

iôîf HiÛoiré ginïràîè ^tdM^ icpaffcrayfousfilencc, poutyà^k tghittJetf^^^^ ceux qui nous touchent clc|c yiffettm plus près , & qui ont journelle-

ment eilé faits en ceAe ville de h

1

Paris à la veuê du peuple, au fe- : pulchre de ladite vierge Giinâe d Geneuiefue ^ comme nous avons \ feccu de ilos p^res qui nous etl.ii ont laifTé quelques vns par ef-^i crit. Or donc après que cette glo- 4 rieufeDame eut payé le tribut de l nature, allant de vie à trefpas^ron/ - corps fut dignemét mis Si: collo- que en vn fepulchre fous-terrain, comme auons ja dit cy-de(Ius: Là. ou fut conftituée vne lampe ar- dente jour ôc nuid deuant ledit { fepulchre, fans aucune diminu- ] tion , dont l'huyle guarifioit les ^ malades : & ce à fin que celle qui ; h'auoic jamais eu part aux tcBC'

bres^fufttoufiouts cAlunûecç iS^

->Tr»-

jiuxh : ce qui f obfèrue encore ifalqu*» prefcnt , que deuant la chafTe repofe Ton fainâ corps dft coufiours entretenu va cierge ■lïdeat jour & nuiâ > & de toute ancienneté a cfté obferué: doc {iefaifàns plufîeurs miracles appa« lens, eilant canonizée^, fut mis e^ ■Tne chaiTe ou cercueil de bois,faii* Ikntdejoul: en jour miracles plus cuidensàrhonneur de Dieu & à la gloire de Ton faind Nom , fe montrant fpecîale Aduocate & .Patrone de Paris , fiege des Roys de France. Or celuy qui premier AOus a iaiiïe fa vieparercrit, en parle ainfî: [leconfeiTe que par Tae grande pareiTe ôc négligence fpi a eftéeii moy, &: m'eltudianc i|R>p à la briefuecé, j'ay delaide à ikfcrire ^ tant de (on trcfpas , que A^fes faocratlles , auHî des mira-

H VL\\

10^ Hijloire genitaUe des qui font aducnus àfoti tôinr. | beau , excepté deui:, lefquels )2j, }x tird^e, biévouluicy mettre.] Vn certain ; homme , appelle Prudent , cfloit j tellement tourmenté du calcul .) ou grauelle, que fèsparenseftoiéc i fans efperance qu'il en peuil gua^ j rir ; Quand ils eurent employé les '] moyens humains , n y f^chans ! plus que &ire,Famenerent au ic^ pulçhre de madame fainâe Ge- nëuiefue , ayans fait leur o* raifon auec vne grande humilité^, & auec pleurs & gemifTcmcns^fu^ rent tous efbahys qu'à l'inAant il «/re mi- fut guary de fon mal. Vne autrç fois i vn homme auoit ascouftu- lerre ^^ ^^ ttauailler toufîours le Di> mtâaé. manche, & tant qu'il en fut puny wedefin j^ Dieu, demeurant tellcmct pcc, tfftiu dus de les mains , que meuûc les f^^ autres jours il ne Pcn pottuoic ay^t

defiittÛe Geneukfue. 107 éer à gaigner fa vie : Or donc, rc" cpgnoiilant fa faute , en Ht pcnU tiencc, & f'cn vint audit fepulchre dcfainâeGencuiefue j ayant paâe vne nuiâ efi oraifon, le len- demain rvfage des mains luy re- uinr : & ainfi ('en retourna en fa maifon^louant & glorifiant Diea qui i'auoit guary par les mérites de cette bonne & fainâe vierge.

mm

%^Uires miracles aduentts depuk en diuers temps au fepulchre de hA^ déune S*'- Ceneuiefue.

CHAPITRE II.

IL eft tres^ifiîcile & impofCble de reciter par le menu tous les miracles qui ont efté faits par les Buerkes de fainéie Gcneuiefue \ Çûn^ fepuichre & cobeau) & moios

flôl ' "HiSUire TfnêralU ci)core.aifôdelest:<ytich$i::pstr e cnt>vett qu'iccux font ihnudK tables, & la plus grande partie ii cognus,ayans cfté faits à Tendre de pluiîeurs particuliers , moi foigneuxde les faire aparoir,joi que bien peu nous ont efté fpec aletnent laiflez par efcrit. Toud fois ilm'afemblébon d'en me trc icy quelques vns , lefquels j* retirez & recerchez en diuers ci droits. Et prcmieremét^dclainâ ceux qui ont elle faits vers Beai uais en vne Eglife dediee à iccll en vne foreft appellee Tclleu , viendray à ceux qui ont eflé fai à Ton tombeau» mefme en diuc cémpsycn U caue fous-terraine < (bn Eglife, elle a efté.reuci «a prefence . i'efpace de 33t. at £0 premier lieu , ie produira/ ^ gf^d miraclc^^c en lapcr^Qm

JâfiiHéle '^eneuiefite. ioi^ ilVfi homme muift i aueugle tbutcnfcmbls nommé Fulconic, lequel vint à Ton tombeau vers la Septuagcfime , ou ayanc ploré quelque temps en abondance, auifi^coll queccluyqui difoit la grand Mcflc nommé Haymon, eut commencé la Communion; '

Fais rayon ner , Seigneur , ta face '^'* "' fiirton fcruiteur: incontinent il itceat la veuë & la parole. Il y eut a»av « yn autre certain perfonnage du**"*'* territoire de PoiiTy , lequel ayanc efté muet dés fa natiuité,eut reue* ' lation d aller-enfEglife de fainâie Geneuiejfue pour receuoir la pa- role, ce qu'il fit : & y eftanc arriué ;]e II. Dimanche d'après la Pente- ,cofte,ain{i queleDiacre>nommé f Leuchgaud , pronon^oic l'Euan» - gile, il elt dit de noftre Sei» ^ jg^Bcun II a bien fait toutes chofi^ ^Si^

no fimoire gtneraUe ' il a faic entedre les fourds, &pâ&j 1er les muets : Incondnenc aya entendu il creut, & receut le par> ier, glorifiant Dieu , & remerci" la vierge. La Mcffc dite.lc Doy ^^^ oufuipericurdulieu,nommcOpt >^t» it tat , luy demande ce qu'il defirci •*»?* ^'- faire pour adton de 2raccs:ll rcCr ^^^ - pond que fa deuotion feroit di( demeurer là,& ne point f en ic-ïn tourner du lieu à luy reuelé, à quel mefme il auoit rcceu la pa- role , à fin de p ouuoir fcruir le !&• fte de fa vie à la fainde vierge» fans laprefencé de laquelle il ne pourroit viure. Le Doyen co gnoi^ant fa deuotion cftre fain âe& pieufe, luy accorda fa de*; mande, & luy fit donner dequo| viurelereftedefavie. Vne lem; *ykU me auoit vn jeune enfant, aue 9^i^'^^ clés fa naiûance^ qu'elle .apo

Jepiinéie Gmeuiefue, în liaidiccEglife en temps deCa- ^^^^ ie: & ainu qu'on lifoic ce jour wfMM ii'fEuangile comme liottrc*"^*^ ;neur donna ta veue à Faueu-i«i«t^' néyanill-coft fcs yeux furent ercs , de forte qu'cftant tout de voir toutes chofes, qu'il .oit jamais veuës , admiroit la icre du Soleil , & fe fouf-rianc irdoitattentiuemenrde cofté kntre , & mefme la chandelle .-fil mère auoic allumée pour 6ns de grâce, il fcmbraffoic imc choie laquelle il' n'aubic lis veuë ny regardée : Ainfî freux dociles dcmonftroyenc idaircmét la vérité dumira^ Ely auoicvne awre fois à Paris «^^ .

r / tiuntifr

I0ià:me rorragtte &tourmen- tidiable, lequetauoit efté m6> ya plufieurs faiflâs lieux pour ifttMicliur^^cfâUoitp '

:J

lii HMoiH generalle cfté y le miracle cftane refei iâindïe Geneuiefue : Cepen ileftoic toujours gardé & 1: chàines ; Or il aduint vn jour ceux qui le gardoienc Peftan <lormi$,Ié demoniacle Penfi vint droit a la porte de TEglil fainâ:e Gcneuiefuc,où eftan riué, le diable^ qui ne pouuoi durer vertu de la vierge q^ commandoit, tout à l'inftani tit , &c il*«ut plus fur luy 4U( puifTaBce : & qui plus efl:^ les < nés luychcurent des mains: apreslcs portes ouurantes à ï re de matines : il entre &: i grâces deuanc le Tepulchce^ le quirauoitdfliuij^r& apr uoir. oii^rt fa chaîne^ dot àxt garotc^^pour tcfmoighagCj rtnourna Ipiiant JPieu, &c àni

de Sainéle Cei^uiefiée, 115 ;puis comme les ouuriers vue ^f,^ as recouuroyent i'Eglife , il y en mir4tU^ ieut vn qui chcut de dcilus le toiâ;, ^^^^ ^ rjfen tôDanc Raccrocha les mains fntUu.6 ï certaine fente d vn aiz , tout le J^*J2^ leftc du corps demeurant pen- du, les Chanoines fe mirent in- continent à prier Dieu & la vier-> gepour luy cependant qu'aucuns montèrent au lieu ilpendoity lefqucls Tayans lié par deiTous les bras dVne corde» le releuerent do danger: mais iceluy eftant deliurè aflèuroit n'auoir eu aucune petù:, par les mérites de madame fain- âe Gcneuiefue, & plus de mal que (i c'euft cfté en Congé. Ce mi- racle fut euidemment cognu par laiz, lequel tenant fo^tpeu^cbeut i)ien coil après, & neantmoins Voit fpuftçnu cetiiomme pour le^

dcUnrcc duppriUmiocm, U a;i«^

U4 HiSioire generaUe '^utre uint aufli vu jour j^ Ja NatiuiflB

^utredk nï>ftrc Damc,qu*vnc femitie de» p»»f /•*/- mcurant aux faux-bourgs de Pa>['

a^0, '^''^ ris , ne tenant guère corn pte de hj|| feO:e , cardoit de la laine j & noii contente de cela, eftant reprifd' par vne de fes voyfîneSjrefponditf^ «n cette forte , & arrogammenifl Que la Vierge Marie auoit eftéf ^ femme, U auôit auiC^bien tra^' •■ «aillé de &s mains que les autres? j & pour cela, qu'il n'eOroit befois . def'abftcnir d ouurer en tel jouitf M^isfitoftqu'elleeutditcescho^ - fer, les cardes dont elle cardoit^ luy tindreht de telle fa^ôn entrai ks'doigts, qu'il luy futimpoflîblo' de les oiler, demeurât enteleftal jufqu'au jour^e la fefte de fain .GencuieiFurij<|ui eft le 3* lanui auquel eltô'î^nc nut<^ tn fc £^lifc aucc grande 4ctiption,*.

i^qq^pQ cômeti^a à chan- iae$ j les cardes tuy chca-» 5 mains, lefquelles ont rue efpace de temps peu- > fur la porte de ladite Ëgli~ tefmoignage du miracle. \ donc point fans caufe, usdeuons auec grande Co- é honorer le iour de Con , auquel non feulement cU ;ouftumé de foulager les is,çommede fièvres quar- rrcs tierces , 6c fièvres coa-i

paralyses, apoplexicM^y* ies , & tputcs fortes de ma- CQmmèmefme celle pUn aduenuë à celle paiiuce fê> : laquelle nousvenons.de. mais auffî allège nos âmes, ; infiippç^tablf; de pechj^ . iour , U/glprieufe Vlçirjge

ne fJIfhire générale les prières de cefte autre vîei gldritufe , portant tutrice de ville dd Paria , 6i Tes citoyens.

i"

k«««i

Df deÉ^i étttres grands O* txceïh mifacUsyfams féf les mérites Madame S *'• Geneuiefue aupt

' dHsntJktranJhuion*

CHAPITRE IIL

C^r^ft >rne cho{c certaine &i /Teurée, que noftreDien^ eft iui^ â^ équitable pour put & cbaiftier les hommes dt lei ptchfk Se ofFenfes , fc fert en pi neuti fbrtcs êc manières de i créatures , tantdil exet^ant fa V

feahcif parles bèftès irraifpno les"» 6c tantôt 'par lés homnl fiieCmés, tatiti;>iiî par les Bcitki

Je'pfiitéie {jentuiefiite, nj ^ comme par le(fèu,lors qu'il lift les Sodomices, & les mur^ ratcurs au défère» pairair , par lilences , & autres {èmblaDles*?^* ladies , par Tcau eauoyant le j^j^/^x^] âge , & (ubmergeanc Pnaraon Gm.7. Mer rouge , par la terre lors JJ^J^ bile s'ouurit pour engloutir imtii6, ce , d' Athan & Abyroh , auec itc leur requelc,lorsdywic,qu*il ifsdône vne terre d'airain, c'eft iktfterile te ne produilant Tes iâf accouftomez. Corne donc temps dlnchade 44® Euolqtie .^s, foubsLoois leDebôn- 4S) il voulut punie le.' peuple t^ ville pair rtlemét defeaa: K&ôya vne ' tdlemoadation, fdbbrd et la 'riuiere de Seine, i jamais n'en fiift Veu vn tel: de

il8 fii^re generaSe

ttoit-ott jilléc fîtion par batt(

mai^Iiiy qui A'eft pas moins

fericordieux que iuftc, con

^^p- tefmbigne le Pfalmifte Ro

""• jnanftra.auifî-toftvnvrayrc

de àvée-mal contraire, & vn n3

' 'v.. ;. poUrouicer ce flcau , à fçauoii

t.-.o. iesnidriccs tic Madame Saii

'Gencuicfue t'Car il aduintqv

ibonPalleur fus-^nommc ,c

gnapi^pQur fe5 pèches &i

les'^pechcz du peuple, cecy ?

encore en empirant, enuoya

"Ptt&its'dc hommes. d'Eglif^

coftefi dîauicre ,::(^Uoir s'il n?

' uoic^udun )cndroi!i9: il:¥ moyeiix!e.cd^Pi:!»; le aiuiti< ce i :pourapai&x fire-^c. Dipii« tceJcsâutrfis y n noniïmié RitI àllk pas baftéaii iu(qu'» yi:^; i r(\ tiaftciEdieBLeligiçi^f qiûfjd

tupres dt $4«iMiilçqueUii^

M ^

de Siùnéie Geneuiepte, ni iftf au commandement & def- Hasdefainâe Gcneuiefue: Ôr . m gardoit encore en icclle Egli- l'^j^^ ,^ «le lia auquel la fainâe vierge /miv 9. )«< VBoit rendu fon glorieui efprit à ^jJ^J^ Diictt le Créateur: Làdonce(laffLCm«tf /k»»- Moule fufdic Richard , s'appro- ^ f^ Aant de prés , vie & apperceut ^J!^ ^^ fitimme les eaux qui s'eftoienc là^MMr.«»f liedans eflcuces iufqu'à la mairie ^;;;S An baftimenc , neantmoins vo^ iipa» iODyenc tout au tour de ce lia ^ns aucunement le toucher : Le lllkacle eftant bien confîderé par MisCdic Richard , rapporta à 1 £- licfqttece qu'il auoitveu, lequel Ikito grande multitude du clergé H du peapLe^ Is'cn vint iniques au- jfo & ayant cogneu la vérité ren- rittçnc ^ tous enfemble grandes li|l9èc$ ^louanges à Dieu. , & àla

tliim; icfoorte-qucdcpuislari^^

utete'àikinten diminiition,féa^

tia en Tes propres bornes & limii^

r tes: ainfîla vertu &tnerice de la

vierge n'a pas efté feulement ex-

perit^enté , 6e efprouué es cctpn

humains j mais au(fi enuers het

eaux, aefté manifeftèmentvettt

Mais voyons maintenant ccdàh

^**J bien elle Vcft monftrée dausnta^

~: . . ge mifcricotdieare & redoatàbh

'". toutenfemble , en vn cas efmef*

ueiUàble,que fe defîtê rccicer.Ell-

pitm du ^^^^ f "^ temps , il y eut vn Idurtoa

pt»tiiM.6. Iprifoninier , lequel vne fois einn

faffeSe j^j autrcs fdguant aller à Ut rf-

^tmttth £^ç^ nature , s^enfuit droilk

vers l'Eglife de fainâe Geneukf-

ùe, maistrôuuantiaporte^uit»

ftoit defîa fermée dit coftè.dé k

ville, pbuf la nuiéb qui eftoic pi^

che , s'en vint à l'at^tre porte <6 1^

dictmaHlbti dlôic^Êki^M^

- ■«- ^

iepUnSh Geneukfui. .v^ ^ vacEglifc, dédiée à fainâ \fikçi: ce qu'ayant entendu le moAxle la ville , nomtfxi Vui* Hic^*ea alla incondnem apre^ fya de fes gens nommé lia- in, le fuiuanc fort & ferme^ 6t ic qu'il l'attrapa , ainii qu'il p.ç- 1^ entrer eii cefte porte de faint içticl, mais le panure prifon- er Ce fèntant appréhendé , fe iot quant& quant à crier à hau- •voix , implorant de touF Ton ^l'aydedeDieu &le fecours ;4^âe Geneuiefue ; dequoy atre fe mocquant.difoit» com' e par blafpneine & mefpris, fil n'eftoifi en puifTance de le liurer de fes mains : mais corne nift dit cela, & qu'il l'euft pouN iuy jufques das l'Eglife , il chcut udain par terre , 6i mourut ccmilèrablemcnt, dequoy tous

1

tii tîi^ohi gimerim \

les autres efpouuantez ne (céfi* ; jfent faire autre chofè, fînon de'* iknterrer hors de la ville ignoini- 1 nieufement : Et aucontraire,ce i l^auure larrô , qui Pcftoit réclamé aux prières de la Vierge , fut dclr- ' tiré cejour pat la grâce de Dieu . qui n'oublie point ceux qui font en mifere & calamité : maiscom-

j^.If.«; kne ài€c Philon luif, il prefte & .

'*^'i* main il voit tout fecours hi»- " main eftre defàilly & efloigné, à ceux qui Tinuoquent de ccrar

^d'afFeâion enleurnecefficé.

><

de fiinéte OeHemefiie, ï^

PindbHV^ C «MMVMfcéHHltaaMlMiiM »A«MM««ft

"mme AddtUme S'*- GenéUièfut frt tranj^ort'ée k ty^thk ^poitr U crainte des Nùrmans» .

C H A I V.

CE n*eft point fans bonne èc jufte caufe , que ce grand & iàin pcrfohnage MoyCe^thena- ^ ^ .^ çunc le peuple dlfraël, qui auoic dégénéré & delaiiTé le vray Dieu, pout adorer les idoles , difoit en la petfonne d'iceluy : }1$ m'ont çholeré en celuy qui n'efl: point Dieu , & m ont irrité en leurs va- fiicez : Mais ie les cholereray aulfî en celuy qui n'eft point peuple, & les irriteray en la gent folle. Ce u*il a demohftré bar plufiettts is, & pratiqué depuis, à Um grand regret AE^ilomiûage ^uni»

t

114 M^oirt genmdlt \ tj^ j. toft les reduifan c ejti la feraicud

dVn Eglon Rôy de Moab durai

dix>huiâ: ans , taocoft les liuf 41 j«frx4. entre les mains dVn labin Rc

desChananeens^qui les tourmei

tavingtans,tamoft les contra Sttgeié. gnans de feruir aux Madianit(

lerpace de fept ans, tantoft ai làMiic» Philiftins Ôc Ammonites fcfpan

de dix-hm^ ans , Se depuis enci Ufnsit, ^"^ melmes Philiftins fefpace <

quarante ans » tantoft failant V( 4- K»yt> nir les AiTyricns & Egyptiens pj 13. 17.18. piufjgarg fojsj qui ont pris leii

*.; » villes, gaftc leurs terres & tuïi îu leur pays : De iorte que par < moyen ils ont elle contraints < le recc^noiftrepour le vray piei &le requérir en leur neceiGté 1 angoilTe : Ainû eftril aduemp.'^ s^tf. Cran^oisfan 844;. du temps ç i^barlqt UC^àç, Âls dcXf^

ï

"V

k^Dtb onnaire, Roy 4c France 6i |{mpef eur : Car Dieu voyant qu^ - lopechcz de Ton peuple François ifuigmencoienc de jour en aucre dcuant fa fàçc , failànc l^deuDir ^VqbQQ père de famille, voulue mt. lechaftier^pour le faire rccognoi- I ftre,& auoir recours à Iuy:& pour ce faire, cnuoya vne nation bar> hare & eftrangcre en France, dite j<f>» des Norman! ( pour caufe qu'ils l^^'' eftoiyenc Tords du North & pays Septécrional, Tçanoir eft des Daa- aois & de laScandié, ainfî que fid^ moigneneles Annales deFrance,) iefqaels pillèrent & rauagerenc cette pauurc contrée, 6c la rcdui - lent en telle miferc & extrémité ^'û n eft poifible de dire , û biea qoCicenz eftans defcédus jufijocs â^laaoble ville de Paris par la ri^ liue4pScine,&iiI>s heondxài»

I

UA : HiSlohe geHerMÎe > de Ragenayre leuf Prince & Sei-^ ji gneur,bruuoicnt&raccagoien€ { tout ils paiToieac, qui cauTa * que les Chanoines de fainâe Ge- tieuiefue , craignans la fureur j ces barbares Payens & infidèles, ' qui n'efpargnoienc rien, tant fa- cré que prophane, mais metcotât tout à feu & à fang, & voy ans que leur rage en vouloic principales xnent à cecre ville de Paris, fe reti- rèrent, & Ternirent incontinent endeuoirdc trafporterce (ainâ & excellent threfor , à fqauoir j ta chalTe de Madame fainÂe Gene- u cjté^e uiefue , à A this première met, qui ytthii. cftoitpour lors vne des appart&i nances de ladite EgUfe: Ce qui ne Ce pafla point fans miracles. Car cftans en cbemin, il aduint que k cierge qu'on portoit deuant cUe^

•y^H? ayant ciléeiil»int,fuclong-cemp

dejainéîe Çeneukfue. stj après raUumé par miracle, non/j^c*^ uns grande admiration d'vncha- * '* con, le diray encore dauantage^ qae celle a efté la fainâecé de la vierge , que non feulement les créatures fenfîbles &c raifonna- blés l'ont cogneuë 6i efprouuee, mais, qui plus eft, les choies ina- nimées 8c infenfîbles l'ont con^ i fcffcC} & en ont porté tefmoigna- ge: Ce qui fut veu lors qu'appro- chant du village d'Âthis, l'Autel for lequel on radeuoitpofer,a- Dec la Croix , & les Reliques qui ^,f^ dtoient delfus , com|nencercnt mmdei ài'efmouuoir euidemmenc pour 'k prochaine yeiiuë ^ arriuée ' à'mû ejtcelléc, exquis & précieux tbrefof , Cl bien que ceux qui y c(i;oi|;nt prefens,eO:imoyent du I (OQ^mmccmetit que ce fuil va

I nçl>lpjpicntdciicrxc:maisvoY^k^.

ai Hiàoirè genéàUe qàc il toft qu'elle y fuc po{èe,iu^ ceflcrcnc de mouuoîr , commd cpnccQs & jouyifans de ce qa^ atcendoienc , furent concrainâs d'àduouet Vérité miràde: loint que la merueillcufe odeur^ qui aum toit remplit toute l'Egli- fe y les incita dauantage à cefàife^ & à admirer le faiâ. >

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* -^ -"-r- 1. -"i ' -'i ' -

» :

mm ffi^de quelques mimcUs t^ y AininArcnt»

C H À ï». V.

«««0, C^ cependant, ksNottîjani ie S. Gtr- \^ cxerî^ans continueileméâc JJ*^ !jj^^ leur rage éscnuirons&lieuicéir- ceneuiefiéc conu&ifins dc Pads -, bf ufltrêift h^iesdts les matfonsdcfàinâ Gcittiaittdis N*mmi, Prra & Saiaâ»Gen(Wïc|[tt^i wa

.s -- - - ^V

iepUnâe tSeneuiefue. n^ ir lors ei):oit hors de la ville, ce eSiroya tellctnenr Icfdits Cha- Aes, qu'ils délibérèrent forcir ù ilse(l;oyent:parquoy ayans la riuiere de Seine,cran(por- ent la ChafTe de la gloricufè rgc à Orauern, qui eft vne fei- ^^ c^sfei curie donnée parOagoberc horéfum, nom,Roy de France, à fainâie neuiefue , ain(î que recite Ay- ^mai >n en fon Hiftoirc : eftanc '**• ^-^ eue fut long- temps fans y faire ^ * iracles, & monftrer fignes de nâeté , desquels j'en réciteray moins quelques vns. Premie> ncnt aduint vne fois que le ^ e>«Mf» >mte Egbert» Doyen & Supc- ^<»* lur de cette congrégation dcsj-^^^ lanoines de fainâe Geneuief- mm^ ^ pour lors feculiers, voyant IcsJ^^ iradcs couftumicrs qui fe fai- Jeutriê», «Mit, vint à faire fa dcuoâon ^"^ *^^

Qo Hifiotre genert^ (îeuant elle à genoux, & prit fd crettementvne4entderoa ~ corps , la voulant garder en fc particulier par deuotion : Mi combien que Ton intention ' bonne & pieufc , toutcsfois fiu difçrçtionjfut puny: Tellcmci qu'edant admonefté,^ar diucrf vifîons, de la rendre } eh fin, vil à cdre tcllemér malade de âévri qu'eftant prefque au mourir, ^ contraint confciTcr qu'il auoiçoM fenfé , toutesfois par ignot9Si& non par obilination j $c pour le^j paration de fa faute , rendit cçi •recieufc dent , enchafTee en o^ in & en criftal à fEglifé de fainiib Geneuiefuc, & puis fut guaryi C'ed: celle quon baife encori tous les joursjufqu'aujourd'hu] ^-a cilé rpfai<fte,commç elle comporte, du temps de i^euc! »: red

i^S^ijnBe Cfneuiefue. lyg

dPc^ç^i DieUfPhilippeCQjb ^ ^^é dudit liçu. Quelque sapres U (nefine, , Udtte chalïp^ me de rechef .portée pourja iiiâ;eties Nprmans, en r^n ^51, 853? (iaconduittede Kaft^ie lei^ f & conducteur, faifoient cos epiuiieurs maux, luy fut a:tnç- Mkâdf yn jeune enfant eftropié des , ps.^çui0es, lequel auiÇ tpft Il eut efté mts (ous la chafle oa lofoic la vierge , , fuç , cntieccr. iBCguary, & remis en Ignté*

immt Maâdme S*'' Qeneuiefuc

^s mirade s aduenns depuis. CHAP. VI.

\Veique temps après, la paix /elOtantf;ttte auec leCdits Hor-

i^o^piuftoftaçbeptée l de«^

âfc^rs'cbtitans , ti <|u'ik fîi^nt

tirez d'alentour àe Paris , fut x

pttéct fainâ; Reliquaire en 1

;^(fc, & retcdhdnit par le fui

' ^ I>dyen&fonClcrgc,grâdem

titude de peuplt venant au de

cA grâhd' deuotion & reuereu

éû ayant pa(fê la petite riuiere

déhtlHy ^ppellée Biêvre , atip

dVn Vij^ôbie appâhënant a

dîfcsf^IUikbihes, le cierge' qui

lloit porté àeuaht , "ayant c(H

ftait pàé le vent , à la prière

fupplicftcioa d'iccux fut ralui

miraculeufemcat ! . après cela.

mCetris. appoTtée enfon Eglile auechc

Utitn fut neur ^Idomket, d'vn jchacua ^

1*7. tmB» is j- 11 ^

feUn rier. 1^ dignement colloquee, non]

re de N4t4* comme dtuiMtn cauc, m

''**'• farrAutclS.Picrrc&S. Pai^l,

faîTani' miracles infinis^ s'cft to

iottis n&Sè^ vrarlB Patr^sei

'SfkfI&i drdeeoucle péiipkde akràÀiehté ^ qui la reclamifnl,

dàlement FtaticciEhuiron ^*^^ te!fttps-(à Vue bôAner fémine Uiigny, gràndemçkictoUtm^- B^^ffligée dVne fieVré , vitit l tH^e Gcneuiefiié ^ sijràhilde- ftté viie nuiâ; dcuant la chafle^ 'Ifeccuc grande allegeanee lâlàdte: ta fepioaitle d'âpres ihildi^ irechef pour rendre grat- lUtierge , apportant vn cieir- iiiTa main, ayant iéhéore leiiréyh autre nuiâ enifrie*" 'l^éèut entière guarifdii; Vtie jmh % ftmme de Piflcraye ^ dVîl ***«*• l|^ ditOrgeaal ; îTàdoilttoit à isi^u'àfon màry propre, qtii ttéfleôecafion rat par reii- tri! iué, afin dtjouyr plusfk* W^ fâdultere : fftais IçiHe

te ^teiijue teisps aptes «

|if naçui^. Aawijç foa #ç$ ». quqy &4,feyrprpni

4ç^'eo aller, df l'oti |iut} J^^t^^&^s e^& licenôi

iftitfarft percluTe dc&cmffeaàc ''4^ ' smbes, tctiemènt qu'elle fiiftj^l^ff^j vttée audit lieudu>tômbeaù,7M« •»*» fie encore efté quelque tcps, *"-'^ icifurs aydée par les gens do t, receuc en fin guacilon pac mérites & intercefHonsde: la g<e fainde Geneuicflie ^ en a- ayant prins congé honneftc-^ ic, pour l'accomplifTemenc Hivceus'en retourna en paix sfoy.

f eut vne au tre fem me.de Pa^^ . , , >ng temps aueugle » qm sea à iainûe ceneuicfuc, ayat [Dément prié deuant le corps ^vierge , & pa(£é vne nuiâ, le (BfiCKiin elle requift le gai'dien iglife nommé Marcin^de luy Ire les yeux du fainA huyle Ismpe, dilànt auoir eu reuer D U Auiâ; pailicdcceÊiii&i

Kiii

i

.> 1^ f^ire generM

tiàot Tonâioa :4cs maios d

Marnii,attec vne ferme foy j

^ii«j»« im- iioiiioD,véif incontinent €l«i

âi^ me^opara^ant. Vne repmiùi

près ladite femme ayant czj

meatéla vertu de la vierge , a

lia vn 9^tre aueugle , lequel a;

ç(lé0iiigt4cl'huyle,CQmQu

auoit eRty recelât le bei\çfice <

veo^de la fa/cpn qu elle aooit

y ayant paile vne nui^ile ne^

icy paficr (ouz âlence vn ea

lent inirj^çlç Ê^st en la perfii

é^Ya certain feruitéur cnt la; i

itârt mi- ^9^ nommé Magnoard , l^

!«^» gardant les moucncs à miel

des chanoines , afin que de 1

roches elles ne fortiiTentpou

1er en d*aotres , s'endormit i

vn certain arbre , û bien qu'il

itmtaacii|^ çac ie ntûptjf tf

lUie. Eftanc donc cueille» 4^ ^inç coût e(perqu de ce (ji^il pftotc aduenu , fut çQnfèilIé fpr dciu chandelles ^ r«if nâie |Ciiie6ic de fa hauteur , déf- iles l'y ne qiettaiit ôçatpachnc lefte de Ton tombeau, fauçre piedf, paifa vnefepmaiaG locUcmét en oràifon, iufques luiâ: du Dimanche,qu'il leig,- ;omme quelquVn palTer au> idcluy, ^ toucher fcsyeux: ooy eftantefpouuenté, cfti- if(qu<; quelquVn des Chaooir fSjA paâànt i'euft touché du > de robhe , mais pet de après apperceut bien la ve- e la choie : car û toft que le nier coup dp Matines corn-, ICI à Tonner, il rccençemi^- cm h vcue : dequoy efli^nt

■il fliÉoire ^neralh die grâces. innnicsàDieu, 6c k 1 Vierge de ce d^\ii elloit aduenu.Ë: mefncie temps il y eut encài Vnc bonne Dame fefuance de 1 Vierge , taquelte effant aùeuglf iuy fut amenée par {on. mary , o âpres aupir fàitCon orairon,&rc tea le Sicreinent de peipitena demanda fliuyle de fa lamp( S'en oingt les yeux , & foudaiârie ceutlaveuë..

mim^mm I I ^ I ^ I I n I II

Comme la chaffe de fainte Gtnemefii fut portera MariJtpoHfUerM. tedesNormanr,

CHAPITRE VÏL

CE n*eft de merueille, û iul ques aujourdliuy cefte opi nion inueterée dure ^perfeiiei

entre les hommssdc aoftre fit

îepiinBe GeHeukfue» t^ m y qu'entre les autres prières àt$ Litanies qui fe difoicnc en l'Hgli- ^ fainâie Geneuiefue , au mont de Paris , Fon chantoic jadis: A fwore'Normanorum y Libéra nos Domine, Ce qui n'efl point trop tiDpertinenr , ny trop eilôigné de raifon & vérité , veu qu'iceux Normands par fefpace de plus defoiïanteans, durant le règne defîxRoys de France , à f^auoit Charles le Chauue , Louys leBe- gue,Loys & Carloman,Loys Fay- Bcant, Eude,& Charles le Simple, ont tellement vexé & tourmenté :e pauure Royaume, & reduié^ en telle mifere & extrémité , qu li ^mbloit n'auoir plus aucune ver- u, force & puiflànce, iufques-li }u*apres pluHeurs mafTacres d'hS- nés , rapts & violements de filles^

n^ncs d'cdiâccs^ s*acageaven&<U

t

140 Hî/toire generslh villes» après dy-ie plufieiirs dçlX r^ [fi poûillcs 4es François mal Êiicei kMM/er par eux: Encore a>on efté,con-i 22|*£' crainû d'achepcer la paix d'iceuiç ^, par plufîears fois, à beaux denien coacçns, leur donnant des filles de France en mariage , & leur cô-r cédant pays poux fe retirer, com- me le pay&de Frize , le pays Char* tr^in. Se depuis toute la Neuflirie, quieft auiourd'liuy la Norman-^ di^qu'ils ont toujours depuis te» nuë & gardée : mais cputefoi^i iceux eftans vaiiables , ^ ne gar- dant point leur foy & promcin^ Jie £è font iamais contentez > au contraire ont toufiours remu^ mernage , & pefché en eau trou- ble, pendant que les Rois & Prin^ CCS cdoyenc empefchez & occu^ pe» à fe faire guerre îva Tautrc^k dp^uoy Uiim leur profie , 09X

àe pùnâe Gmeftkfitei 141 hit piufieuts çourfcs , mcfmes iufqucs à Paris , ville capitale du Royaume de Françe,Famegans $c ^flailia^s de coûtes parcs par plu* fieurs fois j Laquelle nc^^ncmoins cftanc coufîours va illammeni dé- fendue par \^ prouëlTe Se genero- fîcé des CicQyens,iIs ne la peurent cmporrcr , mais exercerenc leur x^ de fureur fur les enuirons 6c Mix-bourgs , As nocamos^enc fur WEglifcs qu'ils voyoienc cftro plus en deiiiocion, à G^auoir fainâ: Germain des Pc ez & fainâe Ge- qeuiefue ( qui pour lors ft'eftoit dans la ville , ) lefquelles ils ont Dtûlées & deftruices par crois foisj^ bcorps fainâs eftans cranfpor- lfi( ailleurs, ftîauoir les deux prç- loieres fois, qui fi^rencprés ivne lk£uitrc , le corps de S. Germain

- 14^ Hi^oire generaHe defaméfce Geneuicfue àDrauern^ comme nous auons die cydefTusr 4* MaisTatl de noftrefalut 884. re> gnanc en France Carloman, tout leut, enfant eftimé bailard de Louys le Bègue , après la mort df^ Louys fon frère, Godcffroy l'vn des Princes des Normans(à qui auoitefté donné le pays de Frize, potfr fi perpétuelle demeure , & audîGille fille du fèu Roy de Lorraine Lochairâ en mariage ^ar compofttion , pourucu qu'il le fift baptifer ) ne fe pcult long- temps tenir (ans attenter quel- que chofe f mais to&i après fe vint joindre aucc Sigeffroy & Vcr- mond , fuiuy de quarante mil hommes , & courans la Gaule dé» le pays de Brabant , vindrent af- éfu- fîcger la ville de Paris , laquelle '""^ futneantmoinsvailiammenrde*

de Sain fie Centuhfue. 14$ fepdiiêpar Eudc Comte d'Anjou, &Gozlin48^£ucfquedudit lieu, & Abbé de S. Germain des Prez, lequel po^rcat fit porter le corps dudit S. Çermain dans ville, en iXgUre S. Germain le Vieil -, mais les Chanoines de fainf^c Çene- uicfue mnfportercnt leur chaiTe à Mariii en Valois , à 17. lieues de ^* ^^ Paris, lequel vn nommé Hebno- *„^2 [and auoit jadis donné àrEglife lç:S. Pierre & S. Paul, dite fainâe Çeiieuiefue, pour faire tous les ansCon anniuerfaire, comme il fc fiiâ encore aujourd'Kuy ^ le tj, Oâobre j & ce pour euiterla fufr diûc perfecution desNormansr Ce qui me faiâ: croire & eitimec n*c(tre point hors de foy ce qui 4itpourle jour d'huy, que lefdits Chanoines çntçUesfuïcs^^per- ^cudons , chaatailcnc ea tcttu

k4i tiéètre^èA&aSâ

Litinici: A frrore NormoffômM^

^ Je liBeira nos Domine. Or tombien

*»if*- de miracles â-elle faits & opèrck

en chemin cft^ht conduite aviie

multitude infinie de peuple : tt^

luy qui a commencé à efcrire les

miracles qui ont efté faits après

fa mort , qui fot Tari ^*''êa règne

de Châties le Chauue Roy de Vtiy

ce, &ddpiiis pourfuiuy de ce qu'il

en a peu entendre & cognoiftréi

tant cothme tcfmoih oculaire^

qu'en ayant fceu Ss appris de getis

dignes defoy, affeure 6c i:erdfiè

À'àuoir eu commodité de Iti

icchércher & efcrire ^ à catife

grand foin èc folicitude quils a-

uoient de fuïr & éiiitcr le danger:

Tôucesfois ceux qui ont efté

faits audit lieu de Marifi , il nottt

en ft Uiflê ce dùi Ptnfuit^

Jlepimik Gé»tuiefue. Vàiif

r

P ts mirdcks aàuenus en cette fér^ fteutiimdesNonnans, la Chdfjè de MdÀdme fainiie Cenentefut epant d Manfi,

CHAP. Vllt

AMarifî il y auoit vn hommt nommé Fulcherich , celle* ment ptrclus des nerfs , que fcs picdi tenam fous fon dos,nc pou- ttoycnt aucunement eftre upa- KiE, lequel Vint dçuaAt la fainâe lûrge , fe traînant auec les mains du mieux qu'il peut, ou aptes a* noir quelque temps perfifté en o-^ nifott , fut bien- toft guary, & re- dit grâces à Dieu & a la Vierge. Vn autre home de Rebets mou- liât du bled , la nuiâ d'vn Dim»*

^4^ UiSicînB pneralk que grain qui luy gafta l'œil , et non feulement cela , mak il fut- encore tellement pa^Hoinné pat fcfpace dVn aH entier , que fe rra- pane incelTamment de fe^main^ propres le ventre &Ja poidifcrine, vomiflbit le lang. Donc ayant - cherché le retnede fa maladie parle oaerite des Sainâsy en fin fut deliuré par la gloriçufe vietge îtrâdt. fainâ:eGcncui^fî)c.£nceme(m« ijemps fut apportée à la vierge lie, femme nommée Fulcoairel tellement atténuée de paralyfici qiieia moitié de Ton corps eftoifi ia du tout mort & fans aucun feo*

timent, laquelle ayant eftégifan* ce deuaiit Ip fainâ: corps quelque temps, le troifierme iour reuinc

SS. ^^ ^°^^ ^^ conualefcencç. Vn& autre femme de Mariû , ayaoij^'

tcmec poiTcdéç iïit9i^i

; de JaiH0e Çéneukfite. 14'^ ikeipric, fut atnenée,auec peine^ tetniïins liées, à ladice Sainâe , )if eftant elle cbmmcfM^a à eftrc iltts agitée du diable : Ci bien que ^etcant par terre, efcuiiÏQit & fe mchiroit cruellement elle mcÇ^ . Itt,mais en fin l'enncmy fut con« Mn6tde forcir par vn vomilTe-; Kéntdefang.

j" Va ieunc garçon de Choy de- ^,>^^^ île de tout Ton corps, & ayant sêbias lèichez , ne s'en pouuant ^der, s'en vint en laprefenccdè i vierge , ayant demeuré l'ef- Ice de deux iours entiers, le troi- i^e fe rrouua totalement re- kué en fon premier cftat. Au a«*« m Ipfmc temps vint d* Arcy vn ccr- ** * SA feruiteur de fainâe Gene« fefoe , grandement tourmente éfiévire, & affligé de leprc,lequeL piteque fon corps fac çnciece*

148 . Histoire gmerslle inencpingtde Thuille: dckl pe 4e la vierge , il fut incoQtii guàry* Vue ieune fille ayant au i'cEii , iuy vint faire £à pi efperant <]uc par Tes mérites pQiurroic recouurer , ce qa uinc : car fi tofl; qu'elle eut ail fa chandelle, ainfi quel'oiii couftumé pour faire fa deuo tuéele. çji^ impetra de fainéke Gcuci

ue ce qu'elle de mandoit.

Vne autre femme nomme milde d'vn village nommé C toyte impuiflante , & tellet infirme que l'on l'cftimoit à my morte , fut apportée à la ' ge , ayant efté long- temp uancla porte de l'Ëglife ei foit, en fin eftant pofée .iitri mi- fgn corps (àinâ; , & «kyanc Ê "''• prière ,. fe Icu^ incpntineiu is

de piiaSïe Ctneuiefue. 149 tait vn Monadci e de iainâ; Ge^> jfeBain» auquel lieu madame lain- ût Geneuiefue a repofé quelque Ifemps ^ mais non lans miracles - tttidens qui fe Brent ? car vne cer- ^taiioe femme endurant vne tellç 'pMivulHon & concraâion des Junbes & des eu i (Tes » qu'elle ne Ce

rmuoit aucunement porter , fiic apportée , ayant prié Dieu à laute Voix qu'il luy pleuft parles ptièresde fa bien-ayméc lainâe Geneuiefue , luy donner guari- . ion de fa maladie , après bien peu lie temps in^pecr^ (a requefle , bien qu'elle l'en retourna faine, fiycut vn homme fort agité du 4iablc , lequel luy fut amené ÀrstU, Marifî, après auoir fait (a prie- le du mieux qu'il peuft,en fuil to- i^cmcncdelluré&guarcnty. Vo ^*^j turc demoniacie viat,lequcl pa^i ' '•

î^ Mifioire feneraUe Icconfeii de quelque perfonna- ge , offrit vn denier à l'Autel de la vierge, ayant fait cet ofFrande^fut tellement agité du diable qu'il Ce mit à crier, redemandant Ton de« nier au Sccretain nommé Martin ou qu'il le tuëroit de fon baltoB, s'il ne luy rendoit. Ce que voyans ceux qui làeftoyent,le voulurent prendre y mais il s'efchappa de leurs mains & s'enfuit , toutesfois eftant pourfuiuy fut repris, le liè- rent, &ain(i fut amené à la mai- fon de la vierge , & le lendemain fut conduit en l'Eglife ou oratoi» fe,oû bien-tofl: après il futdeli* brédeTennemy: Ilyauoit audit lieu de Marifî vn certain feroi- teur des Chanoines nommé Fio« degifc , lequel cftoit tellemeot tourmenté du malin efprit, qui d'yn grincement de dents mcdM^

de pùnSie Geneukfite. ijt Ipîc inceflàmment fa langue , & fomifToiclefangtil fut amené & conduit de plufieurs perfonncs à kprefence de la vierge, oùeftant pCQAerné» demeura long -temps çpmme mort,puis apresie levant Ijput fcul , eut deliurance de Fen*- O^my , Ôc guarenty entierement,- It.n&veux icy oublier comme les ^fiioniacles & poflèdez ne pou-r Voient aucunement eftre cachez ismnt elle , car vn certain hom- ^^^^^ ||ie nommé Erchanfroy , anoit 4ifiaiulé parii longue efpace de Içinps fon mal & Ton tourment^ te'pjQb n*e(ïtmoit point qu'il en wft traudillé. Or vne fois il entra l&foracoire de fainâre Geneuief- M^fKHV prier auec les autres â- iW^j mais il no peuft eftre lon- ^çiene dilfîmulé : car entrant

fepfint à vouloir rompre Tes bits , & à defchtrer Tes mains ; les dents, comme eftant en eenerie,crUnt & heurtant à h Voix, teliement que ceux qj ftoycnt le vouloienr prend le lier, mais il s*enfuit> fa men Vbii^ôittout cela fondoit en Itiesdefàfcherie, conimenç fuiure, àt tachoità le i*appc inaisifegardanc derrière luyî voyant , la vouloit lapider , I îait courut après aucc dê$ piï iufqu'àla maifon àt faindl^t neuiefue , eilant arrefté Chanoines bénirent vri- É> vai/Tcau plain d'eauë, & XtfsA dedans aucc peiné, après ce

demanda qu'on coAitoi^ uant la cfaafle , oô'chactffii fi'f oraifon de prière , &is'eftanf

py du jàt UCt^ \<^

defàinéie'Genetùefue, 151 ipslesChanoinesprioyettt Diea m luy ênre^blbmemr , il fiit |iuré de Scnnemy au grand ef^ ^flè-mencdVn chaciitt î & gk>* leation de la Vierge. Vue leM- ^^^ t tnuecte il y auoic Idng té'Mp^ quelle ayant fait fon oraifon; & ISdeuant Ton ifainâ c6rp$ , le lia, parlant franchement , en la liant ,& remerciant Dieu. De- lis vn homme nommé Gène- ^utn \ ji^d luy fut prefentc , lequel e- '*f^' éSt affligé d'vne telle covulfîon icontraâibn de fcs pieds quils inoiét au dos , ou ayant demeu- iquelque temps, en finfuftren- ilaiifli fain comme s'il n'euft ia- iiis eu aucun mal. Bref, tant de liraclesont efté faits audit lieu t Marifi , par ladite Vierge fef- kcé de cinq ans & plus qu elle y aiBiciir3„prJAcipalemem dc^Q«^^

'**

jce^ fortes de Âévres gUariei j fon moyen, tierces, quartes,cc tinûës , & autres qut celay < nous.à efçrit ceux> cy y dit n'au cftéenfapatiràncedelcsredii par cfcrit : Parquoy nous vie drons à ceux qui ont efte faiâ Ton retour à Parjs, ,

■■■ î ■■ '

Comme îe corfsde M4d4>nefain Ceneuiefue fut rapfforté en j

Egtife à Paris , & ^^^ f^^^^ qui aduindrent en ce temf$„

CHAP. Î3f.

L£s miratles de âoftrc Die faits à fhonneur & glorifie tion de Ton ancelle & Teruani fcmbleront,peut-e{lre,àpIufiei de noftre temps ( que ie nomn ny yolontiets ^tos Chreftiçç

(ief^in^e Çeneuiefui, ï$j :QlQpce&&pi;ires fables,4*4U^ ^*ils ne croyenc que ce qu'il plaift & fembrie bon , voulas ijncfurer à leur ceftc &fanta-

t . . . _

jufqua la puifTance de ÏDieu: our ce que le nombre de-teis bnnages,pour le jourd'huy, nâny, cela me fait juger & qucc'efl denoUrefiecleque &noftreSeio;neur enrËuaa-- s C^uand viendra le,.Fils dc^*"* . nme, penfcz vous qu'il trou. la;Çoy en terre ^ Nonobftant esfois telles incredulitez , le KFeray de pourfaiure & mec- ar ordre les miracles qui opt Êûts au retour dudit Mariii, [U'iceux nous ont eiié laiilèz ifcrit d'vn de ceux-fflefine a rcconduirent, :& cerci^ç loir veus & apperceus de (çk ces yeux : & bien que ne f^-^

îfS HiSUire generàUe chions foa nom, routesfois çec} eft à croire , pour ce que nous u tenons dVne efcrirure & ftilefort antique. Dauantage * les fidelesj lefquels journellement cognoifî fent & confiderent à veué d'œi les merucilles qui fe font encoid parles mérites & intercédons cette fainâe vierge , pourront y adjoufter plusdeFoy & creancq que les autres. Donc pour veniri noftre propos , Enuiron Tan 85K)> le premier du règne d'EudeRof^ de France pour & au lieu deChar* les le Simple, m oind re d'âge, (da quel il cftoit Tuteur & Curâtes attendant qu'il euft competano de pouuoir régir & adminiftre >' le Royaume,) les Normans,apff ^^A la mort GodcfiFroy leur PritM ôu Seigneur (lequel quelque t^ âoparauant auoit c&e occis ik

depinâe Geneuiefue. lyf liindc , par la conjuration de ilestc Gros Empereur , & dtt lue Henry,pour fesdcfloyau- ieucrent le camp de deuanc s; Qu'ils auoienr tenus Pcfpace âtiq ans entiers ou plus en me & en aboy/çauoir depuis 884 jufques à Tan rufdir, y tans le Hegc par diuerfcs fois, » en vain : Dont Peftans du Irerirez , la chaiT^ de S. Cer- livfut reconduite par Goziin be du lieu , en Ton EgHfc , la- \[è aiioit tellemlént: eilé ruinée .tcb)t qui ren cftôient ruïs, loiëh t plus vôlonre de reconr- ^ut la defolation d'icelleiFi- tihcnt y au(B -fut rapportée la ^ flè de fain£^â ceneulefue du- lieu de Marifi en fôn Eg!i(e à fs^ainfi qu'il ('enfuit: Et à fiit

) itnc die ziea de moy ,it ^\ttw>

1

t^ Hifloire gmeraRe dray le voyage comme le reci^ de mot à mot l'Aucheur de cei Hil^oire. Apres, dit-il, que Payens & Echniqocs (ainfî appi le il les Hormans) furent du toi retirez, le Clergé, aucc mulritudjfi^ de peuple, Ce mu etvcbemin aaoi^ la faindc chaiTe pour C'earecouT'^ ner à Paris : Donc le pcemiçr lien, ou ils f'arreftercnt fut à Maro|| chdfe OU Maceui],appartenance d*iceU( ténle. vicrgejdiftantdelylanficnuKOi dVneiieue&demye, auquel lies eftoit vne femme qui aucc fa fille auoit les pieds e(^roitçi9.ç9t çq« w ml- ferrez en vn cep y pour qviciqtK argeiit que forv mary auoic efi^ prun^, & puisPeijL eftoit ^P^ yantdeqUoy, payer , mais ii-tofi que iacnafTe approcha d'eu;c, jjj trouuerent libres., &i fa ns aviç empefçhemeiit vindcent au ^

difiinâe Geneuiefre. ifp C, l'honnoranc comme celle iles auoic deliurées des liens es eftoient détenues ; dequoy os les ailîftans bien eftonnez, loihrocncerent à chanter enfèm- ^,veDeumlaudainits. A près ce-* ï elle fut portée en l'Egliiè , qui lift dédiée à S. Martin ConfeflTeur, continuant (es miracles , fe reic vne femme qui eftoit fourde: . . . qais fi- toft quelle eut faitfon o- iïi(bn , elle reccut l'oiiye qu'elle nioit perdue.

mefme efloit vne autre jeu- ^«a« le fille ayat perdu iVfase de tous '^'^^- Es membres, excepté desmains, |a*cllc pouuoit bien encore re- muer: Or cette nuiâ mefme elle fat rendue faine dVne partie de b membres, non pas de tous , Se iMaifon pourquoy elle ne receut mpere guarifon,a'cft autre, û"

non que cef fut le lugcment: Pi«u , lequel defiranc noftre lue fur toutes chofcs , nous lai quelquefois des ioHrinites & ladics pûiir noftre plus grand bil Ctr.xt. car comme dit S^ Paul. LaVei tefl rendue parfaicten rinHrinii Or après auoir éelebré \t diull OfHcc , c'eft à dire Matines, & lendemain la Meiîe , partirent tchéffe là&vindrcntàLyfîfurOurc, ^ ^yfft'^ cftoit encore vne defpendanc» defainâeGeneuiefue, enuironi crois lieues de Marolcs ,& fut po- fée la fainâcChane en TEglifed^ diécàS. Medard : Orilyauoiti l'entrée de ladite Eglifc vne ieuffit fille perclufc de Tes membres, tât^ quelle voyant apporter la Chaft de la vierge luy ht fa requefteèi tout Ton cœur , difant : O beiniftt fainâc Geneuiefue , te pUife pij

et Séinitt Çjtneutepte. ici rieres m obcenir guarifon de 1 Créateur , auquel tu as a- ; pendant ta vie , & auiTi t'a inéc après ta mort, ôc ta ren» admirable au Ciel , & en la rç.Tc plaife, dy je, ô glorieu- £rge me donner force& pou- : de te fuiure iufques en ton £oj6cdc te feruir de tout mon t pouuoir. Apres auoir pro- cès paroles dVn bon ccpur^ei- : Icua (aine , la fuiuit & feruic ce vie : ainfi ce beau miracle M'imli. lenu , les Chanoines chancerec i le foir Complies. Vnc autre caine femme de la tnefme vii- e Lyfî, Tiflèrande de Ton cftat, rouuaenrEglife, ayant telle- ne les mains retirées^ qu elle ne luoic gaigner fa vie de fon me- X f «lie euft recours de tout fon \u êc aQiâion àcefte fainâ;c

.OW ^ .— «

i6t Histoire generalle vierge , icelle fe profternant t terre, tout à findanc elle fut cefti trdde. tuée en Ton premier eftat en prc fencc dVn chacun ^ cela fait fo chanta Matines , Si après la Me& bien rolemneliemenc , puis part rent de Lyfî bien accompagne , du peuple qui fuiuoient , & arri ](t4c. uerentàTncbacdoux,quiapp^ **• tenoicaurdits(îeursdefainâcG( neuiefue pour lors , auquel lie nul malade ne fecrouua , pourl caufequilsneftoient aduercis^ cefte venue, neantm oins elle te pofa vne nuiâ: : Lelendemai après auoir dit Matines, &laMC fe , commencèrent à s*achemin( pour venir à Rofny , mais n'ayai fait encore grand chemin, attai qu'ils eulTent padé les confins di terres appartenantes à la vierge voicy vcnitiieux ieunes homèi

••*■*

Hljcl^ttant d'cux^porcafic vnc.paii« (ic^ine , iâ<|ueile auoit les pic<ls ^Ifj^enc Ktittt , qu'ils eftoyene Hldme liez au dos , iefqiidls Tay- ^ilÀ polée deuanr la.Cba({e,tanc Immergé que le.peuple,çotDmen« inîiiç à prier Dieu &c Vierge pb^ elle ) Pendant le temps des piâipres fou vit les pieds petit à pe- kilCc^eiîiitttré ^ non fans peine Se rt^wleur à cette pauure patiente, vat chacun auoit pitié^iuiques à Hs^ulls furent ellendus A: remis Qlleur premier ellar , toutesfois Ifcftaot pas encores bien portarU bp, les Çna nomes la firent mettre nr:Vn cheual , pour luiure iulqu'à Illfis ladite ChaiTe, elle tequift ^r deuotiô cet office de nettoyer •ïglife toutesfois &c quantes quç l^oin en- feroit , afin que parce iéysn clic pcttil Icrittr à icellc

iS4 •^Mont^ék&alk ^ £iinâe tant le tetnp de fa Vie tià qu'elle obtint , & exécuta tonf* ioun d'vne grande deuotion U ailegrdTe. De.là pourfuiuanscfa»>

ZéChâjfei^^^ pariiindrent à Rofny, enco- l2/^« re des appartenances d'icelle vier- ge , elle rcpofa vne nuiâ. En »• ptes le lendemain pattâns de Û, palTcrent la riuierc de Seine, pro» che Paris, en batteaux prcparei ^tJn^ tout exprès pour ce faire, auquel nentM if licu vint grade multitude de pctf- ■*f*jf« ^ pie au deuant , fc rclîouy flans ^ la prefence de la vierge, qu'ils cô- duirent iufques en vne Églifede SIcan, puis fut finalement por- tée en Ton Eglife , accompagna du Clergé, & d'vne multitude in- finie de Religieux,de Chanoines & de peuples, chantas melodieu fement pluficurs beaux Hymne ;8£Cantiqaes en grand' joye U ib

iepùfiiie Gentukfint. iSjf laité. Ceft en cefte (àinâe intaigné ou elle a chotiî ' (bil micilc, polir y repoCer iufques refenc , hi iufqucs à la relorre- ù\k générale; Or poun^Vléf efcux qui ont faiâ rediâoriceii Eglife aptes kperfccucionl()e9 )vmands,ie n'en puis ailearer^ illtrouuât rien par efcric* cou-» feis i*à)^ opinion qu'icoux n'ax ns entièrement demolV (eba^ ment ^ ny endommagé qutt ai peu , ëek fiift inconcineok iifié & reftably par la comma- uté des Chanoines , qui eftoiéc lur lôrs grandcAienc fiches <( •ttlensà

•.•*

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1

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iqsejfir Hifiotrtgtnftédlf

^^iKmmàémA li^ < ii in' i i^ab^J

* ^Dts miracles dei\^dtnts. " i>

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i}9»

chÀp. X. s

T;':VAti:ii5o. régnant cfi Ftaocç \ JL» Leu^s le Gros» fils dçp^iifpf ^ pe& I.' rdu nom.' Noftre Sctgïveuiï ' rfc. ,8. qutiio demande pas la mQm.4il , 3* pachair,.mais qu'il fe coQUcrtiCf *" !«& qu'il viae^ voyant £atk peuple . j

Fcah^bis , & ipimcipalemcni; de

Paris y de iour en autre foiFeofo dfiplusenpluii) &;accumulerp(^ chkiQit pèche ,^ pour ne lepoiflC pàunikieperpetiioîlemient, le voQ* kbc.<pùnir tcEAporellement ^ car "^'î dit rBlcriture,il ne fe lcuera.pQiot double tribulation , ôc félon fa grande mifericorde & bonté luy cnuoya des affîâions , afin que revoyant cnuironné d'icelles,tt rccogneut fou péché , le rcco;

jûflànc il luy en àamàitt pa^*

traft & ôbctnc mifericoriié- car c fonnée fufdite qu'il fc Icua à kcis vne cftrange 6c pernicieafe sbdie, appeilée des Mtdecins l'PbyficiensfeBracré, tellemèc ingereu^, voireJacurable i^afe ucun Y perdoit fa iciece,*eàan(t 1 feii ardenc H confuniatik iès lembres du corps i^ < Icfîjoifcb^^^ ioyént employé aut pèches & ikonies : Parquoy on^ /c2l6ic mulemenc eftonné & troublé» Diyanc ne pouvoir eftre fecourus eshoinmes, en fin eutecrècouts Dica , & à fa fainâe Mère > x|ui % le commun rdùge dés pau» Ks defolês , ÔCr &âUnt comme 4islesluifs,a^eEiladeftniûiàni Mr^ t lerofaliem , quand ikttiiiiiénc ■. auKliiiKS'cn la captiuitéde Babei,

Mm

W^ fëtiMirita^ a Dieu , é(>iifi| :

ÀyèiDÀiqtie leurs péchez éftoyirft

caufis'xie leiïrs mifcres d$ jdiamii|:

:to8 ^ & luy .en crioyenc mercy k

•detnandoyelit pardon, AinEdl

tnefibc i les habiraas de la viUc

jde Eiris firent pôxcer cou$ les

ladçs en la gcànde Eglife de fuk

fir^ Ofime , en grande tnukink

^tâsafiluco^o <]»'iIsQelaiflbieiK

.f^^'bien f^epi^'àpac^ aux.'hoffl^

Jttif!S(d^glirc pour hiïG\ii&ivm

„^iiiin,chacunie mccrant^n pio**

tésôe oraifans/âân qu^kpeiif^

,.feflt obcen'lc de;iioilr6 jleigneui

'fft mtTericorde , mais «efte<inab»

dieiàneceiTafl chcû^e pourtant^

& ne. s'y voytûc aucon amande-

,^ ment. Ce qu& considérant alo0

'-^f l*£udfiiue,dc Paria , nomme Mf

mil fi&Minne » qui t^o\% homme d^

*'. ;bk&& bon Religieux, giiigniW

JefiinêeGepemfpii. i^ flksh & aymEt le£ {muurcs, cook

&da que chacun (c mift cik «ftftt,& ieufnafl:, il fift aoÊ' ((£u(« 4e& pKQceifions gçneralcs IjKic en ladite Eglife de noftre JXtfuequepareQuc Con Oiocefe, ilUis.poart;anc noftre Dkufeia'* Hfiit ne votiloir exaucer enco» les leurs prières : car ce beau Se excellent miracle eftoic xeferué à bglorieaiè vierge madame fain" jfibGeneuiefiic, d'autant que cf praple n'eÛ:oi( a0èa digne d'imr ^rer de Dieu & de fa Meceglo» RcaCè ù, demande» mais bienpar leeflre fàin^e Geneuiefu6,qui prit ^oftre Seigneur pour ce piMple afiigé : Comi^edonc chacun c- ftckit quaiîhorsd'crperance de rc^ souurer fa famé , le bon ^tiefquq fui^upit grad foing &folicituçiQ d(^(i>n peuple, pQQ(àeA|i^oiiC-

\i

0iecômm« ladite ûtiniâ:e viei auoîc jadis tanc faid de beaus ezcclletiis miracles , &guaryi^t|( de malades^ ^ comme elleaâôil &u{& gardé la ville de Paris des è]('^ (orfions dés Huns, ^ denagïA^ du temps d'I nchade Eûefque^câ^ me nous auonsja di[téy>dcB^arh^ d-eftre fubmérgée: ilfedclikeirl; d'aller bicli toii fon Eglifet^ ueobellc-compagnie de pertoâ'* tiesbieusc & deuots , pour (upt- pUer le Doyen, nommé aulfiNtf Bjl>M. Bftijïiinè , &lesChanoinesdu|Mi *^ \itnt •( car ils nVftoieni encoi^ mit/- Religieux) que ce rattjeurboA plaint;, veu qu'ils n'auoientfitt eux auéûne liififdiâiion , dh^ âreyâif âc-accordet quelàChaW dbililadame («inâe^Gcneuiefuè

de SdmSle Geneuiefite. 171 nrl'EgtiCe de noftre Dame de Pa- às^potir pticrDieu qu'il luy pleuft appai(èr Ion ire , laquelle deman* fuft Hûtineftetnenc rcceue & acceptée , ayant efgard à la ne* ccfTité de la chofe pour laquelle on dcfiroit la porter en procef- fion , cela fut donc conclud Si arrcfté volontairement: Parquoy après auôir pris iour pour ce faii^. le , ftit exprcfTemem cothmandé le ie^fiid lolemnei par tout le Diocefç: cependantronchoifîft les plus gens de bicn& les plu$ âlv ciens de ladite maiCôn y (car pôitr lors n'y auoit encoté confraHie vdc porteurs ieculiers , coin el- le cft aujôurd'huy) lefquelsfèpté- pareroyetit bien &deaën)ehrpàr jeufties, prières & 6raifon$ , & fe Uueroienr & veftiroienc d'habits

ftets êc mûndes, aniit qu'iUppàr*

9 ' n

f^ Histoire generâSe ' tie^t à la pureté de k viergiB, . Upûrcer. te iour venu atuqi pKfmtU 4euQic faire la procé(H6, la C frtmm ^ fut dcCcenduëd^roix lieu, ^^It IcscerQmooicsaccoaftuméc itU dfdp vint ledit; Eue^x^e aucc gi 4^^ mujtiwde de Clergé, & de

Imfiu^em plc eQ rEgU.Cç Ac Q^t^t Q

^K^iw uie^ , & cie ]& marchetçat Ap*^ bel oçclw, «n» ^on a dcpui jpouftuiaé de contiAuçr , ei glifc de nqftre Dame. Or i uoit vne fi grande mukicui pçjuple parles carrefours,^ U& ruës,qu a grand' peine on uoicpafler: Finalement doi fiant en ladite Eglifc de n Pame^ cornme vnaujcre Ab elle; cptn men^a à appaifer f x^oftre Seigneur : car .co j^uparauancr 4 nenousvc qu'M: » i}rCQ|XMi?içn^ i^f^QOE

de fiênde Cei^uiefke* <^ nàe<ucn4rçles prierez ^c^t VIS Ton pçupiç affligé .. Si

nqu^ufeql âccoaçhemenç 4f( dbaiTe 4e cette f^iné^çvierg^^ isiçs maUdcs furent (ouditintef ot gua^ri^ , excepté çr0is, le^ lU, comme U qil à preftippo^

i^'auoicncpas la dof CQjm9^ Nicres , fans laquçlle il çft-it||| Sblf que nous puilSbns qIh liKjshalç qiiçkonqùc 4c n6? ^Qieii, lequel parlant auÇen^T

ion , 4irQit :Tç.fpit f^iât fçlon ^^ j,

V>7 , &.ce que tu çroiS;. Otfy^ Htf Quuez cfiux qwi fuf epc gujir

tii:nûmt)rç4çccne: àc qui ':■;-

s. eft »• dés i'ioftani' tnefme la i^mm |i4ie çe0à;|^i»r tpuck Ro/ao- ^«^ -40 France » & 4qf>ui$, pa ouyic itp^krlicr 4^1 ces maxaff jBn cçt

iy4 MiHotre gênerais tfenu de noftre temps tn la ât Patis ) d'auraftc que par ififti «ertance il n*a efté mis en Ton dxt, Donc^ en 1605. régna *Henry le Grand , que Diea a foluejfurdefc^nduë la'ehaflè Madame faindie Gencuiefue,^ |ibffée en proccHion en la^ l^re accoutumée , tan t pc^r Ifià vui(£^s de la terre, que pour la fM^ tiii proifperité de fa Ma)efté$<di là' Royne, de MonfefgneuVk ., , Daupnin ) & de tous les Princctift i Prinéefles du Sang. Or dura&l j dette proceffion , il âtriiia i^'Vfit '' ^'^ chaifne dcGallcricns eftântra* ' léiim gée au Mont fain^e Geneuiéfoi^ î :^o j. ^Q^ cft àprefent ijEt^ntainti) n ! d'iceài deifmc dani fa mifeft ^ ^ot & pïautk cetre'^ainâii itW^ '^t'iichcHCt t>otiFâkc^a^e2i Melhv^ 6lfdinair« à ces fotVcç^e gèHiyft

iepUi^fi Geneuiffue. 17^ i^ml^ç prier Dieu pour luy^ ini de le dcliurer de cette chaiC- lyop du moins de luy donner |ce & vertu pour fupporter fa y»itence : mais il n'euft (i toft, 1^ foy- mefme , acheué Tes prie- i(commeil le dift depuis,) que ladainemenc , à la veuê du peu- c & de Tes compagnons , Tes iSrfe rompirent, dont auffi*tofi: çommeni^a à vouloir fuïr, mais (^ l'arrefta pour f^auoir quelle HQJi^ efté fa deuption , ce qu'il belàra , non fans frayeur : car il lUifoit qu'on le voulut remettre aos Tes fers, tout au contraire I peuple fe mie à crier miracle, & (elaiflcr aller. Mais reuenant à i)»n difcours^nous voyons corn- ^Ip mérite d'vne vierge a profi* I ^^uc y n peuple, le deliuranç

jiMi pcrù cmigçut caco^w par

(es démences: pour âUfquelsj mcdielr, tWtzhitVi^Mii'cÊàL de à Dieu de virginité &cha té,àyaiitfaic côtiUerdr dés ps lires pécheurs: Car il 6J% Bien vi qiié puis qu'elle a rendu la fai ftu Ëotps ejcttriéurchietit, à pi forte taifonauxatnesintëriedi tnent? Quant au niiràcié des A délits, rEùerque te lésChanôit l'ayans Vea & corindéré, defiro: dire Quelque chofé à rhôtltiéur louanige delaSâin£té^ ttiais il léiir fut jàitlais poflîblé , pouf bruit & la fouilc du pétiplejcqi éftoit affeâionné à louer As à gnifiet cette {ainâé Vierge. I pendant quelques Viis mirent auant, qu'il ne falloit perméti queUchàfTeftift irepbrèéé cnl Êglife , mais que de prefendi Cité fiili honot^ & çtrdéo^ (i

ae jkinSle (jeneukfite. i^ Air lors TEelife Sainàe Gene« îtfite eftoit hors la ville de Paris) t'qufcntendans les Chanoines > iaignansque telles voix ne for»» flencleur elf*eâ;,re mirent en de- oir de la rapporter en diligen- e, & n euft efté la faUcur des plus pparens & illuftres , le peuple nîft retenue par force , dcfirans 4|Uoir. Au re jle , en la rappor- inten Ton heu , il y euft tant de «uple, qu'on ne peufl: remonter achafle qu'il ne nift bien tard fur "heure de Vefpres. Or fannéc cn- QÎuante , qui eftoit l'an 1 1 3 1. Le ^.^ ^ ^ ^ape Innocent 1 1. cftant venu en Uftfttiti irance par franchifc & permif- ^^^

niflion , vers Loys le Gros, ayant^^. M chafle par Anaclet pour lors fl***» «• Intipapc, £t fa refidence en Udi> ^l^X» emaifon de fainâe Geneùiefue, ^n.rM m Papale & ApQftoUquejord^^'^- *-'*î

naja Fefte des miracles aesi dents eftre célébrée tous leir; à perpétuité.' Et âU(fî en memai jrp d'iceile fut conftruirte & baflid;: vne Egiife prés noihc Dame de Paris ),appellée fainâe Genetiiet' uedes Ardençs,laquclle au temps paiTé depeiuipit de ramâ:c Gc<> neuieftie ,.mais depuis eileacfté donnée en efçhange de Roiffi ett France , comme nous dirons cy<^ après.

Çefte fefle a çfté àuthoi'ifêe k confirmée par vn jugement d* Dieu efpouuentable : Car quel- ques années apries iiaduincqu'vii certain Chanoine , nommé M^ Siinpn Cheu&dîer , par quelqui négligence à cefte folemnité) s^aofentayd^.peur de donnera luminaire , H les ornemens,cotB^

me ceûoic Toa dcuoix U oSm

•"r.'

'1^>..

buis le lendemain ainfi qu'il pen;^ (bit inontei: au fanduairë., de dfbint fa iiir le dernier degré , l(b ^ied luy commenta à faillir ,vh tietH) puis fut tellement fepbùffc de rechef par ie ne (cay , quelle verçu diurne, quil treibucna du liaut en bas dés degrez, 5^ làin 0 il - tut mifèrabletnetit: Or afm bùc tes choies ne loient eltimees ra- l>le&>nousne racontons rieo-^i h'ak éfté efcrit de ceUx.,iiiernic ^A^flroiçnt de«çe te^j^ps pre- nds à ladite Bfoce$i(>n) ainit que iiiQtls font foy les Liures de Iiditc Abbaye de S. Gctlcuiefu< ef- critsàlamaih. Apresauoir décla- ré ti rcciti ces ^ands & indici- bles miracles des Ardans, faits 6c '^âl^i'qtie^ piï ici ntiiticés % la MitiCc Vitipi Saiiî<ïc Gcic- îicffiè > lôtt qtfe îà'C^i^Q 'fût

syî Hîmire gtnerdlle : T dcfccnduë^ portée cnProcçfliûdai jpour la première fois , tne fetni)tME ji'cftre point hors de raîfon , dç- œ iuant que inetcre 'en auant tancji d'aiitrês fois qûalc a.Jcfl;cpo^ tcc rronoràblement eh la mciî rac Ëgliie l^oftre Dame, d*àf-

Pofer ; l'ordre " &t la mahi^ que Ton à^açebultumc d^lifcr- uer & garder '.eà tel affaiie. 1

'■ -m ^ t>. % , ■^ -.•■•l-

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J*i| '.*■■■■ »^ 1 j I : 1

L'ardre ^ Cérémonies obféirmi tant en l4 4efcènU de U Chdffe^

' Madanie^'pAnïiè Cenemefutt -' Patrbnn^ di Pam, au en la Ptf cè/Ston d*iccl^, -

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C H A ^f - X I- *

M ' - . -il'

^enileremcnc. acflcdcitouc

^téps pratique qyc lors.qit'H

queftion de dcfcendre le

is "faiiKSt de ladite Vierge , porter hors fon Eglife en smon i il faut que ce foit à la îftc & fupplication de MeC* ;les Preuoft& Efcheuins de le de paris, qui vont prcfcn- :ur Rcqucfte à Meflîeurs de rc Dame, ôc ce pour quel- rgentc neceffité ou péril qui u dommage de la Repuljfli- Aprcs Meilleurs de Nourc c d vne part, ayant raia leur lefte enuers Monfieur l'Ab- les Religieux de Madame ieGeneuiefue d'autre, li la eft necelTaire ils ne pcuucnt lemcnc çftre rcfufcz , veu ;*eft le refuge & reconfort arifiens en lei^rs necçlïitcz>'' tous ceux quila.reclamenc. i çpf^fcquence ce, .Mcf^'

de. la Gour àe Parlebaeni;

' "■'•■ «Vin:;...;! ■>

N \)

sjt Mimîre ge»er4Î!e , dcfccnduë & portée énPrdccfi pour première fois, me {cm jji'eftre point hors de railbriji îiiant que mettre 'en auant t d*autrès fois quelle a.£uép tec nbnoràblément en la ir me 3Égliïcdçl^oftre Dame, d'

Polcr , rordrc' Ôî la maiii auc rôn â^àçCbuftlimc d^ol "uèr &: garder', en tel aifa

- ^K. S

jgp .'-f-^f-; , -p-!- -,

Jjbrare f^ Cérémonies ohfér\

tant en l4 tlefcerAe de ta ChétJ}

' Mddarrie^nSiè Ceneméj

' Patrbnne diParis\ qiien la ï

- cèïtion djcel^, -

■■.■•■■■• . '■:\ . •- ..

I ,■ '■

ÎÉ^cmiercmcnc. aeflccle^ teps pratique que Jorsi] queûion de dcfcendire

; iainâ; de ladite Vierge, porter hors fon Eglifc en mon •■, il faut que ce foit à la île & fupplication de MeC* les Prcuoft & Efcheuins idc c de Paris, qui vont prcfcn- ur Rcquefte à Mefïîcurs de c Dame, & ce pour quel- •genre neceflîté ou péril qui 1 dommage de la Repul^fli- Apres Meflieurs de Nourc ; dVne part, ayant faidï: Içur sfteenuersMonfieur l'Àb- [es Religieux de Madame' :eGeneuiefue d'autre, la :ft neceffaire ils ne peuucnt emcnc çftre rcfufcz , veu cil le refuge & reconfort irificns en lei^rs necçfïitez,-' ;Qusceux qui la reclamehc. çpnfcquence ce. Met

<Jc. la Cour de Parlebacni;

«T •n':;..-;i -:

ïZd lifftoire gânerdUe donnent vn Arrcjil pour i die la dcfcente, & Meilleurs ftrc Dame promcttcpt au| ficurs de fainde Geneuiefûe bien faire obfcfuer les Cerci nies & folemnicés accouftun en ce fujcâ:. Car c'eft vn» m me générale , ratifiée de te antiquité 5 que ladite Proceil tan^ au partir qu'au retour^ i cftre faiàe auec tout honri^u reuerence. En fin le iour efl pris dVne part & d'autre, p taire les ProcefGons, on fait uertir toutes les Parroiifes Meilleurs les Archipreftres d Magdelaine, & de fain^ Seue four faire lefditcs t'roccffît La première Proceflîon i de la forte qui fuit , c'efl que < que Parfoifle & Monailére V oircé^cnicnt; à Noilrc Danu

âefkMe Ceneuîifuel iSi ^is, & de en l'Eglife deMstdà^ me Sain£):e Gencuiefue, ht tieflç eft chantée par Meflieurs de Noftre Dame. La MeiTe dicte,,' Moniieur r Archeuefque fetranC-' ipbrte au Chapitre , accompagne du corps defbnEglife, pour de« darer pardcuant Notaires Roy- aux aMcfficurs les Abbé, & Con- tient qu'il n'irinouera rien,5i: qu'il Qe prétend aucune lurifdiâioii farlefdits fîeurs Abbc& Rcli-; gieux.Ëtleiour quelleeft portée en Proceffion on doit tenir les? ïQës par oùpadent les Corp? Saihdts, le plus nettement que pure fe peut. Plus, tapiflTer deuanc Icsmaifons comme le iour de \x Fcftc Dieu. Or ce peadant les Keligieux doiucnt, en attendant Se iour arrefté, s'exercer autant ju'il leur eftpclfiblcjôc c^ucO\s.v\

■N Vu

ïgi ffi^oire gêner aUe leur en fera la grâce, en tousicuf- ncs, veilles , prières , oraifons, & autres bonnes œuures. La veille cftanc venue, on die Vefpres, Complic & Matines, comme la veille de la fefte de Madame fàin(Stc Geneuiefue , lefquclles fi- nies, les Religieux s'en vont reti- rer. A minuiâ: ils vien- nent au Chœur , & chantent Prime , Tierce, Sexte i&: Nonc, & cela dît, on defcend la Chaflc à la manière qui s'enfuit, Prerpierc* mentjMonfîeur l'Abbé s'en vient à l'Autel, reueftu en Xube, Eftolk & Fanon , affilié de Diacre & fous-Diacre en Habits dccenrJ & nuds pieds,& la fe mettent à ge- noux fur vn tapis, lequel leurcft prépare, &Monfieur l'Abbé eom-r incncç les fcpt pfeaumes penitcn- ticJs, & luy refpondent les Rcli--

Jefiinêîe Geneuiefrèl ïBj ésaxy pareillement eftans à ge- noux fur des tapis , Icfqucls finis, Monficùr l'Abbé dit les Oraifons^ &fai6fc Tabfolution que l'on a ac- couftumé de faire le IeudySain6t^ adiouflant l'Oraifon propre à ce que l'on requiert. Cela Fai<5t , le Cheuccicr accompagné d*vn au- tre Religieux auflireucftu d'Aubcj Il

d'Eftolie, & nuds pieds, montent

alaChaflè pour l'accommoder Se aydcr à la defcendre. Eftant en l'air, le Chantre commence le Hefpond, Beata Vtrgo Genouéfa, lequel finy, Monfîeur l'Abbé & les Religieux, (elon leur ordre, 1*» vont baifer nuds pieds. En après Monfîeur l'Abbé va commencer la grand MefTe , la tous les Religieux doiucnt communier^ cftans tous niids pieds, & faut re- marquer g uepasvn Rclifficux. tvc.

i$4 Hilhire g^mralU . ditMeiïecc iour que MohfîeU9< l'Abbjé. LàMcfTe dite chacun s'en v Va retirer, pendant que Monfieuç le Baillif accompagné procu- " reur Fi{cal& des Serges de la mai- fpn l'a gardent. Le matin fur les y, z6. heures. Meilleurs les LieutC' nàntsCiuil& Criminel, & Mon- |îeur le procureur du Roy, aucç lest Commiflaires & autres OflEl* çicrs de la luftice, l'a prennent en . leur garde, comme ceux qui au nom de la Ville en font les prot^ âeurs, iurans & afFcrmans la gar- der fidèlement félon leur deuoir & office, àc de ce fait, fonç tenus la conduire & raconduire,& ne la point perdre de yeuë iufqucs a ce qu elle foit remontée , faifans mefmc certain oftagc^ craignan? qu'il n'en vienne faute. Les vot- teurscc iour font chanter VOÇ-

\

iefmBe Cenemefue, '\%$ fe^lïairc en laChappçlie de Mi- riçorde, qui éft dedans le Gloi- re, &rà communient tous. Sur sfîxàfepthcuresdu matin, Ie$ toceflîons commencent à venir, baque parroiffe apportant vif Leliquaire ou Chaffe , & eftans nieftus de Chappes. plus on doit pporter les corps de fainét Pa- an, fainâ Magloire^fainâ Mé- cric , faind Landry , de fainde iioye, (àinâre Opportune & luficurs autres Sainâes Reliques ;Cha(res.Mefneurs de noftrc Oa- Ken furplis apportent la ChafTc e faindt Marcel ( car l'on dit en ommun prouerbe qqé fainde icneuiefue ne partiroir fainffb larcel ne la venoit quérir,^ ac- ompagnez de Monfîeur hirche- efque , reueftu de Ton habit Ar- hiepifcopaL £c mefdits fleurs de

" i -

' i8(J Hifioire générale . p : noftrç Dame eltdhs entrez daoi rÉglifè de (ainéte Gcneuiefue, les jPorccurs de la Chaflc de fainâ; Marcel prennent & portent celle de Madame faindbe Gcneuiefue^ lufques foubsle grand portail de ladite Eglife, & les porteurs de U Chafle de Madame faindte cenc-

uiefuc portent réciproquement la Chaflc.dé Monficur fainâ: Mar- ccliufques audit portail. Et eft i nottcr que les Porteurs de la Chafle de faincte Geneuicfuc,nc font reueftus que de linge^ôi nuds

{)icds, & ceux de fainct Marcel de eurs habits ordinaires. Meffieurs de la Cour de parlement reueftus de leurs robbesroucTcs.auec Mcf- ficursde la Cour des Aydcs, & U Chambre des Comtes, Monficuf le preuofi: des Marchands aucclcs jE/chcuins , &; ks Oflacicrs de U

de fdin^e Geneuiefue 187 Sile eftans auiïî entrez dans !'£- lilc de Madame Gi nâe ceneuiçf- it,lc Chantre de Noftre Dame ommence l'Antienne. O Fœlix ^floiiUJaquelle dite^Monfieur de iris dit l'Oraifon , par après le 2hantrc de fain^te ceneuicfue ommence l'Antienne de fainâ: larcel, O dulce decusy Parîjtorum^àC lonfîeur l'Abbc dit l'Oraifon. lors on prend les Chafles^ àc ommencenc à partir les Proccf- ions, & en fortant, le Chantre de linâe Geneuiefue commence le .cfpond de tous les Saints, Cox|- r<fc nohis, lequel finy l'on doit hanter quelque Refpond du anps dequoy on faiâ: la procef- on. Eftans arriuez à petit ponc n chante le Refpond de Sain<5tc sneuiefue , Aduemjfe, ou bien igircdiente,ùpres Icfquels fc chati*

i88 Htfioire gènerdlle

telcRdponddc la Vierge Mari(

Gaude Maria, ôc en entrant d;

rÈglifc de Noftrc Dattic ioi

commence /»«/a/4M, les Orgui

joiians. Entrez qu'ils font, 1<

deux chantres tant fàinâi

Geneuiefucquc deNoftrc Dami

commencent la Me (Te, laquelle cl

ditte parMonfieur rÂrcheuefque,

çn habits PontiBcaux^ ailîl^c do

deux Religieux de faindc Genç-»^

uiefuc faifans Diacre Se foubs-

Diacrc,&îlcs Religieux chantent

la Mcfl'c, tenans toufiourslc coftç'

droiâ: dedans Noftre Dame. La'

grande MefTc elbnt ditte, Ic^

Chantre de Sainûe Geneuiefue

commence l'Antienne , Salue Re-

<rina , laquelle ditte, Monfieut]

l'Abbé ditl'Oraifon, pendant la-' 1

quelle Antienne les Porteurs dç* ,

h ChaÛc de Moniieur S. Matce|

de fmde Çeneuîefuél iSj^ riincnt celle de Sain<îîc Gcne- èfuc, & les Porteurs de la Chaf- de Madatne fainélc ccncuiefue, :11e fainâ; Marcel , 6i ainfî la ortent iufques dcuant la porté crHoftcl Dieu, vis à vis Tlma- çdc la Vierge Marie, prés du p6- it Chaftelcc , ils fe difenc Ldieu les vns aux autres ; Mci^ leurs de Noftre Dame s*en rc- ournent chez eux auec leur ^hafTcj Ôc Méflîcurs de CuinGtc ce- leuiefuc, s'en reuicnncnt à leut îglifc àUcC la Chaffe. Les Par rôif- éi qui les accompagnent au te. our, fontifain Êftiennc. du AôntBcùiinO: M<:dard, aUec les 3oycn ôc Chanoines de mû6t liarccL Les quatre Ordres dis leligieiix Mendians Ce tièft- lent en rang depuis le Msci&ll ^of t\i%ues en rEgUTç/ de {ài(^

i90 Jri tjtotre gêner AUe âe Gencuicfue. Bilans dcuaû Carmes , le Chantre de ' £ diz Gencuiefue cômence le ] pond , Cornélius Centurie , ] quand la Procefïion efl: arrJ fous le Porcail de fainâre Ge uiefue les Porteurs s'arrelleni attendent que les Rcligi {oient entrez dans la Nef poui receuoir & falûer , en entran Chantre commence le Refpoi Audim vocem,cc\3i fait^on remi te laChaCe en diligence, pend lequel téps lesReligieux (bntti à genoux , & eflant remon chacun îc retire , peu de tcmp:

i^reslon dit Vefprcs,& le rcftc aiournee,tantles ncligicux^i^ les Porteurs de ladite ChafTe dpiuBntcomporterlcplus dci C,çpj^r que faire le peut en prie; S; pjaifons,afij(i fi'appailç4|i{j

c Seigneur & le rendre pro-' 'énuers Ton Peuple. £t eft i nxoir que touc le luminaitc;' Ht de la veille que du iour, foie tiges,, torches., flambeaux moiries, doiuent eftrefourni? lEHienieurs de la Ville 2>c le touc :cire blanche. Le Cheualicr du uet doit eftre foigneux aucc rùs (es Lieutenans, Exempts Si ichcrs, tant àchcualqu'àpicd» ;& promener par l<j^ rues 4 eflâs mez de lcursar.mes pourempef- icrles feditiohs qui fe pourroiéc tmoifetiÂre par quelques Info- ats. Dieu nous donne la grâce k nous ' W puifliians ap^aifci: ^Iés: Prières de fa^Merc» de Zf bien-Jheurciifc Vîerec : Ma- Die Tatnâ» 6tneuicruc;

U iM /fCo;f/Z;V^ de iHifiotrcFenc-i

i '/

tiVRE TRÔlSIESi

' l'histoire csj

rallc des vic& miracles

Madame fainâe Génèoic;

^^

Comme le Chef de fainÛe Genéi

i' uefàtcênffméefireen lad dueclerejieducûr^s.

i- .

CMAP. PREM1E.R, .

-r

N l'aitdcgraceiiéiiléi blei comme il cft enu$ de rKeur & da icpos des gqp bien ,& tafche. toufiouis de,-! nieccrê qucLque choie en l'efj pou't les inqiiieteif & nuinsi] ror^a pat to^as rèvo^ctis c^ t

ékJktnêieGeneuiefuél to| |K>wble, d'empcrcher & rom« :equi cfloit fore bienencon- icé en J^Eglifc de fainâie Gc- iefue , à fi^auoir la nouuelle trmatio n , faiélbe par ' le Pape ;cnc du nom, & Sbggcr Ad^ le S.Denyscn FrànoCj& VicéA pour Louys le JpitcUk j ' voya-;. lis oucre kncr, à f^'au^é dés ànoines fèculiers qui y ëftoieé c desbof dézitiffiChanoiàés re^ , icrs,dcrcMré de S. Aiiguftim :1 après. -leur auoir ftfkSr plu- ' lib troubles & fafcheriéiïy pat 3T>y cii de ie ne r(^ay dùsls mau-^ t gansons comme nous 'dedui- laparcy^aptcSi moyennant la tiL de Dieu : £n fin s'àdùifà Brautte moyen plu5 fubciK \ qu*il fuCcica encore d'auttcs fisans &.mal-hcu)ieux i ie{^ :is^ foit par enuie^ ou qu'ils

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^4 l^ii^tnpnS^- -^ ; ;

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i«^«/« Parw /^ tcinps du fuWic R fie/Mes l^u^çPiifttBc Autrement éi

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il}i^^'auvoreill^;(l^Roy, qv l^rqc;illeurcmtatuornlea^ Se fiiâ! . cpttc et l'hisatci mefine i uoyafeçUçr ladite OhaiTc de i Sceau pput en fçauoir layaid ft fin qu*on n'y fit aucune fa|li

vefainBe C émule fUe. ïçy ââues de la fcfte fainâiC Gc- ^cqui cH; lo. de lanuicr, eure de Prime furetit ch- z de lapart du Roy pour vi- laChanc,Rcucrendspcres en I rArchcucfque de Sens, & ifque d'Auxcrre^ auec ledit aucs Euefque d'Orléans* dcnnemyde vérité & Reli^ y & digne pluftoft d'vn eter- \vk\yi que de quelque me« e , fuiuis au furplus d Vne itudc infinie de peuple, inu<i ê baftons te de pierres, & Âecout ptéft & appareillé^ fi tftoit, de lapider bi occire lement lefdits Religieux > Icftoit incite & éfméu alen- (t d'iceux : Partans lefdits ts s'eftans bien toft mis en ir d'accomplir & exécuter :hargè,5* Guillaume (qui d<S'

19^ Htflotre^^ puisfutdVbbéen D3ie<iy!J8K:9 s. Gml- cfté Chanoine fcçulicr' ,aU| ^^^" uant en ladite maifon de (aij m»fiF<r Ger Gcneuicfue ) eftanc fort cpun ***s^î s ce de ce faux bruit, d'jEiutani: < ai^oit la charge de l' Egl ifç^ $c < Chàffe (qui eft Toffice du Chc fief) iémiA>en peine, d'eO;apj cherauecles autres; mais '¥< reppufe^ &> qti on ne lûy yoi; permétcte-d'yeftreprefènt» p le ne i^ay quel chandelier « ov cen^oir, diiânt: Que pou t a occafîoh on ne luy votiloic j mettrc^au moins qu'il y a(&ft( comme miniftre, ^aydatit.; coffre dont eftant ouuert, & lingeS;oftez, fut trouué le ver bleChefdclafain6tc Vierge i le refte du corps, ce qui<>ccai na tout ce peuple à s'c^qiiirs auec larmes & lie0e^^iri^

itféunêle Çeneuiefué, 207 ibrte que S. Guillaume cftanc ty outre les autres, dVnc'ioyc ucible, tkxe qui auoic efte veu :ogneu dVn cnacun^fans auoic ;ard aux Euefques & aux Pre- s qui eiloicnt, luy mcfme men ça à haute voix. Te Deum mbtmHSf lequel commencé le \c du peuple pourfuiùit iuf* es à la fin, & rArchcuefquc la coUcdc. Quoy fai6fc l'E- Gjuc d'Oflcans grandement ligne , creuant de defpic , Se {(gâchant jfurquoy prendre :d, demanda qui cftoit celuy, i fltemerairement contre l'au- >ritéde Monfieur rArchcucC- eauoit commencé le TeDetm, ur la telle de quelque vieille ^ |ucllc ( difoit-il j ils ont icy fcpar fraude & deceuance; À loy rclpondir S. GuilU\it^^

. Oii\

X98 ffifiotrê gefUféfié qu'il efloitfef uiteur de Vi &qù&U(}tuotion qu'il iuy çoic rauoie incite à ce ^re» potir monftreC) dit-il^ que o' icy fonvray Chef/faiâestnoyj etnbrafer va foiie aidant, &jiq VQus promecs que me confiantçi^ {es merices> i'en^reray hardinien au milieu des flammes auec ce Chef precjieux, l'autre ne chant plus que dire> commençi ic railler, mais l'ArcheucH voyant Ton mauuais courage, IdJ impofa fîlcnce , 6c loua gran niant la dcuotion de S. Guilb' me , puis ayant tefmoigné à chacun que le bruit qu'on aiioi femé eftoit faux , & c6 me il au trouué le Chef de S. ceneuie auec le rcfte du corps, s'é depai nonobftant ledit Euefqued'i^ Je^ins ne ccffa deçuis de çerfiia^ au Roy du coi^tiuc »^vl^taÂ<

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iepttH^ie GeneuUfUçl ïf^ t^eftoiç point le Cbèf de I^ ierge (jui auoit efté croiiué : Ca iril le rendit grandement irrité l'endroit des Religieux , qui à ïttc occafion enuoycreiit qucl- u'vn d'entre eux à Melun , oii Soient lefdits Prelatsde Sens & Auxerre, afin qu'ils refcriuifiene iiRoy,&tefmoignafrcnt dp re- hcf & pour la féconde fois, de iroefme vérité; Ce qu'ils firent: icdcs Ion le Roy fiift appaifé & cndufauotableen leur endroit j, omme il auoit elle de tout temps ùparauant. Or mefchanceté le ce fai6k, ne demeura long cmps impunie. Car quelque emps après le fufdit Euefquo l'Orléans eftant chaffé de Ibn îttefch^, pour fes vices , mouruc brtpauurement. Cccy aduint dis empsdu fécond Abbé de CalrvOn^

ïop Hifioire geoèrdUâ V autrement Gucrin. Donc le^Joufij âpres que ces chofès furent faxGàSfii la ChafTc fut remontée en foor^ ticu auec Hymnes & Cantiques fpiri;uels. Et fut ordonné que de la en auant tous les ans, le traitée fai6b de çecy par le mefrâe S.cuiU laumç f (eroit Icu à matines pour les trois dernières leçons, comtns il fe pratique encore pour le iour- d'huy efditcs odaues. Auquel iour, Quieft-ce qui ne s'cfbahira de ce qui aduint l'an ij8^. QuWn feruiteur de la maifon nommé Bertrand, cheut dedans le graiid puits dedixhuidtoifcs de haut, fans aucun mal ou efpouuentc- ment, donnant pluftoft occafioa de rire à tous ceux qui le voy oient que de pitié, fi ce n'eft que nous attribuons cela à Dieu & à lik Vierge, qui n*a pas permis quO <eluy qui s'c&oVt içç.otMûa»Sfe.^

iefùnfie Geneuiffuel loi flsentel iour» péhc en ce puits tBqael Teau fcrc pour les mair- ies? Ce qui a efté veu d vnc infi-, àtédeperfonnesqui en CGfmoi^ {ncront aufli bien que moy.

"^omme la Chajjefujî dcjcendu'é pour t inondation des eaux & de ce mi yaduinu

Chap. IL

VTOus auons déclaré par cy l^l dcuantjCommcntlaChaC- : de la Vierge fut defcenduc & ortéc pour la première fois, & le rand miracle qui y aduinc. Ce (lia donné occafion» que depuis tEemps>Iàcoutcsfois& quantes uc Ton à veu quelque péril vr- ent» ou danger eminenc foie des mx , foie du temps , foit des 'terres, {oit des peftcs , OM slWK^'^

aoi Hifiolrê generalte . maladies & aduerficez, on a iîoats eu Ton recours & efperan à j ladite Vierge, comme à vn v &racré refuge, vfant des mcfinet cérémonies , & obferuances que i'ayparcy-deuanc déclarées. Car comme les Kiraclites ancienne- ment auoicnt yne telle confiance '*cn leur Arche, que quand ils eflioient au plus grands dangers &encombres,ils la faifoient ap- porter a fin de leur feruir de gui- de & marcher plus feurcment , cftimans, & croyans que par ou cette Arche auroit pafle il n'y au* roit à craindre , ou redouter « comme mcCme nous la lifons ^uoirefté apportée au camp pat Ophni, & Phinees, lors quib * combattoient contre les Pnili- ftins, a fin que par le moyen d'i- celle, ils remportafTent la viâici-

4ejMnêîe GeneutefUi. iot jpiffir^curademonftréYnc millia> ^oefoiSj que cette Vierge cftoit Wvraye Arche d'alliance ^pac bqacUe Ton peuple François re-^ céuroit dcliurance de ^ maux, &a(reurance en temps d'aduerfi- tt, comme chacun à peu facillç- sienc entendre, voir & remarr qucr de fon temps, Parquoy i ay délibère d*en efcrirc icy, &laifrfcr a la poftcrité ce que i'en ay peu recouurer des anciennes ProceC- -£ons. Dautantqueles autres n'e- ftans paruenusiufques à noiis la Stcmoireen cft perdue, foit ou que par négligence elles n'aycnc cftè rédigées par efcrit, ou que les liâtes en Ibient cfgarez , promet- tant toutesfois ) que celles qui ont cfté de noftre temps ie les expofe- ray plus amplement fur la nn de ceprefenthure. Donc lan de le riuChriliiioé. en la fmdïûRVcv- \tî^<

194 ruftotrégeneraBè dïCtïoh ; au mois de Dece du tetùps de Philippe A autrcmenc diâ:. Dieu dbnflé, Louys le ieune^noAre Dieûa^ jBigea ce pauurc Royaume dilr France, dvnc telle inondationde pluye, &t dVn fi furieUx dcbord &rauagedes riuicres, que les ar* bres en eiioicnt déracinez U les fruiâs de la terre tous gaftez !^ noyez, & non feulement cela» mais encore voyoit-on plufîeurs i beaux édifices ruinez, & cerraccz par les eaux: Et principalement . entres les autres la pauure ville de Paris, chef de ce Royaume, eftoit affligée d*vn tel déluge qu'on vài pouuoitprefque aller parles ruë% unon par batceau;de forte qu'vne* bonne partie de Tes édifices & b»* (limens on yoyoit abbatus^ le& ;iucres en grand branflc, & prc^

» \

Jeftinéte Genettiefue. 105 çftre démolis & boulcucrfez, ù Hmpecuofîcé : & véhémence es flots, brief c'eftoit vne celle lifere & calamité, qu'on euft jcu guerre voir de mémoire 'hommes, iufques à que le pe- tPont, quoy qu'il fulî de pier- :forte,eftoit nonobftant telle- lent cfbranlc, que Ion n'atten- oit autre chofe finon qu'il vinç cheoir. De faiâ: vous y eufliez eu des grandes rcreuaccs & dc- lolitions, (i bien qu'il chance- )it & trembloit, prcfque de la fa- on que faiâ; vn eau eftant pouf- % & aeiKP diMSPiit. Or toutes bofès ef^s en telfç extrémité > on auoit autre efperance après Heu & la Vierge M arie , finon nfaindile Geneuiefue, les mira-» Icscouftumiersde laquelle rcQ-.

oient vn chacun encline ddon-

lôe ffifîoirt generéMe ncàfadeuocion: de manière ^i vous n'cufficz ouy, ny cnten< autre chofe par tout « finonlesafi fcéïions de ce peuple y qui de* mandoic que l'on defcendiftU ChafTe, èc que ronlapomft» comme de couflume contre vtt tel danger , afin que comtne vil; , Moyfo elle (eruift de mur & de * '^^'xampartentre Dieu & Ton peupld & appaifaft fon ire & courroux^ proiiôçquépai fes péchez & of> fcnccs .* Parquoy ayant le Reue* rend père <n Dieu Monfleur Eu- de de Soliac.71. Euefquede Parisi^ faxCt fa requcfte par deucrsl'Abbé; de iainde Geneuiefue noniméi lean , & le Couueht dudic lieu;: comme c'eft la couftume, fuA incontinent arrefté le iour de U Proceilîon, à la mode accouftu- . mce. £t Bit portée la Chaflè de

defdinSîe Geneutefae 107 ûc Gcncuicf uc en l'Ëglifc de ÏK Dame , le peuple luyuanc grande ioye & dcuotion, & le précédant comme vne co- inc de feu en la nuift d*aducr- ': On vint pafler par le petit ut, nonobftant toutes chofes: :omme anciennement le peu- pafla le fleuuc de lourdain à d fcCf rArchcy eftant& Ibubs onduidbe de Moy fe entra libre- J'^V^' ne dedans lé$ eaux diuifees de fitt: rouge rauffi toute la Pro- Bon pafla alTeurcment par àtf- lepcrit Porir,£bubsla fauuc- de &conduitte de la Vierge , uelle fouftenoit. pluftoft le nt> que le Pont ne la portoit : tts cela icelle entrant en VE-

" I

de noftre Dame, toutes £h6-' Furent appaifces& ne fut plus îdion dauoir peur, ^'^u^i^^«

ioB Hifloire get{eralle qu'on ne veic plus les miaifi trembler & balancer cptnm0 couftunie.-iîbien que depuis 4pur la qui cftpic le Samçd y Ja uiere commenta à decroiftrc iol quafe remettre dedans fc&Lo nés, & les pîuyes cédantes, gran tranquillité éc fcrenité, s'enfui par âpres, delàlcsceremoniesac* çpmplics, la MefTe dite^ la Vier cft rapportée pardelTus le-me pçtit Pont tn fon lieu, (uiuie d'va nombre infïny de peuple ^ qui li reconduiibit: Mais mcrueilleurt chofe, la Chafle çftant tetxu>j]te(^ èi tout le peuple s'eftant retircifui le commencement de la nuiâ » k pptit Pont C Içquel, comme noiS' auons tancoil: dit) eftoit bicQpi4 d^ fa ruine , chcut alors que pett fonne n'y eftoit , qui peuft cStifi blelTé. £n quoy vcriiablqmcBÇ

^ defainéie Geneuiêftfèl iq^ tK>us pouuons confidcrer trois -beaux miracles tout enremble« Prcmieremetit la ferenicé dit temps qui s'en eft cnruiui6,& Tef^* fcâ: de ce que l'on demandoit, ea après que durant la Procefïîoa elle a rendu le Pont ferme & fo- lide alTcz pour fouftenir tant de peuple fans danger. Finalement^ îqu'iceluy cheant per(bnne ne \ s'eA crouué blelTé ny ofFencé en r aucune manière. F L*au tho ri te de ce miracle a efté l confirmée par vn autre qui eft ad« venu quelque vingt- Cept ans a- ^res; enuiron l'an it53 .régnant en xance Monfieur S. Louys , ncuf- fme du nom > & eftant Abbé de fainâre Geneuitfue vn nommé [cbert^auquel tempsfcde{borde-> ent les eaux de la Seine , de telle ;on qu'on fut contraint auoir

ûa Mipoife ginentSè iéeicMi^' de rechef au foui tttéat^iZc defcendrç la Chafiei ^ôn^é Gbneuiefîic, & la

f&e j ett lA<|iieile fut veu vn éib tout êtticiënc , j)ar lequel chaçoti pèuuoit àfllez cognoi t^xcetkilrfee^ & grandeur de Vici^iGiarchorciion ouyei Veuë étcc^t qui nous l'ont f (éè par efcrit ^ vtie Colombe l'j compagna toufiours, & conduit depuis foh£gli(è« iufqu'â noftrv Danie, Tans ià'mais la laifTer^voltf*] ;eant inceÛamment parmy Tai leiTus kellé, tclleHient que qu; eU^Commen^oitàallerj auffi ibic ellt de mefme, & quand fc'arreftoic, laCOlOttlbes'arrei iemblablement. En fin la (ai t^baile tftabt paruenuë dédi

i'fgljfe ^ ccj^çadaat «{u'on (

iefdin^è Gehetttefé. ' iîi >roit ie diuin myftere / fut couf- surs ladite Colombe fur vn An-

;e, qui cftoit en haut fur la porta [e rÉglife attendant le retour de 1 Procefiîon ^ & quand elle re- lint , la reconduit toufioûrs nefmc iufqu'en Ton Eglilè > puis è difparut. Ce qui fait à cognoi- Ire que noftrc Dieu approuuoic grandement vne telle Procédions k qu'elle eftoit afliftee de fbil àinét Efprit , ainiî qu'il s*e(l Ibu- lentesfois fcruy de cefte elpecç le Colombe poiirdemonftrerfk trace aux hommes .* d'autant |u entre tous les animaux il y â ^^^ >lufieurs belles propriétés .qui Uha^^ onuiennent aux efleus & gens le bien i veu qu en premier lieu efte Colombe cft (impie & fans idlace : Comme tefmoigne tixcC- ne lioftre Seigneur^difanc: So^cr^

Cmpjè^'tominc ks Colonibes iiSs aptes clic t ft lans fiel , com l,,(S,. nîé Kfinbïgntlfidorc' Ticra i'<B. mencjce Jicfajnû Auguftin,dli yI^ eft [oufiouiscomracgertiiffantSi (j^ tant qu'cllcci^pn ce monde ; le| quelles trois" qualitez (fi pojj voulons tcgatdcr de présj noi^ " trouucrons faiis faute cftre pto- ptcs^&conucnir aux vrais amisj ncfcics fèiuitcùrs de Dieu , tcfl qii'ettoit fairiâc Geneuicfuc .cat ils foht Cmples de cœur fans au- cun fiel d'iniqiixté ,& fi touCouB ^cmiflènt & lamentent tai)t qu'ils viuent en ce monde ; fç)- cnans bien qu'il eft efcritjqu'heitJ t*./. reux font ceux qui pleurent , catJ ils feront çonfolcz : En celle Ë|J ^on noflrcScigneur mefme a^n clarifie par le S. Efprit en forr" ~ de Colombe: £tfainâ]^at^

-' -3

r

1 .

ie fattt fie Qentuufue, t ij i^artyr fut par l'afsiftancc d'iccl- "Mdt.^^ ççflcu PapÇj ainfi que rçciçcEu-^^'^''*

a lainctete d'vn certain .pcrlon- crepr.Tur^ lage nornmé Arcdius auoir cfte"*'*'***' Icmonftree par ççt animal. C'cft ie hift[ lofsi ainfi qu vn S. Euuorcc, ow^"/'^*"' Eucrtc, (;.Euefquccl'Orlc.aps^&^*'/X , ibncurs autres ontcftçclccliirds £«««'. W peuple eftre les at^is.^ : Ics^ fairi'âis de noftre Dieu, ce que fi- tialcment a efté expérimenté 8c îfprouuéen cefte Procefsion , la- quelle pourtant a efté fuiuie de Ion efFcct:Car depuis ce temps les :aux commencèrent à dccroiftrc, k grande tranquillité & repos :*cn cft enfuiuy à tout le peuple, >ar les mérites de çefte Vierge,

P iij

%l<4 l'î'll''^tginaftillê

Cmi""^!' crps de fùnlle Çn)^s

'] mtfùt fut transféré ie U vieik

Ch'ïï'tn celle qm^eyoitfmitk

■■-'- :'irf^i;r.: ..; ■•.■

-■'-'•'= Char;- iii.^ : '

N Os Pères eftans bienwt' itruias & bien informa , en la Foy& religion Catholique, ont toufiours eftim é chofc beau- coup agréable à Dieu d'honotci & célébrer la mémoire des fainits^ &pource faire n'ont cfpargnény pr, oy ^genc, afin d'enrichir S; dçcoTtt leurs ChaiTcs & fainâe; , Reliques, & nousdonnerexeD^.^ pie de zele & dcuotion enueq içeux : Donc régnant en Franc» Manfici^ %iâ JLouyv nçufi^

defatn^e Geneuiefiiè. zt$ ne du nom, à celle fin deienr ^ ht de plus en plushoiiprablccc S! JîindTemplc,& facrc organe du </'' ^ âinû Efprit , le corps de Mada- ^^'^ ne fain<^e Geneuiefue , ça bas en tter. Jtnt, l'ame delaqueilceilinfiiii- ^"-^ ment glorieufè & beacifice U-t^dèj !iaut au Ciel : fut ordonné & de- M^- :reté encre l'Abbé Hébert, &les Religieux de faire faire & con- Iruire vne nouuclle Chaffe, poux 'cpofer Tes faindts ofTcmens , cou- icrté d'or & d'argent , & enrichie» le pierres prccieufès : Pour ce aire > furent contribuez & of- erts , tant par iceux , que par eurs parens & amis de ta mailbn fc de la Vierge , pludeurs beaux Ions & prelens magnifiques; !^hacun s'ém ployant félon fon ouuoir & moyen , afin de pour- iiiurç vne fi bonne ceuure & en«

«^ •%

., ïï^ •fjipoire generàUe ' i»€. trcprifc. ; Et icommc ancicnn ment Moy fc voulant par le coin^ ïuahdcmicnt de Dieu , cdificr baftir vn Tabernacle excclléflts ; ^n peu de îôurs fuctrôuucqùelc peuple àuoit encore plus dôhllé - '& offert de Tonbon gré, foitbr^ Duairgent, ou autres joyaux, qu*il ji'eftoit néceflaire : aufli en peu de tçmps troiiua y aUôir cfté donné aflez amplement pour fai- re vn ocuurc des plus rares &cx- ceilens ', qui pour le iourd'huy fc puifle faire. Nonobftantcccy cftans retardé &c différé quelque ; temps , pour d*autrcs^eînpcfcnc- mcns de l'Eglifc furuenus , vînt ledit Abbé Hébert à dccedcr , & fut cfleu & conftitué en fa place ^ F. Robert de la Ferté-Milon , du temps duquel fut bien-toft ledit "^ «uurc parfait & accoinply, à fça-

âefaMe Cencfiiefàel iiy If l'iûi tiiil deux cens quâf;E(ht& ^^K^ aiiParquoy comme il fut que- ini pncre ledit Al>bé& les lyeii - !ux , de pFcndte iouf ^ottUtiio- y pour faire ceflie tranKlâciotl;' tarrefté & conclud qu on ac* idroit •' iufqu'au' '■ idùr de ' - la inflation d'icella ( qùîèfl^k'

tiï-Ti'y^ fcroit apipellé aucun

ranger, 'quel qu'il fuft, pour

ket- & cmpefchcr tous les in<-

ipucniens qui ypourroientad-

Wir ; cftant donc venu le iour

Ht defiré , enuiron fur la mi-

liâ;;apres le ncuficfmc Refpons

Matines, Monfieur l'Abbé &

Religieux tous nuds pitds , ÔC

iblrplis , montèrent au fan-

laire^ &C fe profternans dirent

x>mme de couftume &c quand

lia defcend^ les lêptPfeaumcs

7* ^W

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f^-V,

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4

VMfmsàûeU , zv^e Us I4 QtmCom : ^ 6)rcnt àllism Çlejçgiçs ^.des {^ampes en ifig Cii£/anc nom bre : es quatre é^ Pf eftr es^reuci]^ (^'Ai biesblancoes, montcçeàtea' ^ dcfcendiréntlaChair&^npqi éi i(ôn lieu oùelle eftoitii; fifiU ièrent (urlegf ad Âunel» oi» Itt rcmonies efUns acheuées y ottuerte & le co£Fre pareÛiefn< qui eftoic dedans» oùfuccrQn: le faind Corps de la Vier[ enueloppé de beaux linges blan & le Chef d'vn facin blanc & ce qu'ayans cous bien cotitempi 9t confîderé , baifcrent ce fain^ Chef 1* vn après l'autre en gr ioye & denoclon , puis refer le cofFre , le mirent en la no ChalTe. Le lendemain fut po; )2| ÇhalTe fur le fccosd Autel >

- v'' .Ma

diffitinêie Geneuiefui, ii^ |S-?|!>pcilonsI*Autcl duÇhcucc, illc demeura treize icxuK . tan« qtfe ron preparoiç & accom- ijit fon lieu accouftumc; s fut en £a remontée àueç ineuc & reuerence , en pre- ce de tous les Religieux > qui ^r lors ef^oient <:n TÀbbayc^en 3^>rede quarante (èpt^comme es ay trouuez efcrits tous par tn.&furtiom.

'rçmicrcmcnt, Reuerçnd pcre Dieu F.Robert de la Fertc-Mi- L Abbé, F. Simon de Bachiual^ eur , F. Gérard de Barratrest is-Prieur, & les autres. Or cette veu'é & jouyfTance 'ils eurent tous des fainàs oJÛfe- :n$de la Vierge , ne fut point is quelque diuine& celcue in« encc, es amcs de ceux icy, qui

i

SÎ3 -tl^otri generttle " les l^dJt dcrormars beaikc<i

Éi|^rompts,&ïllcgrcS à tpu( liftés œuurcs^' & fainûcs opcti tlcwiS. Et afin que ic n'o&àïf '. riett^de ce qui eft cette niatiei ■ïayfcfen voulu icy inferer&met' - tïe'pn mémoire t6utcé que ladip! dhîJftèiWfta à faird'fuyuant , qijs i*fay ftotiué es vicls & ancieiu R'giftfes la Maifon , pouT en ' donner à Vn chacun la cognbii^ fàncc ; Donc nous Hfons qu'en ,^ l'œuùrc de ladite Chaffe , furaiï i^i employez neuf vingts & treii*

''^ liiarcs & dcmv d'argent , qui cou-

If'' n ' ° ^ y

iterctlt quatre cens trente cmqli-

uïes,'àrai(ônâe quarante & cinq

fols parifis pour marc , auec huift

marcs & demyd'or , quicoufte-

rcnt fixvingtsSi feizc liures pati-^

fisià raifon de feize liures pa

fti ffW^f ^Qeneiàefuel t\i i^rç.vEcBQnarci^l'Orfcure qui ,^c,.pour foii trauail 4 ^ pour spiprrcspteciciifes qu^iljmif);, icdcûx cens liures pariijis, que ly donna F... XI;K>mas Çelorjier. ommc toute fêpt cens foix^nte : onze liures parifîs^ fans le ta> ernacle &c les chiens de cuiurc [ui fouftenoient ladite ChafTc , [ui. coudèrent quarante liures >ariiis, le tabernacle fut donné >ar vn nommé lean Hodé, &de «uz entre les au très , qui donne- ent quelque cho(è pour ledit EHure de la ChafTc , ie ne trouue moB vn bon Seigneur nommé àodefïroy qui donna foixante li- tres pour commencer lediâ: œu- ire, vn autre nomme Robert de jQurtenayj qui donna dix marcs [argent , vn bon Euefquc d'A-'

.^

iît UtBoiripherJie ' Vj""'+'Vranchc nommé Guillaume, qiî «M» j«." donna vingt liiirfcs, & vn aura i«»*r»«>i bon Eticfquc'dt Noyon , nom. *^'^ mitiiéohsAt Royc, qui donia ity» en quJttrèVingcs Inircs , les autres n tlïî', foBten'memoitc. Oreftilà end ^M>tr> te, que quelques pierreries, qtl *•"*- fontcnl'œuute de ladite Chaflc, î ""■ ayenteftédonnecs depuis, com- me entre autre Vn Achate , qui cft derrière ayant l'effigie d'vn Roy, &vnautrepierreriequieft au dc-| uant & quelques, autres encotcsi: Car félon le rapport des Lapidai- tes & Orfeurcs, ces pierres font; 'd'yncineftimabic Valeur, &fBfe pafiàtittoutcla femme lulHitcrW flcpuiscetcmpc là, ladite ChaflS «encorefté redorce, & enrichi» & embellie, comme elle fe vdSJ i piefent belle en pcr&âi

I I

de (kin^e Geneul^l izi byla do|ic Qu'elle a cfté la kuotion de nos majeurs enuers

[r Patfjbnne tutclaire^ laquelle.

it de fois les à reconciliez cn- ters Dieu , & retirez des malheurs

calamirez de ce monde.

■•«■^«i

Des miracles aduenus enmren le temfs qu on faifiit faire U Qhàffe neufke,

Chap. IV.

Vantleiour de Noël, Tan __ de grâce 1x31. la riuiere de lecommcniçaà s'enfler fore »ur les pluycs qui tomboienc wrnellemét deffus la terre, qu'a- ie iour des Roys elle fut veue randcment débordée: C^tf'dcli

!»}«.

'x%^" , >Hi^'ire gêner Jle

,^s Epn» v»e partie de la vil

' cftiD^outçQ «au , deforcc qui]

.àUpit Ipngrïçmps qu'on auo

"vèu yp p««l rauagc. Les P*

Çcçs .ypyans ^la grande peine

ilseftoient, &; le grand domnii

que cela leur appottoir.commi

cercnt'à auoir recours à Dieu

Crcateut par prières & Oraifoi

nwisnyiyiri ny l'eau, ne sapp

foicntcn aucune manière, ds

ils cogneurent bien à la vci

qu'ils cftpient indignes d'obte

d'eux-mefme ce qu'ils dema

dbieiit , mais qu'il eftoit beft

d'aufies Aduocacs en cela pi

faireinteriner leur Rcqueftc, p

-quoyaduiferët qu'il cftott de

ccffitédedcfcendre la Chalfi

uadamcfainâc Geneuicfuc,^

^uc pai Tes mciitcs & de fe

J

"•r- •►

HefaMe Geneuiefuel ïij )tiéu(c mcrc de Dieu, ils fufTeht fcxauccz, cai: f difoycncils)ypcut ^ Il y auoir aticun rems ou tentiûy U il y à tant & de fi grands iQ. ^es d'amitié? Le bruit dotij; cftant par tout & la claineùr à\i peuple qu'il falloit de(cendre li. Chaflc, celafut bien toft conclud ^ atrcfté-, mais il aduiht que îour rhcTmc que la t*ro«fÏj6n {p Hcuoit faire quelques Allrolô- ^cs & Pronolliquéurs femcrenf ^n bruit parla ville que nUidïf fhfuiuant ie temps fe dcuôit •hanger , a caufc que c'.cftoi^ fcouucllé Lù'iie , te commence^ iicnf cftant bïau Se fferâlh^ tout îc fcftt iciréit naturelleinciit deméîâ Pc. Çc qui aUoit tâufé jU cngcnJ vnc opinion tellc'és crprits de 1^ plus pan qtre cela fiiK aducn'u ^' ciiiTcnt attriboé îc miracle Ui

i-l^ fiiftoire géneralle., nature ^ Ua puiiTancediume^j fupcmacutclle : mais on cognei depuis aile^appcrtetncc combu Cfiux ia fc trompoient ; car noftn Dieu ( qm ait. par la bouche dtt

"' *^' ^}SP' l^P^'^'^py lafagefle dçccuii qui s'eftitpcnt les mieux aduifcz,

^ la pruaçqce desprudens, iclf

nonurexay&ftrevaitie ) monàcij

^orsYUCLcfieâdu tout oppoutqj

^contraire, ceilb que la mefmq,

Quiâ: & troj^'iep mailles. encore^

après, il pleut topslqs iours coah j

çiç auparauaiir> de forte que^

iîçurs rnurihuroient difant qu'il

faflloit re.coinmençef.laProcdrr|

fion le lendemain, ou le iour â'i

' . -

rès, &; qu'elle n'auoit pas ien fai<^e. Ce que voyons les R| lîgieux de fain^^e. Geneuiefi]|^ ctàignans qu'ils ne fuâent £( _ ^c ce faire, enuoyerenc trois 4'<

t

bi

iefainéie Genéutefue. 1,17 le eux à noftre Dame le Icnde- loiàin » afin de prier McÛîcUrs , Se iàt remonftrer que pour les pa- bles légères d'vn fol peuple « ils ic vitifTenc à les requérir dVne fe- fonde Proceflion» d'autant que éla feroit limiter la puifTance de E)iéu , comme jadis ceux de Be- ilulic qui à cette occafion furent tprins de la bonne daprie îudith, /^^,>^^ Jt fur ces entrefaicSfces comme Hdits députez parloiencaux plus l^prens de noftreDame,à i^auoir k Doyen , au Chancelier , 6c ^elques autres, regardans la ri. terc veirent les fignes de dimi- bcion & decroyllementau long ik maifons , ce qu'ayans bien ^fîderéles vns 6c les autres fu- ât iFort ioyeux, & ne fut plus këffidn de faire defcendre la liaiTc, Ga(r on cognoiffoit vt^

22.8 I/i^otre generttUe ritabicmenc le grand miracle noftrc Seigneur^ qu'encore qui pleut iournellemenc il efl cequ'j i^mbjok qu Vne humçur defcÀ choit l'autre^fi bien que toâ: aprc| la riuiere reuint en Ton prcmii citât: miracle à la vérité des plu grands & admirables qu'on i^; roit penfer aEn de faire voir  cdgnoiilre à Tes pauures fols inccnfi^ combien lapuiilànce Dieu eil grande par deflus toufj (^,,^^/, ordre de nature. Enuiron c^ rtclt. temps il y auoicà Paris, vne bon-; ne femme qui s'appcUoit Odcii; ne de Sarcelles, qui ne demeure pas loing de fainâic Gcneuicfûcj Cette femme auoit eu deux fil' d vne ventrée , dcfqucUcs 1'^ nomméeMaric du clos n ayaj encore plus haut de hmCt mo| eut vnc maladie qu'on ^PP^I^^^

âepiMe Gcneuîtftte, 3.19 iegc, s'eftoic que le gras boyau iiy dcualioic fouucnt, & ne pou«] lOic eftrc aucunement reftraint^ Rcn -qu'il y eut quclquVn qui Irouua moyen vne fois de luy i:e-

5 lettre, mais ce fut en telle forte ue le conduit naturel qui faic tar bas luy eftoit clos & èmpef- lé, de fa^on que la matière fcftoit fait paflTage par le conduit l'vrinequifut caufe qu'on fut bntraint de luy rendre fon prc- lier cours & deilier le boyau lu*on ''auoit reftraint , laquelle [ofè non feulement apportoîc uleur à ceux delà maifon, mais bifî tous ceux qui voyoient ce k;6bacle en auoient horreur , elle çmcura bien en ceteftat l'cfpace b deux ans & fcpt mois, dùranc îfqucis la pauure mcre aucc vne ^crtuipe dp çocur, d*an^o\^

O u\

^Hf ' J^^fift gtrteroBf J ^j^pfif^traufii de corps, paùa tAbnuep^P) h\hnt en vain, pi» £cur; idcCpcBS pour la faire gua- lif,iufq<4«sà çûrc teduittc à vnl !SERe{i>epai)UTccé , mais en fin Te Ëlfchaot demcfurcmcnc d'clb; toofipure en G|s(lp peine, & corn» IDC pefdanç p^c^encc la nuiâ if la feftedç^ K^iracles de fainât (Geneuiefiie, fe init à la proclarat) & requérir difant. O trcs-digni Viergcde laquelle fe ccicbre au- , iourd'huyliFeftercgardemoy,ie tcprie, en pitié, panure chctifuc & mirerablc femme que ic fuis, & nie dcUure de l'cnnuy quim'cp- ; prcire,en obtenant guarifon à ma pauure fille , ou bien la morccoL brief temps, & ie te promets ikjr t'offrir, Iclop ma petiteffe , ngi] Cierge ctideuotion,que fi e| aliegemct, U cuùfi c^e bi«i

de Jîiinfh GeneitigflfP, î^t fat fnoy-mcfmc fois craeltof meurdrieré de celle quci'ay p6Jr- 6s dedans mon ventre , pluftofl; |De de la voir en celleiangUeur; iyant die cela auec vn grad coura^ je^elle s*cn alla repo{er; mais fur la ûinuidii: elle entéd fa fille commo stcer quelques cris ; dequoy eP> Qerueillée patienta iufqu'aumar in , qu'elle le leua , $c vint la def- buurir pour .voir comme elle fb iortoir, mais la vdyant toute (ài- IC& guarie,de grand* ioye qu'ellç ut la print incontinent & la por- àà rentrée de rEglilcj, nonpoàf lemander raumofnc^ comme el- : auoit efté contrainte aupara- ant, mais pourmonflrcràtouç : monde qui vcnoit à la fcfte des [iiacle$ , le grand & infigne que dnâe Geneuiefue auoit prefen- smcat faicenlaperfbnne dcCotv

QJu\

^- '■ ' n

^ - ] H^oiri gtneraUe

yH^fit,: Iç. inonde s'aflembU io, tQgç^^lcj&cognoifTancla vcti- l^,fSndit g'caces à Dieu &àU yietg*, ,J,4,'iTierc depuis rendit ijjft ,vaii! & ,U fille en porta le Tfftg^icaa l'appcUant la fille de faÀndf Gcneuicfuc. Aduint dc- pBi$ fD temps de l'Aouft vers l'^u- ipmqe (ju(; les grains leftans pliu j qqcmcucs, onnclesponuoiciii' conemcc recueillir pour U tcrapi qui couGours elloit pluuieux : Ce pendant Icmpnde cftoic en gnti- àei/fitte dcviures.&toucesfoiî. o^n'cn ppuuoitauoir:Car de fiel le* bleds on craignoit qu'ils se. vin/Tcnc à germer aux champs, iç' les lier en jauclles ainfî , & les por- ter à Ugrangccela euft engendré corruption , de les laifTer d'auqi çoftc plus long- tcmpsil n;jr.« ^oycn , çat lU çftoiçtif fit

dejiùnfh Geneaiefuel x^y |&*il$ s'çfgrainnoient » de force juc chacun fc crouuotc bien em<- jiefchc j d'autant qu'il pleuuoic R>a(iours ; on prie Dieu, on ieu{> ^i on fait des Procédons parti- culières; mais le temps nes'appai- f)nt point , il fut befoin de venir au fouucrain remède , à f^auoir d'employer les mérites de celle- ^i s'ed: toujours monftrée tu- Ôice des Parifiens : Ce qu'on fit, on porta fa Chaife en Proceflion tnoilre Dame de Paris . félon la CopftumCs & lors comme fi no- %e Dieu n'attendift plus rien que Içurs prières ,il fait ccffer la pluye: Car ce iour mefme après la Procefsion il ne pleut que bien pep, le lendemain encore moins, 4 vpyoic-on les nuées fe difsipec fi bien que le troiiiefme iour à

j^if IçÇicl, oneuft dicc^vi'iicvan^

I

tuOluN*

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a|4 tt^ùrtgmvnm'^^.'

unir iatbfis filçu , ubiêM

bom^fk feratii.